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Michel Godbout

Pendant ce temps à Québec...

Pendant ce temps à Québec...

Michel Godbout

Publié 21 novembre 2016
Mis à jour 21 novembre 2016

Je vous assure que cet article n'a rien à voir avec mon employeur qui est activement impliqué dans le processus de ramener la LNH à Québec.

Je vous le dis.  Je vous le jure même!

C'est plutôt un cri du cœur du partisan de hockey que je suis. Celui qui regarde des centaines de matchs de la LNH et qui n'en revient toujours pas de voir des milliers de bancs vides en Caroline.

Même vendredi soir, avec la visite des Canadiens de Montréal, la meilleure équipe du circuit, de surcroît! À peine 12 000 âmes présentes, dont plusieurs, nous dit-on, avaient obtenu des billets gratuits pour assister au match.

Je parle à mes collègues et anciens joueurs de la LNH et ils me disent tous la même chose: «c'est tellement plate jouer devant des bancs vides».

Pourquoi des bancs vides?

Il y a sans contredit un effet «poule et œuf» à l’œuvre en Caroline. L'équipe ne gagne pas souvent, donc les partisans ne se ruent pas à l’aréna. En revanche, les joueurs sont découragés, car il n'y a pas de spectateurs.

La solution, c’est de gagner, direz-vous.

Pourtant, lors de la visite du CH, les Hurricanes avaient déjà enfilé deux victoires consécutives et une troisième suivrait, en battant les Canadiens 3-2. Dimanche, contre Winnipeg, il n’y avait que 10 809 spectateurs; le PNC Arena était rempli à 58 % de sa capacité.

Mais voilà qu’à leur réveil lundi matin, les Hurricanes «surfaient» toujours sur une séquence victorieuse, engraissée à 4 matchs!

Tout ça alors qu’en arrière-plan, le propriétaire de l’équipe, Peter Karmanos, laissait entendre qu’il voulait vendre son équipe.

Des acheteurs?

Voilà que Seattle renaît de ses cendres, grâce entre autres au quart-arrière étoile des Seahawks Russell Wilson. Fort de ses millions en banque, il se dit disposé à investir dans un nouvel aréna à Seattle afin d'attirer la NBA et la LNH!

Le projet est intéressant à plusieurs points de vue.

D’un côté, la LNH est attirée par le lucratif marché du nord-ouest des États-Unis.

D’un autre, déménager une équipe comme la Caroline dans l’Ouest vient équilibrer les deux conférences de la LNH à 15 équipes.

Mais pendant ce temps, 1 600 kilomètres au nord de Raleigh, des milliers de partisans affamés de hockey n’attendent que l’arrivée de la LNH dans leur nouvel amphithéâtre.

Il a pour nom le Centre Vidéotron, construit bien avant celui de Las Vegas et celui de Seattle, toujours au stade embryonnaire.

Québec a fait son deuil des Coyotes. Un nouvel amphithéâtre semble vouloir se réaliser en Arizona, donc tout indique que le dossier du déménagement des Coyotes est clos.

Alors peut-on rêver à un mariage Québec-Caroline pour le meilleur et pour le pire? Bien sûr que oui!

Mais ne rêvons pas en HD, car la LNH est capable de tout, même d'implanter un sport d’hiver en plein désert! Alors, ce qu’on peut faire, c’est espérer. Espérer qu’une certaine logique soit finalement respectée.

Parce qu’en fin de compte, un amphithéâtre à moitié vide, c’est désolant.

Désolant pour les partisans qui croient au produit.

Désolant pour les joueurs.

Mais par dessus tout, désolant pour l’image de la LNH et de ce sport qu'on aime tant.