Coupe du monde de hockey

#CMH2016 : la demi-surprise

TVA Sports / Guillaume Theroux

Publié | Mis à jour

Un trio pivoté par Sidney Crosby ne peut que connaître du succès mais, même au bout de plusieurs matchs de la Coupe du monde de hockey, l’œil demeure agréablement surpris par l’apport de Brad Marchand sur le trio le plus prolifique du Canada, en compagnie de Patrice Bergeron.

Tout ce que touche Crosby se transforme en or, mais Marchand se doit de recevoir tout le mérite qui lui revient dans le parcours jusqu’à maintenant sans bavure à Toronto, en route vers la finale contre l’Europe – une série au meilleur de trois rencontres à venir cette semaine à l’Air Canada Centre.

Retour sur la progression d’un joueur dont la valeur est en hausse constante depuis la saison 2015-2016 de la LNH.

La grosse saison

An 1 du départ de Brad Marchand, les Bruins de Boston ratent les séries pour une deuxième campagne consécutive mais, sur le plan individuel, Marchand connaît les meilleurs moments offensifs de sa carrière, avec une production de 60 points, dont 37 buts (!), en 77 matchs.

Décision audacieuse

Certains ont sourcillé quand le nom de Marchand est apparu sur la liste finale de l’effectif canadien cet été. Jason Spezza, Taylor Hall, Patrick Marleau, Jordan Eberle : ces joueurs plus glamour ont été ignorés à son profit. Difficile cependant de lever le nez sur une production de 37 buts et sur le concept d’une collaboration avec Bergeron, son allié des Bruins.

Par ailleurs, ce n’était plus un secret que Doug Armstrong, directeur général du Canada, recherchait ce genre de joueur dans son club; même l’intense attaquant des Canadiens de Montréal Brendan Gallagher, un ailier du même type que Marchand, avait reçu une certaine considération pour un poste.

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Crédit photo : AFP

La formule noire et jaune

Deux semaines avant le début officiel de la Coupe du monde, Sidney Crosby exprime une préférence : jouer sur la même ligne que Bergeron. Le joueur de centre québécois et son homologue des Penguins de Pittsburgh ont souvent été frères d’armes sur la scène internationale et leurs succès passés ne peuvent que laisser présager le même scénario à Toronto.

Leur union est confirmée peu après, mais non sans inclure Marchand sur ce trio, puisque Bergeron et ce dernier sont les pierres angulaires de l’attaque à Boston. Marchand se contentera-t-il d’être la troisième roue (sic), comme le veut l’expression anglophone? (Third wheel).

Travail de démolition

Le trio Crosby-Bergeron-Marchand est de loin le meilleur du tournoi, avec une production totale de huit buts et 16 points en quatre matchs. Crosby (7 points) est évidemment le leader incontesté de ce dévastateur contingent, mais Marchand ne se contente pas du rôle de figurant. Sa production compte pour cinq points, incluant deux buts sublimes dans la victoire canadienne de 5-3 sur la Russie en demi-finales.

Marchand se fait des amis - TVA Sports

L’avenir

Qu’importe le résultat canadien contre l’Europe en finale (attendez-vous cependant à une domination unifoliée), Marchand décrochera une hausse de salaire d’ici l’ouverture du marché des joueurs autonomes, l’été prochain.

Le produit de la LHJMQ termine en 2016-2017 un contrat de quatre ans d’une valeur totale de 18 millions $ et le souhait des Bruins est de garder la peste honnie des autres clubs dans son giron. Le directeur général Don Sweeney devra toutefois ouvrir sa bourse et récompenser comme il se doit le jeune vétéran de 28 ans...

«Ce serait bien de passer ma carrière ici et on voit que cela est rare de nos jours. Ça n’arrive pas souvent, donc ce serait incroyable. Mais plusieurs choses doivent se produire pour que cela se concrétise», a lâché Marchand avant la Coupe du monde.

MISE À JOUR : S'agissait d'en parler. Marchand vient de décrocher une entente de huit ans et 49 millions $ avec les Bruins.