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Michel Godbout

Avoir la tête... dans un sac à serpents

Avoir la tête... dans un sac à serpents

Michel Godbout

Publié 29 novembre 2016
Mis à jour 29 novembre 2016

La nouvelle est tombée alors que je travaillais dimanche soir.

Je venais tout juste de terminer les faits saillants du match entre la Caroline et la Floride.

Les Panthers s'étaient forgé une avance de 2-0 contre l’une des formations de l'heure dans la LNH.

Mais les Hurricanes avaient encore prouvé leur valeur en inscrivant 3 buts sans riposte pour décrocher la victoire.

Être victime d’une remontée est toujours une situation honteuse dans le sport.

On la voit se produire et il n’y a rien qu’on puisse faire pour la stopper.

C’est comme ces rêves où l’on veut se sauver de quelqu’un, mais qu’on fait du surplace.

Toujours les mêmes...

La défaite à peine encaissée, la nouvelle tombe: l'entraîneur Gérard Gallant est congédié!

Ce même Gallant qui était candidat au trophée Jack-Adams pas plus tard que l'an dernier.

Le même qui a vu son DG et complice dans la reconstruction des Panthers, Dale Tallon, promu au poste de directeur des opérations hockey.

Un geste qui en a laissé plusieurs pantois puisque bon nombre d’experts voyaient plutôt cette «promotion» comme: «Dale Tallon se fait traiter comme une vieille paire de chaussures lancées au fond du placard».

Non, mais quelle organisation choisit de remplacer son directeur général qui a construit une équipe qui, l'an dernier, a connu la meilleure campagne de son histoire?

Réponse: les Panthers de la Floride!

Pourtant le duo Tallon-Gallant était clairement sur la bonne voie.

L’an dernier: record de franchise pour le nombre de victoires en une saison (47), record de points au classement (103), plus longue série de victoires consécutives à domicile et à l’étranger, bref, la sauce était prise.

Cette saison, il manquait quelques ingrédients, notamment l’absence d’Alex Petrovic, de Nick Bjugstad et celle prolongée de Jonathan Huberdreau. Sans mentionner la perte d’un gardien numéro 2 digne de ce nom en la personne d’Al Montoya.

Heureusement Jonathan Marchessault est venu pallier quelques carences offensives. Mais il ne peut tout faire seul.

Malgré tout, les Panthers ne sont qu’à 2 maigres points des équipes repêchées, pas idéal certes, mais pas catastrophique non plus.

Et voilà que quelques minutes après la 10e défaite de la saison, la direction tire le tapis sous les pieds de Gallant et de son adjoint!

La «business»...

Le hockey, on le sait tous, c’est une «business».

Il faut gagner pour remplir l’amphithéâtre, engranger des profits pour réinvestir dans l’équipe et renflouer les investisseurs.

C’est pourtant ce que les Panthers avaient fait l’an dernier et malgré tout ils ont tout chambardé au cours de l’été.

Tout indique que Turk (le surnom de Gallant) n’ayant plus son allié Tallon, ne voyait pas les choses du même oeil que le nouveau DG Tom Rowe.

Ce qui devait arriver arriva, c’était écrit dans le ciel, à la moindre occasion Gallant serait remercié.

Comme des centaines d’entraîneurs avant lui, Gérald Gallant est désormais une victime.

Victime de décisions douteuses au sommet de l'organigramme qui a laissé un entraîneur démuni et éventuellement dans la rue.

Remarquez, Gallant n’a pas à se plaindre, ayant signé une prolongation de contrant en janvier dernier, il sera encore payé par les Panthers pour 2 autres années.

Mais il reste qu’il n’a plus d’emploi, plus d’endroit pour exercer son métier.

En somme, que ce soit dans le cas de Gerard Gallant ou même Bob Harltey, peu importe les honneurs ou les louanges, être entraîneur s’apparente à se plonger la tête dans un sac à serpents. Inévitablement on va se faire mordre, ce n’est qu’une question de temps!