Brésil 2016

De Grasse ou Oleksiak comme porte-drapeau?

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Une nageuse de 16 ans, Penny Oleksiak, et un sprinter de 21 ans, Andre De Grasse, auront été les grandes vedettes dans le camp canadien à ces Jeux olympiques de Rio.

Oleksiak a donné le ton en remportant quatre médailles, dont une en or, à la piscine. De Grasse a pris le relais au stade en récoltant des médailles de bronze au 100 m et avec ses coéquipiers au 4 x 100 m, de même qu’une médaille d’argent au 200 m.

L’Ontarien est ainsi devenu le premier sprinter canadien de l’histoire à obtenir trois médailles au cours de mêmes Jeux.

Pourrait-il être choisi pour porter le drapeau canadien dimanche soir lors de la cérémonie de clôture au stade Maracana?

«Ce serait un grand honneur et une belle expérience, a répondu De Grasse. Peu importe le choix qui sera fait par les dirigeants de la délégation canadienne, je serai sur place pour célébrer avec les autres athlètes.»

Même si Oleksiak est la favorite pour porter le drapeau, De Grasse a été l’athlète canadien ayant le plus fait parler de lui à travers le monde au cours de ces Jeux.

On se souviendra, entre autres, de cette demi-finale d’anthologie au 200 m lorsqu’Usain Bolt et De Grasse se sont regardés en riant avant de franchir la ligne d’arrivée. C’est le genre de photo qui restera dans les annales des Jeux.

Un journaliste a demandé à De Grasse si cela avait été son moment préféré. Il s’est empressé de répondre par un non catégorique, préférant la récolte de la médaille de bronze au relais 4 x 100 m «parce que ce fut un travail d’équipe».

Une nuit dans l’incertitude

Les sprinters canadiens ont été forcés de patienter jusqu’à samedi matin avant d’obtenir la confirmation que les Américains avaient été disqualifiés en raison d’un échange de témoin effectué hors de la zone de transmission.

«Je suis retourné au Village olympique après la course et je me suis couché sans savoir si on allait obtenir cette médaille, a raconté De Grasse. Il va sans dire que j’étais très heureux d’apprendre à mon réveil qu’elle était à nous.»

On se rappelle qu’aux Jeux de Londres les relayeurs canadiens avaient terminé troisièmes, mais ils avaient été disqualifiés, Jared Connaughton ayant mis le pied sur la ligne dans une courbe.

À Rio, Akeem Haynes, Aaron Brown, Brendon Rodney et De Grasse ont non seulement remporté la première médaille du Canada au relais 4 x 100 m depuis 1996, mais ils ont aussi éclipsé le chrono des champions d’Atlanta.

Il reluque l’or en 2020

De Grasse a donc réalisé son objectif de remporter trois médailles à sa première participation aux Jeux.

«Je ne pouvais pas demander mieux, même si j’aurais aimé être plus rapide en finale du 200 m, a-t-il dit. J’ai mal dépensé mon énergie en demi-finale. Je n’ai que 21 ans et je suis encore un brin naïf en piste. On me demande souvent si je peux devenir le prochain Usain Bolt, mais je me concentrerai à être Andre De Grasse», a-t-il ajouté sur un ton prudent.

«Je suis très loin des exploits réalisés par Bolt et j’ai encore beaucoup à apprendre. Je me servirai de cette première expérience olympique afin de continuer de progresser dans le but de pouvoir dominer aux Jeux de 2020 à Tokyo.»

Le Canada : Une puissance

De Grasse est fier de participer à la relance de l’athlétisme canadien, qui a récolté six médailles à ces Jeux de Rio.

«On avait causé une surprise l’an dernier avec une récolte de huit médailles au Championnat du monde de Pékin et voilà qu’on a fait très belle figure aux Jeux de Rio.

«On a fait la preuve que le Canada peut rivaliser avec les meilleures nations en athlétisme», a conclu De Grasse.

Ce dernier passera quelques jours avec sa famille à Toronto avant de mettre le cap sur la Californie. Il y terminera ses études universitaires en sciences sociales.