Crédit : Ben Pelosse/Journal de Montreal/

Michel Godbout

JO 2018: respirons par le nez!

JO 2018: respirons par le nez!

Michel Godbout

Publié 05 avril 2017
Mis à jour 05 avril 2017

Il s'est à peu près tout dit dans le débat opposant la LNH à ses joueurs vedettes et au comité organisateur des Jeux de Pyeongchang.

Pour l'instant, Gary Bettman a indiqué qu'il n'avait pas «l'intention» (le mot qu'il a choisi est d'une nuance significative) de finaliser le calendrier de l'an prochain sans prévoir de congé olympique.

Les vedettes de la LNH sont déçues et on peut les comprendre. Une guerre de mots suivra et qui sait qui l'emportera?

Mais dans le fond, est-ce si grave que ça?

Je ne suis pas différent de tout amateur qui a le hockey imbibé dans son ADN, on veut voir les meilleurs contre les meilleurs.

Mais avant 1994, nous avions des amateurs contre des amateurs.

C'est ça les Jeux olympiques.Une plateforme pour permettre aux athlètes amateurs de passer au niveau professionnel.

Il est vrai que pour plusieurs sports, comme le ski, la luge et l'athlétisme notamment, les amateurs sont des pros. Et les Jeux servent de plateforme pour étaler tout leur talent sur la scène mondiale. Ce qui leur permet de gagner leur vie avec de nombreux commanditaires.

Mais dans le cas de la boxe par exemple, ce sont des amateurs qui s'affrontent et qui, s'ils ont le talent nécessaire, graduent ensuite chez les pros. Ce filtre olympique nous a fourni de grands talents tels Cassius (Ali) Clay et Sugar Ray Leonard entre autres.

Au hockey olympique, avant que les joueurs de la Ligue nationale n'y participent, certains ont réussi à faire le saut. Mais peu de véritables vedettes de la trempe de Paul Kariya. Il y a même certains joueurs de la LNH qui se sont servis du programme olympique pour relancer leur carrière, je pense notamment au gardien Andy Moog.

Mais en bout de ligne, de voir des joueurs amateurs de hockey aux Jeux n'est pas une catastrophe. Vous connaissez sans aucun doute deux ou trois hockeyeurs qui n'ont jamais atteint la LNH pour diverses raisons, mais qui avaient le talent. Imaginez combien il peut y en avoir à travers le Canada!

Moi, j'en ai connu à la pelletée, des joueurs qui se sont retrouvés dans un cul-de-sac qui les a mené au hockey universitaire pour finalement clore leur carrière en Europe ou au sein de clubs écoles d'équipes de la LNH.

Croyez-moi, plusieurs de ces joueurs sont très bons et méritent une scène internationale pour démontrer leur talent.

Après tout, la Ligue nationale ne peut accueillir que 680 joueurs.

Alors respirons par le nez.

Il y aura du hockey sur glace en Corée du Sud l'hiver prochain.

Si ce n'est pas les pros, les détenteurs de billets de saison pourront s'en réjouir.

Si la LNH change d'avis, à peu près tout le monde sera heureux.

Et que dire du spectacle de relations publiques que Gary Bettman nous préparera pour justifier le changement.

Ça, c'est un sport de pro en soi!

Un texte de Michel Godbout