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Brésil 2016

Le Brésil chasse ses démons

Agence QMI / Denis Poissant 

Publié | Mis à jour

C’est un scénario parfait pour un pays en manque de bonnes nouvelles. Neymar, l’enfant chéri des Brésiliens, a procuré la médaille d’or à son pays en tirs de barrage, 2-1 contre l’Allemagne, samedi soir à Rio.

Aucun des cinq joueurs de l’Allemagne n’avait réussi à déjouer le gardien. Aucun des quatre du Brésil.

Au tour de l’enfant prodige, qui avait inscrit le premier but du match d’un coup franc mémorable.

La foule retient son souffle dans le temple du futebol, un Macarana plein à craquer de 78 838 fans en délire.

Une mer de jaune qui veut célébrer.

Neymar prend place. Tout le monde est debout et filme la scène.

Il fait des petits pas, tire et déjoue Timo Horn.

Remporter un titre olympique à la maison, ça n’a pas de prix.

Surtout après tout ce que le Brésil a enduré depuis quelques années.

Rien ne bat ce sentiment d’avoir accompli son destin.

Neymar est resté à genoux longtemps, savourant le moment.

La foule délirait.

Le choc de 2014

Les Brésiliens ont enfin chassé leurs démons. En demi-finale de la Coupe du monde en 2014, l’Allemagne les avait démolis 7-1, devant 58 000 spectateurs sous le choc, à Belo Horizonte.

Cette défaite avait sapé le moral de tout un pays. Dépenser trois milliards $ pour des stades aux quatre coins du Brésil, et ce résultat honteux.

Les deux années suivantes, le Brésil a sombré dans la déprime pré-olympique: récession, déficits, corruption, pollution, destitution de la présidente Dilma Rousseff, crimes à la hausse.

Le soccer brésilien était à l’image de ce pays. Magnifique mais désorganisé. Génial par flashes mais incohérent collectivement.

Avec un tel bassin de joueurs, le Brésil ne faisait que trier en espérant dénicher le nouveau Pelé parmi les jeunes rêvant d’y faire carrière.

Les autres n’ont qu’à retourner à leur misérable vie dans les favelas, qu’est-ce qu’on en a à foutre ?

Le coup de pied au cul de 2014 leur a servi de leçon. On a révisé les programmes et amélioré la structure de développement.

Encore une puissance

Ce tournoi olympique ne regroupait que les joueurs de 23 ans et moins, et chaque formation avait droit à trois plus âgés.

Aucun joueur du Brésil ni de l’Allemagne sur le terrain aujourd'hui n’avait pris part à ce match en 2014 (seul Neymar y était mais n’a pas joué étant blessé).

Pas d’animosité sur le terrain, pas de rivalité.

Le Brésil avait surtout besoin de se prouver à lui-même qu’il demeurait une puissance mondiale en soccer.

C’est fait.