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Brésil 2016

Usain Bolt et son dauphin

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Le contraste était frappant en conférence de presse.

Usain Bolt fait 6 pi et 5 po, il parle beaucoup et il aime divertir l’audience. Andre De Grasse paraissait bien petit à ses côtés avec ses 5 pi et 9 po et il préfère les phrases courtes.

Ça n’empêche pas le sprinteur ontarien de faire maintenant partie du club des grands.

De Grasse a obtenu dimanche soir la première médaille olympique qu’il recherchait, même si le coureur de 21 ans aurait préféré mettre la main sur celle en argent à la place de ce vieux Justin Gatlin, déjà suspendu pour dopage, en finale du 100 mètres.

Gatlin, 34 ans, ne sera plus là aux Jeux de Tokyo en 2020 et Bolt n’y sera pas lui non plus. De Grasse deviendra alors le favori, ou du moins l’un des favoris, pour remporter l’or.

L’avenir passe par De Grasse

Bolt le voit d’ailleurs comme son dauphin, son successeur. Il n’y a toutefois qu’un seul Bolt, comme il n’y a qu’un seul Michael Phelps en natation.

«L’avenir de notre sport est entre bonnes mains avec un jeune comme De Grasse, a souligné le premier triple champion olympique du 100 m de l’histoire. C’est bien de voir ces jeunes qui veulent nous succéder.»

Le Canadien a esquissé un sourire timide en entendant le compliment de Bolt, qui aura 30 ans le 21 août.

«C’est gentil de sa part. Je tenterai d’être à la hauteur», a simplement dit le jeune homme qui semblait impressionné d’être assis aux côtés d’une légende, même s’il fut médaillé de bronze en 2015 aux Championnats du monde.

L’honneur de partager un moment historique

De Grasse avait 13 ans et il n’avait pas commencé à courir lorsque Bolt a remporté sa première médaille d’or aux Jeux de Pékin en 2008.

«J’avais regardé la course à la télévision, a-t-il mentionné. C’est fabuleux de me retrouver sur le podium dans une finale olympique qui marque l’histoire du sport. Je ne vivrai pas d’autres moments comme celui-là.»

De Grasse était surtout fier d’être devenu le premier médaillé canadien au 100 m depuis le titre olympique de Donovan Bailey en 1996. Pour parvenir à son but, il a dû établir une marque personnelle avec un temps de 9,91 s.

«Je suis heureux d’avoir mon nom dans les annales aux côtés du sien. Donovan a été un grand coureur et j’espère à mon tour triompher un jour aux Jeux olympiques, a dit celui qui ne savait pas qu’il était devenu le premier athlète masculin du Canada à remporter une médaille à Rio. J’étais trop concentré sur ma préparation.»

Sept hommes contre une machine

Ils étaient sept à essayer de battre une machine dimanche sur la piste du vaste stade olympique de Rio et la machine a encore une fois eu raison de l’homme.

«J’ai tout donné, a raconté De Grasse. Usain possède toutefois cette vitesse supplémentaire pour gagner les courses.»

«Bolt est un animal différent, une vraie bête. Je crois que je serai champion un jour, mais je devrai continuer de travailler très fort pour réussir à le battre.»

À son arrivée à Rio, De Grasse aimait ses chances de vaincre Bolt parce qu’il croyait que son rival n’était pas au sommet de forme, ayant dû soigner une blessure à une jambe. Il a vite pu constater que Bolt n’avait pas ralenti.

La vedette a tellement dominé sa demi-finale que Bolt a tourné la tête vers ses rivaux, dont De Grasse, avant de franchir la ligne d’arrivée, comme pour leur lancer: «où êtes-vous, messieurs?»