Jacqueline Simoneau et Karine Thomas

Photo : Jacqueline Simoneau et Karine Thomas Crédit : AFP

Brésil 2016

Nage synchronisée : l'or aux Russes, Simoneau et Thomas septièmes

Louis Butcher / Le Journal de Montréal

Publié | Mis à jour

Elles quitteront le Brésil sans médaille au cou, mais elles auront tenu à livrer le message clair que la nage synchronisée doit évoluer.

Karine Thomas et Jacqueline Simoneau ont terminé septièmes mardi en duo, à la même position qu’elles occupaient avant le coup d’envoi de la finale réunissant les 12 meilleures nations de la spécialité.

Au même rang aussi qu’elles s’étaient classées à l’issue des deux programmes initiaux présentés plus tôt cette semaine. Au total, la récolte des deux Québécoises s’est établie à 179,8916 points.

Les Russes conservent leur titre

Natalia Ishchenko et Svetlana Romashina, couronnés à Londres il y a quatre ans, ont conservé leur titre olympique avec un total de 194,9910 points.

Le duo russe a été remarquable à tous égards, pour remporter l’or devant la Chine avec ses porte-couleurs Wenyan Sun et Xuechen Huang (192,3688).

Cette dernière et son ex-partenaire Ou Liu avaient terminé deuxièmes en 2012 dans la capitale britannique.

Les Japonaises Yukiko Inui et Risako Mitsui (188,0547) ont complété le podium, reléguant les Espagnoles (186,6357), médaillées de bronze à Londres devant les Canadiennes Marie-Pier Boudreau Gagnon et Élise Marcotte, à une décevante cinquième place.

La quatrième position est revenue aux Ukrainiennes Lolita Ananasova et Anna Voloshyna avec un total de 187,1358 points.

Peu importe le pointage

Par leur routine différente, les deux Québécoises ont voulu jouer le tout pour le tout sachant toutefois que les dés étaient pipés d’avance dans cette discipline jugée qui a semé son lot de controverses et de favoritisme au fil des ans.

C’était arrivé à Londres il y a quatre ans lorsque l’équipe canadienne – et ses huit athlètes dont faisait partie Thomas justement – méritait une place sur le podium.

«Honnêtement, pour nous, le pointage importait peu, a insisté l’athlète native de Gatineau. On sait que c’est un sport extrêmement subjectif.

«On souhaite juste que la nage synchronisée continue à évoluer sur sa façon de juger.»

Les deux filles ont joué la carte de l’audace et le public a apprécié.

«Je pense que ça valait le coup, a-t-elle renchéri. Si on retourne en arrière, on se dit qu’on aurait dû faire telle ou telle chose.

«Nous sommes contentes d’avoir présenté un côté différent de la nage synchronisée.

«Il a plusieurs façons de relever le sport, nous avons choisi de le faire ainsi. Notre pays est sur la bonne voie.

«On essaie de changer le sport, une routine à la fois, a-t-elle renchéri. Il faut défaire le moule de la nageuse synchronisée avec le pince-nez et les gros sourires vides.»

À 19 ans, Simoneau vivait quant à elle sa première aventure olympique.

«On a eu la chance de corriger des petites erreurs commises en préliminaires. Notre but, c’était de s’améliorer pour le dernier programme libre, ce qu’on a fait.»

Elle a expliqué que leur numéro élaboré sur le thème de la peine d’amour avait un fil conducteur qui passait par toute la gamme des émotions. De la tristesse à la colère.

Les premières à plonger

Les Canadiennes n’ont pas été favorisées par le tirage au sort puisqu’elles ont plongé les premières lors du dernier concours.

Les juges ont en effet tendance à être très conservateurs dans leur évaluation en lever de rideau.

«C’est certain que ce n’est pas la position idéale, a dit Thomas, mais ça ne nous a pas dérangées.

«Nous, on aime être parmi les premières. Regarder les autres avant de sauter dans l’eau, ça peut défaire notre momentum après un dernier entraînement.»

La fin de l’aventure olympique

Thomas avait déjà affirmé avant de se rendre à Rio qu’il s’agirait de ses derniers jeux. Son discours n’a pas changé à sa sortie de piscine.

«L’idée m’a traversé la tête que c’était bientôt la fin, a-t-elle affirmé, mais c’était important de ne pas y penser. Là, je commence à le réaliser, quoique je ne suis pas encore rendue à cette étape. Tout est encore trop frais et le processus n’est pas enclenché.

«Si je continue, ce sera pour une autre année, pas beaucoup plus, a-t-elle poursuivi. Je vais prendre quelques semaines pour faire le vide.»

Des sacrifices

L’idée de replonger dans l’aventure olympique pour un autre cycle de quatre ans ne lui sourit guère, après tous ces sacrifices qu’elle s’est imposés.

«J’ai 27 ans, a dit Thomas, je ne pense pas que j’ai cette volonté en moi. J’ai le goût d’avoir une vie, de me lancer dans un secteur qui n’est pas du tout dans le sport.»

L’entraîneuse en chef de l’équipe canadienne de nage synchronisée pense de son côté qu’il ne faudrait pas sauter aux conclusions trop rapidement.

Elle veut tenter de convaincre Thomas de revenir sur sa décision.

«Elle mérite une longue pause, a souligné Meng Chen, mais moi je ne veux pas fermer la porte pour de bon.

«Du reste, elles ont toutes deux été très bonnes. En tant qu’entraîneur, je cherche la perfection. Certains mouvements n’ont pas été exécutés parfaitement, mais dans l’ensemble, je suis très satisfaite.»