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CF Montréal

Duvall, la défense, les coups de pied arrêtés : Braz s’explique

Duvall, la défense, les coups de pied arrêtés : Braz s’explique

Vincent Destouches

Publié 20 janvier 2017
Mis à jour 20 janvier 2017

Le chemin qui a amené Chris Duvall à Montréal a été quelque peu sinueux, mais le défenseur américain a finalement rejoint la métropole ce vendredi.

Au cours d’un repêchage d’expansion riche en rebondissements, le jeune homme de 25 ans sera passé des Red Bulls de New York au Minnesota, avant de rejoindre l’Impact de Montréal en échange de l’international costaricain Johan Venegas.

À l’ouverture du camp d’entraînement de l’Impact, le 24 janvier prochain, Duvall sera l’un des rares nouveaux visages. S’il vient pour gagner sa place, il fait (pour l’instant) surtout figure de doublure – une réalité qui laisse en suspens les questions sensibles sur le rendement défensif de l’équipe.

En trois saisons dans la MLS, Duvall s’est établi comme un arrière droit fiable, capable de couvrir beaucoup de terrain, disputant 59 matchs avec les Red Bulls, dont 52 dans la peau d’un titulaire. Une fracture du tibia a freiné son élan en juillet 2015, mais il a peu à peu retrouvé son niveau et les faveurs de son entraîneur de l’époque, Jesse Marsch, la saison passée.

Plus puissant et athlétique que technique, il a beaucoup progressé sur l’aspect défensif depuis ses premiers pas en MLS. Dans le système de Mauro Biello, qui met l’accent sur la contribution offensive des défenseurs latéraux, le natif de Duluth, en Georgie, devra cependant trouver les ressources pour peser davantage dans la moitié de terrain adverse (un but, quatre passes en carrière).

Cela dit, soyons honnête : un défenseur potentiellement titulaire de cet âge, et avec ce salaire (autour de 60 000 $ lors des deux dernières saisons), constitue une excellente acquisition dans une ligue où les dollars sont rarement dépensés pour des latéraux. Autre atout appréciable : il est capable d’évoluer dans l’axe de la défense, voire de dépanner sur le côté gauche.

« Amener Duvall, ça donne de la flexibilité et des options à Mauro Biello, tant au niveau du choix des défenseurs que de la formation tactique, puisqu’on est maintenant capable plus facilement de jouer à trois derrière, si besoin », a confié Adam Braz, le directeur technique de l’Impact, avec lequel je me suis entretenu.

Un autre produit de l’Académie ?
Seule recrue défensive de la saison morte, Duvall ne sera pas pour autant le dernier. Car la priorité de l’Impact, actuellement, est d’obtenir la signature d’un nouvel arrière gauche pour venir suppléer Ambroise Oyongo.

Cet arrière gauche ne sera pas Amadou Dia, transfuge du Sporting de Kansas City au cours de l’été 2016, et qui n’a joué que 90 minutes en compétition officielle avec le Bleu-Blanc-Noir. Si l’état-major de l’Impact n’a pas souhaité lever l’option afin de le garder automatiquement sous contrat pour la saison 2017, il avait tout de même été invité au camp d’entraînement afin de prouver qu’il méritait une autre chance. Malheureusement, Dia s’est cassé un os au pied lors de ses exercices d’entraînement, durant la saison morte, et il ne sera pas en mesure de se faire valoir.

La porte est donc grande ouverte pour Aron Mkungilwa, qui a disputé 24 matchs avec le FC Montréal, en 2016 (2 buts, 2 passes), et qui a participé à plusieurs entraînements avec l’équipe première en fin de saison. S’il est performant lors du camp, le poste de deuxième arrière gauche ne devrait pas lui échapper. Afin de maintenir la pression et de faire jouer la concurrence, l’Impact invitera tout de même un autre joueur.

« Mkungilwa vient au camp et il sait qu’il y a un poste à gagner. On va tout de même amener un autre joueur à l’essai, mais on ne sait pas exactement qui pour l’instant », a expliqué Braz.

Les coups de pied arrêtés ? « Pas de tendance »

Sur le plan défensif, l’Impact n’aura donc pas apporté de grands bouleversements lors de l’intersaison. Le quatuor formé de Camara, Cabrera, Ciman et Oyongo devrait être reconduit pour la saison 2017 – à moins que Duvall ne vienne mettre son grain de sel.

Pour certains partisans, cela sonnera comme une déception, puisque la dernière image laissée par la brigade défensive, la saison passée, en était une inquiétante : si l’Impact est parvenu à marquer cinq buts au Toronto FC lors de la finale de l’association Est, le club en a surtout encaissé sept, dont cinq lors du match retour. Mais pour la direction de l’Impact, la solution se trouve davantage dans la manière d’évoluer sur le terrain que dans la constitution du personnel défensif.

« Pendant la saison régulière, on a encaissé trop de buts. 53, c’est trop. Alors, c’est sûr, des personnes vont s’étonner que l’on garde les mêmes défenseurs. Mais il y a une chose qui est primordiale lorsque l’on parle d’un quatuor défensif : la stabilité. Les défenseurs doivent se comprendre les uns et les autres, savoir gérer la ligne ensemble, identifier comment pousser plus haut sur le terrain. Et ça, c’est quelque chose qui était important pour nous », se justifie Braz.

L’on peut toutefois se demander si l’Impact de Montréal parviendra à régler le problème des buts encaissés sur coups de pied arrêtés avec la même assise défensive et un XI partant a priori inchangé. Sur ce sujet, Braz assure que la direction « ne ferme pas les yeux devant [ses] défauts ».

« Si l’on regarde attentivement la saison, nous n’étions pas tellement en mauvaise posture en ce qui a trait aux coups de pied arrêtés. Il y a toujours place à l’amélioration, mais il n’y avait pas de « red flag ». Bien sûr, ça nous a beaucoup coûté à Toronto, où l’on a connu un match sans. Et si l’on connaît trop de matchs comme celui-ci, ça n’ira pas. Mais nous n’avons pas clairement identifié de tendance. De manière plus générale, on a eu des problèmes dans la défense des centres dans la surface, on en est conscient. Mais quand je dis que l’on doit mieux défendre, que l’on doit encaisser moins de buts, tout le monde doit se sentir concerné. On défend et on attaque à 11. Ce que cela signifie par rapport aux centres, c’est que si l’on arrive à mieux fermer l’espace sur les ailes, si l’on parvient à limiter le nombre de centres en gagnant davantage de ballons, en se montrant plus agressif plus haut sur le terrain, alors on donnera moins de chances à l’équipe adverse. Il faut regarder le jeu dans son ensemble, et ne pas seulement focaliser sur les défenseurs ou sur la taille. »

Une question toujours en suspens

Alors, comment Duvall s’insère-t-il dans cette réalité ? Cela va être intéressant à suivre, car je suis persuadé qu’il aura un rôle à jouer cette saison, au-delà de celui de joueur de profondeur.

Pourquoi ? Parce qu’à mon sens, Biello a mis la lumière sur un problème qui n’a toujours pas trouvé de solution lorsqu’il a affirmé, l’été dernier, que le duo Ciman-Camara était celui qui présentait le plus de complémentarité en charnière centrale.

Une fois qu’on a dit ça, on fait quoi ? Pour l’instant, pas grand-chose, car nécessité oblige, Camara a terminé la saison sur le côté droit de la défense, et Cabrera a retrouvé son rôle au cœur de la défense. Mais le problème reste entier et la présaison doit apporter des réponses. Et le premier bénéficiaire d’un éventuel retour de Camara dans l’axe ne serait autre que... Duvall. « À Mauro de faire les choix », conclut Braz.