LNH

Ces bonnes équipes qui comptaient beaucoup trop sur leur gardien

Mitchell Tierney / The Hockey News

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Les Canadiens de Montréal sont toujours au premier rang du classement général de la LNH, aujourd’hui, et bien sûr, cette position est grandement imputable au formidable travail du gardien Carey Price entre les poteaux.

Parce qu’au point de vue des statistiques, le CH n’est pas tellement une formation d’élite. Jusqu’à maintenant, l’équipe a été dominée au chapitre des tirs lors de 14 de ses 22 matchs. Ils figurent au sixième rang dans la LNH pour les tirs accordés par match, en moyenne et le niveau de possession de rondelle est en bas de 50%.

Mais toutes ces déficiences ont été gommées, pour ainsi dire, par le jeu spectaculaire de Price. Il lui a fallu onze matchs cette saison avant de subir la défaite et ce n’est arrivé qu’une seule fois en temps réglementaire. Durant cette période, Price a maintenu un pourcentage d’arrêt de .945 et deux jeux blancs.

Ça commence à ressembler à la saison 2014-2015, durant laquelle Price a propulsé une formation qui avait des défauts semblables vers la deuxième place du classement général. Il avait alors remporté le trophée Hart (et quelques autres) à titre de joueur le plus utile à son équipe et de la façon dont la présente campagne se déroule, il pourrait bien l’obtenir de nouveau en juin prochain.

 Qu’est-ce qui arrive au CH lorsque Price ne peut enfiler les jambières? Il s’agit de revenir sur la saison dernière...

Les «Habs», toutefois, ne sont pas les seuls à avoir employé cette «stratégie». Au fil des ans, quelques équipes ont vu leur fiche artificiellement embellie par les performances remarquables d’un homme masqué. Voici quatre équipes qui, dans l’ère moderne, ont vécu ce phénomène.

Les Sabres de Buffalo, de 1996 à 1999

Les Sabres du milieu des années 1990 ont probablement été la dernière équipe, avant le CH d’aujourd’hui, a profiter d’une domination de leur gardien qui s’est étirée sur quelques années. Cela dit, Price devra accomplir encore un certain nombre de choses avant de rejoindre celui qu’on appelait à l’époque le «Dominator», Dominik Hasek.

En 1996-1997, Hasek a remporté le premier de deux trophées Hart consécutifs. C’était pleinement mérité, parce ses Sabres avaient alors eu le dessus au chapitre des tirs seulement 12 fois dans toute la saison. Le Tchèque aux membres élastiques recevait environ 33 tirs chaque soir, alors que son équipe en effectuait en moyenne 25 par rencontre. Il a fini avec un pourcentage d’arrêt de .930 et une fiche de 37-20-10.

La meilleure séquence d’Hasek, toutefois, a probablement eu lieu lors du périple des Sabres vers la finale de la Coupe Stanley en 1999. Bien qu’encore une fois, il se faisait systématiquement bombarder, il a maintenu un pourcentage d’arrêt de .939 et a traîné le derrière de son équipe jusqu’à deux victoires du Saint-Graal du hockey.

Les Ducks d’Anaheim, saison 2002-2003

Parlant de performances incroyables d’un gardien en séries, celles de Jean-Sébastien Giguère, en 2003, sont probablement celles qui ont eu le plus gros impact sur les résultats une équipe dans l’histoire moderne de la LNH.    

Les Ducks ne s’étaient pourtant pas fiés sur lui outre mesure durant la saison, mais lorsque le mois d’avril est arrivé, celui qui est maintenant analyste à TVA Sports s’est mis en marche. Incroyablement, les Ducks ont eu le dessus aux tirs au but seulement deux fois durant tout leur parcours vers la finale.

Giguère les a amenés jusqu’à une victoire de la coupe, grâce à un pourcentage d’arrêt de .945 et cinq jeux blancs, subissant la défaite seulement six fois durant toutes les séries éliminatoires. Malgré la défaite en finale, il a reçu le trophée Conn-Smythe. Il est l’un des cinq joueurs à avoir réussi l’exploit dans toute l’histoire de la LNH. Les partisans des Devils avaient hué le choix de Giguère, à l’époque, mais l’histoire a démontré qu’ils avaient tort.

Les Maple Leafs de Toronto, saison 2012-2013

Il est fort probable que si la saison 2012-2013 avait été complète plutôt qu’écourtée par un charmant lock-out, les Leafs n’auraient jamais obtenu les résultats qu’ils ont connus. Mais sur 48 matchs, ils ont été capables d’atteindre les séries malgré un style de jeu déficient.

Oh, et le fait que le gardien James Reimer ait eu un pourcentage d’arrêt de .924 n’a pas nui, non plus. Les Leafs ont remporté 21 matchs cette année-là, même s’ils se faisaient régulièrement dominer au chapitre des tirs. En termes de statistiques avancées, ils étaient les pires de la ligue à cinq contre cinq, accordant toujours plus de chances de marquer à l’adversaire que l’inverse.

Les chiffres ont fini par les rattraper lors du match sept du premier tour des éliminatoires, une série durant laquelle Reimer recevait en moyenne un ronflant total de 39 lancers par partie. Sans son pourcentage d’arrêts de .923, les Torontois n’auraient même pas eu la chance de se rendre au septième match pour s’y effondrer.

L’Avalanche du Colorado, saison 2013-2014

Un autre exemple récent d’une équipe qui a pu échapper aux statistiques pendant toute une saison à cause de son gardien. En fait, les hommes de Patrick Roy ont profité des performances de Semyon Varlamov à un point tel qu’ils ont fini la saison avec 112 points, pour le troisième rang du classement général.

Sur une saison de 82 matchs, aucune équipe n’a atteint les séries en remportant autant de matchs durant lesquels elle a reçu plus de tirs qu’elle en a effectué. L’Avalanche l’a fait 35 fois cette année-là. De toutes les équipes qui ont atteint les séries cette année-là, celle du Colorado a maintenu le plus haut total de lancers accordés, en moyenne, avec 32,7.

Une chance, pour eux, que Varlamov a connu sa meilleure saison dans la LNH cette année-là. Il avait alors réalisé au moins 100 arrêts de plus que n’importe quel autre gardien de la ligue.

 

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