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Oui aux statistiques avancées, mais...

Oui aux statistiques avancées, mais...

Michel Godbout

Publié 25 octobre 2016
Mis à jour 25 octobre 2016

Lorsque Shea Weber entre dans le vestiaire, disait Marc Bergevin, tout le monde sait qu’il est là pour jouer.

Honnêtement, je n’ai aucune difficulté à croire le DG des Canadiens de Montréal.

Max Pacioretty a dit sensiblement la même chose lorsqu'il a croisé le défenseur dans un ascenseur avant un match de la Coupe du Monde.

Le simple regard de Weber en dit long sur sa personnalité.

Vous en connaissez sans doute des gens de la sorte.  Un membre de votre famille, un collègue de travail ou un ami qui, par sa simple présence, vous force à ne pas couper les coins ronds.

Que ce soit dans le sport ou en peinturant une pièce de la maison, certaines personnes nous poussent à nous dire «fais le travail de la bonne façon».

Essentiellement c’est ça Shea Weber.

Comment alors quantifier cette qualité dans le cadre des désormais sacro-saintes statistiques avancées?

Bon nombre d'experts ont dénoncé l’arrivée du défenseur étoile, soulignant, avec raison, que certaines de ses statistiques étaient inférieures à celles de P.K. Subban.  Les statistiques avancées, que ce soit le CORSI ou le FENWICK, ont leurs mérites et peuvent en dire long sur les performances d’un joueur.

Mais existe-t-il une statistique, avancée ou autre, pour expliquer ce que Carey Price a dit : «Shea Weber n'est pas imprévisible comme l'était P.K.»?

Cette statistique-là est passablement plus difficile à quantifier, car il est question de la confiance d’une équipe envers un joueur. Il existe le SAT RELATIVE qui mesure les tirs tentés par une équipe lorsqu’un joueur donné est sur la patinoire ou non. 

Les Bruins, par exemple, ont plus de tirs tentés au filet lorsque Patrice Bergeron est sur la patinoire.  Il est d’ailleurs l’un des meilleurs de la LNH à ce chapitre. On pourrait arguer que les Bruins sont plus portés vers l’attaque, donc plus en confiance lorsque Bergeron est sur la surface.

À l’inverse de cette «stat», il y a l'inquiétude collective d'une équipe lorsqu'un joueur imprévisible est en possession de la rondelle. Tout le monde est crispé, nerveux. De façon subconsciente, on ne se risque pas trop au cas où le joueur en question perd la rondelle et qu'il fasse rebrousser chemin.

C'est un intangible, mais il vit réellement sur une patinoire.

Comprenez-moi bien, ça n'enlève rien au talent indéniable de Subban.

Mais ça vient renforcir la valeur sûre qu'est Weber et à quel point il mettra les joueurs autour de lui plus en confiance. Car lui, il prend rarement de risques.

Même un érudit de la statistique avancée comme le jeune DG des Coyotes de l'Arizona John Chayka doit admettre que parfois les statistiques ne peuvent mesurer l’impact positif qu’une bonne mise en échec peut avoir sur le banc d’une équipe. À ce chapitre, disons que Weber motive bien les troupes! 

Donc, comme le disait le DG Bergevin, les statistiques sont une partie de l'équation, mais il en faut beaucoup plus pour quantifier l’apport d’un joueur au sein de son équipe.