Brésil 2016

Bolt était fâché

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Fâché, pas fâché? Les spéculations allaient bon train depuis la fameuse demi-finale du 200 m entre Usain Bolt et Andre De Grasse, à savoir si le sourire de la légende était amical ou cachait un sentiment plus glacial.

On a eu la réponse jeudi soir.

L’entraîneur d'Andre De Grasse, Stuart McMillan, a confié que Bolt n’a pas aimé voir le petit jeune Canadien le pousser dans les câbles.

«Non, il n’était pas content», a expliqué McMillan

«Il est plutôt habitué à voir les athlètes se pâmer devant lui.»

Guerre psychologique de la part du Jamaïcain?

Peut-être. Bolt est intimidant avec ses exploits et sa façon d’entrer en relation intime avec ses fans.

Il pousse l’exercice à l’extrême.

Mais De Grasse a du cran. Il ne s’en est pas laissé imposer, montrant à Bolt qu’il pouvait rivaliser avec lui.

«Il ne voulait pas qu'Usain fasse son jogging habituel en demi-finale, il voulait le pousser, le fatiguer», explique McMillan.

«Il y a une raison pour laquelle Andre a deux médailles, c’est qu’il ne se sent pas rabaissé devant un type comme Bolt.

«Il n’a pas embarqué dans son jeu. Il pensait vraiment qu’il pouvait remporter l’or dans le 200 mètres.»

Le plus grand

McMillan estime que Bolt est «le plus grand athlète de tous les temps, tous sports confondus, un athlète absolument sensationnel.»

Mais que son protégé aurait pu mieux saisir l’occasion.

«Bolt était fatigué et on aurait pu en venir à bout.»

«En même temps, remporter l’argent et le bronze à ses premiers Jeux olympiques, c’est excitant.»

Et dire que son ascension n’a pris que quatre ans!

Quand Bolt nageait en pleine gloire après son deuxième triplé olympique à Londres, De Grasse, 17 ans, ne savait plus trop quoi faire de sa vie.

Son école secondaire en banlieue de Toronto avait abandonné le programme de basketball qu’il chérissait tant, par manque de joueurs. Déprime, goût de tout lâcher.

Un ami lui suggère d’essayer l’athlétisme. Bof... Ok, pourquoi pas. Arrive à un essai avec ses souliers Converse, ébahit tout le monde avec un temps sous les 11 secondes.

Un coach voit le potentiel et corrige son style tout croche. Le jeune attire l’attention d’un collège américain, pulvérise des records de la NCAA, signe un contrat de 11 millions $ avec Puma, et le voilà catapulté à Rio, deux médailles au cou déjà.

Tout ça pour une pénurie de joueurs de basket.

Une belle histoire que la sienne. Et elle ne fait que commencer.