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Un homme et des pieuvres

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Al Sobotka n’a jamais joué un match pour les Red Wings. Il n’a jamais marqué un but ou obtenu une mention d’aide. Mais il fait partie des meubles du Joe Louis Arena. Il est probablement le conducteur de Zamboni le plus connu de la Ligue nationale.

Sobotka a atteint une notoriété à Detroit depuis qu’il récupère les pieuvres sur la glace et qu’il les fait tourner au-dessus de sa tête.

À quelques jours de la fermeture du vieux Joe Louis, Sobotka a invité les journalistes montréalais pour une petite jasette à l’entrée de la surfaceuse.

«La tradition avec la pieuvre date de 1952 à Detroit, a-t-il mentionné. Les frères Pete et Jerry Cusimano avaient une poissonnerie. Ils ont été les premiers à introduire une pieuvre. Selon la tradition, tu lances une pieuvre sur la glace après un but des Wings en séries.»

«J’ai commencé à faire tourner une pieuvre au-dessus de ma tête au début des années 1990. C’était à la fin d’un match et les partisans avaient aimé ça. C’est devenu plus gros en 1995. Je me souviens qu’un partisan a déjà lancé une pieuvre de 50 lb. Claude Lemieux s’était approché de moi pour me dire d’essayer de la faire tourner. C’était impossible. Mais j’aime cette tradition de la pieuvre. Nous le faisons pour nous amuser. J’espère que cette tradition ne mourra jamais.»

La conquête de 1997 et Gordie

Âgé de 63 ans, Sobotka travaille pour les Red Wings depuis 1971. Il avait décroché son premier boulot avec l’équipe à l’Olympia. C’était un poste de nuit avec l’équipe de l’entretien de l’édifice. Il a rapidement gravi les échelons. Depuis plus de 30 ans, il est le gérant du Joe Louis Arena.

Il devient très nostalgique pour parler de ce qu’il considère comme sa maison.

«Ce sera très émotif pour moi, a-t-il raconté. Je le suis depuis quelques jours déjà. Je risque même de pleurer. Je vois ça comme un gros déménagement. Je suis ici depuis le premier jour [en 1979]. Je n’ai pas peur de le dire, je serai triste avec la fermeture du Joe. Je croyais que je ne le serais pas, mais j’ai été frappé par les émotions dernièrement.»

«J’ai de grands souvenirs de cet édifice, a-t-il continué. J’en garde deux en particulier. La Coupe Stanley de 1997 était vraiment spéciale. Nous avions atteint la finale en 1995 sans l’emporter. Mon autre grand moment est le retour de Gordie Howe au match des étoiles en 1980. J’ai passé plusieurs bons moments avec Gordie. À sa retraite, il venait souvent vers 16 h 30 pour jouer avec quelques gars. Il nous donnait des coups de coude et il nous enseignait l’art du hockey. C’était inimaginable d’être sur la glace avec Gordie.»

Sobotka gardera le même emploi l’an prochain, mais il le fera au tout nouveau Little Caesars Arena.