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CF Montréal

L’Impact est-il moins fort qu’en 2016?

L’Impact est-il moins fort qu’en 2016?

Vincent Destouches

Publié 23 janvier 2017
Mis à jour 23 janvier 2017

Dans l’avalanche de commentaires autour de l’annonce de la prolongation de contrat (et de la future retraite) de Patrice Bernier, un message m’a particulièrement interpellé sur Twitter.

Cristallisant une certaine inquiétude autour d’un mercato montréalais jugé trop tranquille, il allait comme suit : «On veut de l’inédit. Juste savoir que Bernier signera, ce n’est pas assez, c’est évident. Les fans veulent des surprises.»

On peut le comprendre. Quel fan de club dans le monde n’attend pas avec impatience l’arrivée de renforts comme un enfant attend de déballer ses cadeaux le matin de Noël ?

Le problème, cette saison, c’est que si l’on omet le défenseur Chris Duvall, il y a peu de nouveauté du côté montréalais. Car l’Impact a préféré s’auto-renforcer cet hiver en misant sur des jeunes joueurs locaux... et sur Andrés Romero, qui remplace en quelque sorte Johan Venegas dans un rôle de joueur offensif polyvalent.

Est-ce à dire que l’équipe ne s’est pas améliorée, voire qu’elle a régressé, sachant que la question de la profondeur a été centrale dans l’élimination de l’Impact en finale d’association contre le Toronto FC ? Je trouve cela présomptueux.

D’une part, parce ce n’est pas en échangeant un élément de profondeur par un autre qu’une équipe change vraiment de statut; en ce sens, la décision de refaire confiance au même quatuor défensif et de prolonger un élément de onze partant comme Dominic Oduro porte plus à débat que le fait de ne pas remplacer Venegas, Lucas Ontivero ou Harry Shipp par des joueurs plus confirmés.

D’autre part, peut-être suis-je trop optimiste, mais je suis de ceux qui considèrent Ballou Tabla, Louis Béland-Goyette voire David Choinière comme de véritables renforts. «LBG» est parfaitement capable d’enfiler les bottes de Kyle Bekker. Et Tabla peut facilement faire oublier Ontivero.

Le temps nous dira si ces jeunes bénéficient d’autant de bienveillance que la construction de l’effectif 2017 semble l’indiquer.

«Je comprends l’inquiétude par rapport au mercato et à la profondeur, mais nous, à l’interne, on est calme, m’a expliqué Adam Braz, directeur technique de l’Impact. On doit rappeler certaines choses par rapport à nos jeunes joueurs. Est-ce qu’ils sont prêts pour commencer chaque match ? Non. Mais est-ce qu’ils sont prêts pour se battre pour donner de la bonne profondeur ?  Oui. On a de l’espoir pour eux, et on doit aussi penser notre effectif en fonction de cet espoir. C’est comme ça qu’on va faire grandir nos jeunes joueurs, pour qu’eux-mêmes deviennent de la profondeur dans différentes situations. »

Nous faisons donc face à une vraie révolution, en 2017, dans la promesse d’une place conséquente accordée aux jeunes – une approche à laquelle la direction montréalaise ne nous avait pas habitués.

Pour vulgariser un peu les choses, on peut estimer qu’auparavant, l’effectif se déclinait en trois classes : les partants potentiels, les seconds rôles et les jeunes. Mais aujourd’hui, les seconds couteaux, ce sont les jeunes !

L’effectif tel qu’il est bâti ne laisse que peu de place au doute, même si Braz a jusqu’au 8 mai pour corriger le tir, si besoin. Cela situe d’ailleurs l’Impact au cœur de la problématique actuelle de la MLS, dont la progression repose aujourd’hui sur sa capacité à sortir elle-même des talents des différentes académies.

Tout ceci ne saurait faire oublier le principal élément de discussion : Blerim Dzemaili («un joueur qui veut vraiment venir ici, qui suit l’équipe et la ligue», dixit Braz). C’est son arrivée qui donnera le vrai coup d’envoi de la saison 2017 montréalaise.

En MLS, l’allure d’une saison ne se joue pas nécessairement sur l’activité hivernale, mais plutôt lors de la fenêtre estivale des transferts. C’est un mercato de rattrapage tellement efficace qu’il a permis à Seattle (Nicolas Lodeiro) comme à Montréal (Matteo Mancosu, Hernan Bernardello) d’aller chercher des éléments pour aller jusqu’au bout des séries.

Et 2017 n’y échappera pas, puisque Dzemaili transformera le visage de la formation, ne serait-ce qu’en donnant un nouveau souffle à la création/contribution offensive au milieu de terrain.

L’effectif ne devrait pas ou peu bouger d’ici au coup d’envoi de la saison. Avec DePuy et Shome, l’Impact a maintenant 25 joueurs sous contrat, sur un maximum de 28.

Ajoutez à cela la signature d’un arrière gauche qui pourrait être Aron Mkungilwa, ainsi que le débarquement prochain de Dzemaili, et le total se porte à 27. Certains éléments seront peut-être amenés à partir en prêt, cela reste à voir.

Ce qui est certain, c’est que l’Impact est bien fourni en attaque et sur les ailes, et qu’à en croire les commentaires de Braz, il ne faut pas attendre beaucoup de mouvements en défense.

Personnellement, je serais surpris que l’Impact ne fasse pas venir un milieu supplémentaire, un milieu qui ne sera pas Panayotis Kone, le Grec de l’Udinese qui s’est retrouvé au cœur du mercato montréalais.

Sur ce sujet, Braz, parlant de «rumeurs», m’a expliqué que «même si on regarde certains joueurs, ça ne veut pas dire qu’on a un réel intérêt pour eux».

Dans un mercato animé par l’arrivée d’Atlanta et de Minnesota dans la Ligue, l’Impact s’est aligné sur un autre créneau.

«Il y a certains clubs qui pensaient sûrement avoir besoin de faire beaucoup de changements, mais de notre côté, on a estimé qu’on n’avait pas besoin de changer l’équipe. Pour nous, c’était important de garder le groupe qu’on avait assemblé.»

Gardons en tête que le XI qui commence une saison est rarement le même que celui qui la termine. D’ici là, laissons la chance aux (jeunes) coureurs.

Un texte de Vincent Destouches