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#CMH2016 : l'Europe a-t-elle une chance?

#CMH2016 : l'Europe a-t-elle une chance?

Louis Jean

Publié 27 septembre 2016
Mis à jour 27 septembre 2016

Le plus grand adversaire du Canada en Coupe du monde de hockey est... le Canada.

C'est ce que mon collègue Patrick Lalime a dit avant le début du tournoi.

Pour l'instant, personne n'est arrivé même près d'ébranler le Canada. L'équipe a été comme un rouleau-compresseur. Trop forte. Dominante.

«De loin la meilleure équipe et ce n'est même pas proche», m'a dit le directeur général de l'équipe de la République tchèque, Martin Rucinsky.

Soyons honnête, sur papier, le Canada ne devrait pas avoir à s'inquiéter face à l'Europe. Ils les ont dominés en phase préliminaire avec un gain de 4-1. Mais le match se décide sur la glace, pas sur papier.

Ma plus belle rencontre depuis le début de la Coupe du monde est Ralph Krueger, l'entraîneur-chef de l'équipe Cendrillon. Il est sympathique, chaleureux, intéressant, passionné, connaisseur et respecté dans le monde du hockey.

Il devrait et pourrait diriger une équipe de la LNH. Le travail qu'il a accompli en aussi peu de temps avec un groupe de joueurs de huit pays différents est rien de moins que remarquable.

Après avoir été rossés dans les deux premiers matchs préparatoires, l'équipe européenne était la risée du tournoi. On croyait qu'elle était de loin la pire équipe et qu'elle perdrait tous ses matchs. Euuuuuuuh, non. Erreur.

C'est à ce moment que Krueger s'est mis au travail. Il a implanté un système. Il a vendu ses idées à ses joueurs, leur a fait croire en leurs moyens et les a valorisés. Résultat : les voilà en finale.

Maintenant, l'Europe peut-elle battre le Canada dans un deux de trois? Sincèrement, j'en doute. On pourrait décortiquer ce duel de 50 différentes façons et les 50 fois le Canada serait avantagé.

Mais Krueger, un Canadien, a été conseillé pour le Canada aux Jeux Olympiques de 2014, à Sotchi. Il connaît les joueurs, il connaît les entraîneurs et le fonctionnement de Hockey Canada. Il connaît les forces et les faiblesses de cette équipe qui semble invincible.

Trouvera-t-il une brèche dans le système s'il y en a une? Saura-t-il exploiter une faiblesse que personne d'autre n'a réussi à faire? On le saura assez vite. Peu importe ce qui arrivera, Krueger mérite beaucoup de crédit, tout comme les joueurs, pour ce parcours improbable.

Il faudra probablement un miracle pour battre le Canada. Mais Krueger a fait croire à son groupe que les miracles sont possibles. Personne ne donne une chance aux Européens. Sauf eux-mêmes.