Coupe du monde de Hockey 2016

Crédit : Chantal Poirier / JdeM

LNH

Diplômé et étoile nord-américaine

Publié | Mis à jour

Colton Parayko a réalisé tout un exploit l’an dernier. Dans un premier temps, le défenseur qui s’aligne présentement avec la formation d’Amérique du Nord a mérité un poste chez les Blues de Saint-Louis. Puis pendant la saison morte, celui qui a également excellé sur les banquettes de l’université s’est même permis de lancer son mortier.

Le jeune Albertain est maintenant bachelier et possède un baccalauréat universitaire en administration des affaires. Un diplôme que lui a remis l’université Fairbanks d’Alaska tout juste après sa nomination au sein de l’équipe des 23 et moins à la Coupe du monde.

Colton, 23 ans, a toutes les raisons d’être fier. Il n’a pas abandonné ses études malgré qu’il ait percé l’alignement de Ken Hitchcock au Missouri. Pour lui, il n’était pas question de mettre une croix sur ses trois années sur les bancs d’école.

«Je suis vraiment heureux d’avoir terminé mes études après être passé au niveau supérieur dans ma carrière de hockey. Je ne pouvais pas faire autrement. Je ne voulais vraiment pas jeter un diplôme aux poubelles», a souligné celui qui a évolué chez les Nanooks d’Alaska, dans la NCAA, avant de faire le saut dans la LNH.

«Je désirais terminer mes études, parce qu’une carrière peut ne pas durer très longtemps. Il fallait que j’aie un plan B.»

Le choix de troisième tour des Blues à l’encan amateur 2012 a terminé son cursus scolaire avec sept cours en 2015-2016. Durant la campagne, il a réussi haut la main ses quatre cours par formation à distance. «Majoritairement des A», a assuré le bachelier en ricanant.

Horaire équilibré

Où a-t-il déniché les longues heures nécessaires à la réussite dans le calendrier exigeant d’une saison de hockey? Il a simplement appliqué le même horaire qu’il suivait à ses trois années précédentes à l’université où il avait combiné le hockey et les études.

«Il faut un horaire équilibré. C’est la clé. À Saint-Louis, on s’entraînait le matin. J’avais donc tout le temps nécessaire pour faire mon travail dans l’après-midi», a expliqué celui qui plongeait son nez dans ses bouquins plutôt que se la couler douce après les entraînements.

«J’ai appris à gérer mon temps, a-t-il ajouté. Il fallait par contre que je m’y prenne longtemps d’avance. C’est beaucoup de travail jouer au hockey professionnel et étudier. Il fallait que je m’alloue le temps nécessaire pour finir mes travaux correctement et les remettre avant la limite.»

Parayko assure qu’il n’a bénéficié d’aucun traitement de faveur de ses professeurs. Il a réussi dans les règles de l’art et mérité son diplôme comme les autres étudiants.

Au cours de la dernière campagne, Ken Hitchcock s’est dit impressionné par la détermination de son jeune défenseur qui a fait écarquiller bien des yeux. En 20 ans de carrière, il n’avait jamais vu l’un de ses joueurs poursuivre ses études en pleine saison.

Parcours atypique

Quand il regarde autour de lui dans le vestiaire nord-américain à la Coupe du monde, le colosse de 6 pi 5 po et 215 livres présente un parcours atypique de ses coéquipiers.

Il n’est pas une sélection de premier tour et il n’est pas passé par les équipes nationales. Il a plutôt payé de sa poche son essai au camp d’entraînement d’une équipe midget AA dans le nord de l’Alberta où il a fait sa place. Il s’est ensuite exilé en Alaska pour poursuivre sa carrière dans la NCAA tout en étudiant. C’est là que les Blues l’ont déniché grâce à son gabarit et sa production de 66 points en 104 matchs.

L’année suivante, il a marqué neuf buts et amassé 33 points à sa saison recrue à Saint-Louis.

«Je n’ai pas suivi le parcours régulier, mais je suis très fier de m’être tout de même rendu au sommet. Le chemin est différent, mais la destination est la même. Si ça peut inspirer les jeunes, tant mieux.»