tim raines

Crédit : PHOTO ARCHIVES JOURNAL DE MONTRÉAL

Denis Casavant

Souvenirs de Raines

Souvenirs de Raines

Denis Casavant

Publié 06 janvier 2017
Mis à jour 06 janvier 2017

C'était le 2 mai 1987, un samedi après-midi au stade Shea de New York. J'étais assis à ma position habituelle derrière Jacques Doucet et Rodger Brulotte dans notre petit studio au niveau de la galerie de presse pour la radiodiffusion d'un autre match des Expos.

Ce n'était pas un match comme les autres puisque le meilleur joueur de l'équipe, Tim Raines, disputait son premier match de la saison après s'être entendu avec les Expos en tant que joueur autonome. Il avait opté pour l'autonomie au terme de la saison précédente alors qu'il avait remporté le championnat des frappeurs de la ligue nationale. Mais à l'époque, les propriétaires du baseball majeur s'étaient entendus pour ne faire aucune offre aux joueurs autonomes, c'était la fameuse collusion.

Raines avait décidé d'accepter l'offre des Expos, mais puisqu'il avait signé après la date limite, il n'était pas admissible à un retour au jeu avant le premier mai.

Donc sans camp d'entraînement et sans avoir disputé un seul match, Raines s'est présenté dans le rectangle des frappeurs en première manche face au droitier David Cone. Raines a retroussé l'offrande de Cone contre la clôture du champ droit pour un triple. 

À sa deuxième présence au bâton, Raines a soutiré un but sur balles pour ensuite voler le deuxième but. Il a croisé le marbre sur un simple d'Andres Galarraga pour le premier point du match.

Après un retrait sur un roulant et deux autres coups sûrs, le match de rêve de Raines allait connaître un dénouement digne d'un film d'Hollywood.

En début de dixième manche, alors que c'était l'égalité 6 à 6, Raines se présenta au bâton avec les buts remplis et aucun retrait, cette fois face au releveur gaucher Jesse Orosco. Puis comme frappeur droitier, Raines a réussi l'impossible... un grand chelem!

Je me souviens encore de la réaction de Jacques et Rodger qui n'en revenaient tout simplement pas. Comment était-ce possible qu'un joueur à son premier match de la saison termine la rencontre avec 4 coups sûrs en 5 présences au bâton, 3 points marqués et 4 points produits. Ce match était un exemple de l'immense talent de Raines, un joueur qui était arrivé avec les Expos à l'âge de 19 ans, en pleine course au championnat en tant que coureur suppléant.

En 1980, il avait débuté quatre matchs au deuxième but, mais la direction de l'équipe avait décidé que son avenir était en tant que voltigeur.

Puis la saison suivante, il remplaçait Ron LeFlore qui avait quitté en tant que joueur autonome, au poste de voltigeur gauche de l'équipe. Lorsque la grève fut déclarée à la mi-juin, Raines avait 50 buts volés en 54 matchs et il était dans une lutte à finir avec le gaucher Fernando Valenzuela des Dodgers pour le titre de recrue par excellence.

À moins d'une surprise, Raines obtiendra les votes nécessaires afin d'être intronisé au Temple de la renommée du baseball à sa dernière année d'admissibilité. Les résultats seront dévoilés le 18 janvier prochain. La cérémonie d'intronisation aura lieu le 30 juillet à Cooperstown.