De Grasse

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De Grasse remporte l'argent, Bolt obtient l'or

Publié | Mis à jour

Déjà une légende de son vivant, Usain Bolt a professé le désir d’entrer dans l’immortalité avec de nouveaux exploits aux Jeux olympiques de Rio.

Avec une huitième médaille d’or consécutive dans des épreuves de sprint, la «Foudre», victorieux jeudi soir au 200 mètres au Stade olympique de Rio en 19,78 s, s’est certainement assuré que son nom résonne longtemps à travers les âges.

Et le jeune Andre De Grasse, 21 ans, s’est fait un nom pour de bon dans le monde entier en raflant l’argent en 20,02, une médaille historique, la première pour un Canadien au 200 m depuis 1928 (Percy Williams, or) et sa deuxième des Jeux. On n’a pas fini d’entendre parler de lui.

Le Français Christophe Lemaire a obtenu le bronze (20,12).

Jamais inquiété

Sous une pluie fine, Bolt a démarré en force et a filé jusqu’à la victoire sans être inquiété. De Grasse a poussé la machine à fond derrière le maître. Pas peur de la pression, celui-là!

Savourant le moment, comme c’est son habitude, Bolt a fait un long tour de piste pour saluer ses fans sous la chanson «One Love» de Bob Marley.

Les flashs des caméras se faisaient aller par dizaines de milliers dans l’enceinte du stade, où plus de 50 000 personnes avaient pris place pour l’occasion.

Bolt tentera vendredi soir, avec l’aide de ses collègues jamaïcains, de compléter son «triple triplé» historique (l’or en 2008, 2012 et 2016 au 100 m, au 200 m et au relais 4 X 100 m).

Sans Bolt et De Grasse, la Jamaïque et le Canada ont passé sans problème la ronde des qualifications jeudi matin. De Grasse sera le dernier relayeur dans ce 4 X 100 m.

Bientôt De Grasse...

Tandis que tous les yeux du stade et de la planète étaient tournés sur Bolt, De Grasse, drapé du drapeau du Canada, a fait un tour de piste bien plus tranquille.

Un jour pas si lointain, ce sera sans doute lui, le centre d’attraction.

Un scénario d’Hollywood, son histoire. Quand Bolt nageait en pleine gloire après son deuxième triplé olympique à Londres, De Grasse, 17 ans, ne savait plus trop quoi faire de sa vie.

Son école secondaire en banlieue de Toronto avait abandonné le programme de basketball qu’il chérissait tant, par manque de joueurs. Déprime, goût de tout lâcher.

Un ami lui suggère d’essayer l’athlétisme. Bon, pourquoi pas? Il arrive à un essai avec ses souliers Converse et ébahit tout le monde avec un temps sous les 11 secondes.

Un entraîneur voit le potentiel et corrige son style tout croche. Le jeune attire l’attention d’un collège américain, pulvérise des records de la NCAA, signe un contrat de 11 millions $ avec Puma et le voilà catapulté à Rio, deux médailles au cou déjà.

Tout ça pour une pénurie de joueurs de basketball.

Une belle histoire que la sienne. Et elle ne fait que commencer.