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Brésil 2016

Le Canada remporte le bronze à la suite d'une disqualification

Agence QMI / Denis Poissant 

Publié | Mis à jour

Usain Bolt pourra se retirer des Olympiques en pleine gloire. Propulsé par ses jambes hors du commun, la «Foudre» a traversé la ligne d’arrivée avec quelques bonnes foulées d’avance, l’air serein, soulagé d’avoir réalisé son destin, vendredi soir à Rio.

Lui et la Jamaïque (37,27) ont remporté sans surprise le relais 4 x 100 m, permettant à la «Foudre» de réaliser son «triple triplé» historique (l’or en 2008, 2012 et 2016 dans le 100 m, le 200 m et le relais 4 x 100 m).

Bolt accomplit ainsi un fabuleux exploit, digne des plus grands athlètes de l’histoire, tous sports confondus.

Bolt n’arrête pas de fracasser tous les records.

Le Canada, qui avait terminé quatrième, a tout de même mérité le bronze en raison de la disqualification de l’équipe américaine.

Akeem Haynes, Aaron Brown, Brendon Rodney et Andre De Grasse, le dernier à s’exécuter, ont établi un record canadien avec un temps de 37,64 (l’ancien était de 37,69).

Le Japon a mérité l’argent (37,60)

Première depuis 1932

Avec une troisième médaille à Rio, De Grasse est devenu le premier Canadien à remporter trois médailles en athlétisme au cours des mêmes Jeux depuis 1932.

Il s’agissait également d’une première médaille dans le 4 x 100 m depuis l’or remporté à Atlanta en 1996.

«C'est incroyable de quitter les JO avec trois médailles à ma première expérience, a confié De Grasse. Je suis content pour mes coéquipiers parce qu'ils travaillent si fort. C'est un rêve qui devient réalité. On aurait aimé l'argent, mais tout ce qui compte c'est d'être sur le podium. C'est incroyable parce qu'on vient de le faire sur la scène la plus importante.»

Guerre psychologique

Un peu plus tôt, Bolt, 29 ans, et De Grasse, 21 ans, ont reçu leurs médailles du 200 m.

Les deux rivaux ont pris soin de ne pas échanger de regard. La guerre psychologique amorcée en demi-finale du 200 m se poursuivait, deux heures avant le coup de départ du relais.

Non, Bolt n’allait pas laisser un petit jeune issue d’une banlieue de Toronto, du haut de ses 5 pi 9 po, gâcher son dernier tour de piste olympique.

Quitte à avoir l’air hautain du haut de ses 6 pi 5 po.

Ça fait partie du jeu d’intimidation à ce niveau de compétition.

C’est pourquoi l’entraîneur du sprinteur canadien, après le 200 m, a parlé de déception. Stuart McMillan croit-il vraiment son protégé capable de dépasser Bolt? Peut-être pas. Mais en le disant, il voulait jouer dans la tête d’un Bolt vieillissant pour le déranger, et dans celle de De Grasse pour le forcer à repousser ses limites et gruger les quelques centièmes nécessaires à la victoire.

Ascension fulgurante

De Grasse a tout un avenir devant lui

Et dire que son ascension n’a pris que quatre ans!

Quand Bolt nageait déjà en pleine gloire après son deuxième triplé olympique à Londres, De Grasse, 17 ans, ne savait plus trop quoi faire de sa vie.

Son école secondaire en banlieue de Toronto avait abandonné le programme de basketball qu’il chérissait tant, par manque de joueurs. Déprime, goût de tout lâcher.

Un ami lui suggère d’essayer l’athlétisme. Bof... Ok, pourquoi pas. Arrive à un essai avec ses souliers Converse, ébahit tout le monde avec un temps sous les 11 secondes.

Un entraîneur voit le potentiel et corrige son style tout croche. Le jeune attire l’attention d’un collège américain, pulvérise des records de la NCAA, signe un contrat de 11 millions $ avec Puma, et le voilà catapulté à Rio avec trois médailles au cou.

Tout ça pour une pénurie de joueurs de basket.

Une belle histoire que la sienne. Et elle ne fait que commencer.

Moment unique

Pendant ce temps, celle de Bolt se termine dans la gloire absolue.

Il faisait 26 beaux degrés (c’est l’hiver à Rio, que voulez-vous...) au départ, à 22h43, heure locale.

Sur la piste bleue du Stade olympique pas tout à fait rempli (environ 50 000 personnes sur une capacité de 60 000), Asafa Powell a pris le départ pour la Jamaïque, suivi de Yohan Blake et Nickel Ashmeade.

Quand Bolt a pris le bâton, c’était magique. Tout le monde était debout pour assister à ce moment unique dans l’histoire du sport.

Bolt a réussi un exploit surhumain, neuf médailles d’or consécutives dans des épreuves de sprint.

Il a fait le tour de piste avec ses coéquipiers, le drapeau de la Jamaïque sur les épaules, tandis que les haut-parleurs jouaient Jammin, de Bob Marley.