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Eller a retrouvé le bonheur... à Washington

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Lars Eller porte l’uniforme des Capitals de Washington depuis seulement cinq semaines. C’est un échantillon infiniment plus petit que ses six saisons avec le Canadien. Mais c’est déjà assez pour avoir une bonne idée de la différence entre les deux marchés.

À sa sortie de l’entraînement matinal au United Center à quelques heures de la confrontation avec les Blackhawks vendredi, Eller a parlé comme il le faisait dans le vestiaire du CH, c’est-à-dire avec franchise et sans filtre.

«Si je peux décrire en un seul mot ce que je ressens depuis mon arrivée avec les Capitals, je dirais: plaisir.»

«Ce n’était agréable pour personne l’an dernier avec le Canadien. À partir de décembre, c’était pénible. Je ne veux pas dire que je n’ai jamais eu du plaisir à Montréal, mais la dernière saison, pour la majorité de l’année, ne l’était pas.»

Un monde de différences

À Washington, le Danois découvre une toute autre réalité. Et il ne s’en plaint visiblement pas.

«Il y a certaines choses dont tu n’as pas à te préoccuper ici (Washington), a-t-il affirmé. Essentiellement, tu peux te concentrer uniquement sur le hockey. Il y a moins de distractions autour de l’équipe.

«Dans une ville comme Montréal, une petite histoire prend parfois des proportions démesurées, a-t-il continué. Une petite controverse devient rapidement une grosse affaire. Je ne ressens pas la même chose à Washington, du moins depuis mes débuts avec les Caps. »

Eller a pris une petite pause pour ensuite élaborer sa pensée.

«Il y a des joueurs qui ressentiront plus facilement le poids des distractions que d’autres. Ça peut t’affecter. Mais je décris uniquement les différences entre une ville comme Washington et Montréal pour le hockey. Ce n’est pas une critique. Il y a des joueurs qui composent mieux dans un marché comme Montréal, où le hockey occupe une grande place.»

Un traitement trop sévère

Durant son séjour avec le CH, Eller a traversé de bons moments, mais il a aussi eu de très longs passages à vide. Il n’est jamais devenu le centre souhaité après l’échange avec les Blues de St. Louis pour Jaroslav Halak, à l’été 2010.

L’ancien choix de premier tour des Blues a refusé d’expliquer ses périodes creuses par une trop grande pression sur ses épaules.

«Pour moi, ce n’était pas la principale raison, a mentionné le centre de 27 ans. Il y avait certaines choses qui m’agaçaient, mais je n’en parlerai pas. Je ne souhaite pas rentrer dans les détails.

«Je peux simplement dire que le Canadien en général est parfois traité d’une façon injuste ou trop sévèrement, a-t-il enchaîné. C’est la même histoire pour certains joueurs. Mais ça fait partie de la nature d’une ville comme Montréal, où les partisans ont une grande passion pour leur équipe. Les médias sont aussi passionnés par l’équipe.»

Un lent départ

À ses 12 premiers matchs avec les Capitals, Eller a marqué seulement deux buts. Il joue le rôle de troisième centre derrière Nicklas Backstrom et Evgeny Kuznetsov. Quand il fait l’évaluation de son propre jeu, le Danois a recyclé une formule souvent entendue avec le Tricolore.

«Évidemment, j’aimerais produire plus, a-t-il précisé. Tout le monde voudrait en faire plus. Je crois que je fais de bonnes choses, surtout dernièrement. J’ai eu besoin de temps pour m’adapter au système de (Barry) Trotz, c’est vraiment différent de celui de Montréal. Je me sens mieux maintenant et mon jeu s’en va dans la bonne direction depuis cinq ou six matchs.»

Un brin de scepticisme

De la capitale américaine, Eller suit toujours attentivement les résultats de son ancienne équipe. S’il n’est pas surpris par le très bon début du CH, il apporte aussi quelques bémols.

«Le Canadien connaît toujours de bons départs. Tu affrontes plus les équipes de l’Association de l’Est lors du premier mois. Le CH a souvent du succès contre les formations de l’Est. Je ne croyais pas que le Canadien aurait un dossier de 12-1, où peu importe la fiche exacte, mais je savais que cette équipe serait très compétitive. Je voyais le Canadien comme une équipe des séries et ce sera probablement le cas. Mais je doute que l’équipe maintienne un tel rythme.»