Coupe du monde de hockey

#CMH2016 : Une mort annoncée pour les Américains

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Dans leur obsession incessante de battre le Canada, les États-Unis ont encore mordu la poussière dans un tournoi d’envergure. Le programme américain nage plus que jamais en pleine tempête.

Les dirigeants américains ne s’en cachaient pas. Ils avaient spécialement assemblé l’équipe pour vaincre la bande à Sidney Crosby. Sauf qu’ils ont oublié qu’ils devaient aussi battre l’Europe et la République tchèque pour espérer passer à l'étape des demi-finales. Les 23 joueurs ont aussi embarqué dans cette vision.

Cette obsession profonde les a tous aveuglés. Elle perdure depuis la défaite en prolongation aux Jeux olympiques de Vancouver, en 2010.

«L’équation est simple pour expliquer ce qui n’a pas fonctionné avec cette équipe. Nous avons perdu contre l’Europe et nous devions absolument battre une excellente équipe pour rester en vie, a expliqué le vétéran David Backes.

«Notre plan était de gagner contre les Européens et les Tchèques et de voir comment on pourrait se débrouiller contre les Canadiens, a-t-il poursuivi.

«Nous avons peut-être regardé trop loin devant. C’est pourquoi on hoche la tête maintenant.»

La succession de mauvaises décisions, autant avant le tournoi que dans le feu de l’action, a également nui au rendement. En donnant les rênes au controversé entraîneur-chef John Tortorella, le directeur général Dean Lombardi et son assistant, Paul Holmgren, se sont tirés dans le pied. La nomination d’un pilote de la trempe de Jon Cooper, doué avec la génération montante, aurait fait une différence.

Décisions douteuses

«Torts» est un passionné, ont argumenté ses joueurs, mais il ne fait pas l’unanimité. Sa décision de rayer le défenseur Dustin Byfuglien et le marqueur de 30 buts l’an passé chez les Devils, Kyle Palmieri, en faveur de cols bleus face à l’Europe a fait sursauter au match d’ouverture.

Ses joueurs ne se sont jamais présentés. La défaite les a piqués au vif et le climat s’est rapidement envenimé au fil des 48 heures menant à la rencontre face au Canada. À la recherche des meilleures combinaisons, Tortorella a souvent modifié ses lignes à l’attaque. «Même à Montréal, on ne jongle pas autant avec les trios», avait déclaré Max Pacioretty.

Après la deuxième défaite, «Torts» a effleuré le sujet.

«Nous avons de bons attaquants, mais nous n’avons pas bien joué offensivement. Notre groupe n’a démontré aucune constance.»

Difficile de créer une chimie quand les cartes sont trop brassées.

Les oubliés

Force est d’admettre que les dirigeants américains ont omis de sélectionner de solides patineurs. Parmi les oubliés, le défenseur Justin Faulk, des Hurricanes de la Caroline, ainsi que les attaquants Phil Kessel, des Penguins de Pittsburgh, et Bobby Ryan, des Sénateurs d’Ottawa. Au moment de la sélection, Kessel était toutefois ennuyé par une blessure au poignet qui a nécessité une chirurgie en juillet.

La sélection de leurs jeunes étoiles au sein de l’équipe de l’Amérique du Nord ne les a pas aidés. Les Auston Matthews, Johnny Gaudreau, Jack Eichel et Seth Jones auraient donné un sérieux coup de pouce. Ils auraient insufflé un vent de fraîcheur dans cette vieille mentalité.

Cette énième défaite contre la puissante formation canadienne et l’élimination hâtive devraient forcer les dirigeants à revoir leur programme en dotant les Américains d’une nouvelle identité, davantage axée sur la vitesse et les habiletés.

Si la LNH permet à ses joueurs de représenter leur pays aux Jeux olympiques de Pyeongchang, en Corée du Sud, en 2018, il sera intéressant d’observer si les Américains ont finalement appris la leçon.