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Brésil 2016

Hugo Barrette : tout pour réussir

Publié | Mis à jour

Seul représentant canadien masculin inscrit aux épreuves de cyclisme sur piste des Jeux olympiques de Rio, Hugo Barrette a bien failli ne pas être présent au Brésil.

En octobre dernier, celui qui sera au départ du keirin mardi a subi un terrible accident à haute vitesse en entraînement préparatoire de la Coupe du monde de Cali, en Colombie. Or, s’il y a un homme qui croyait que le pistard reviendrait rapidement en selle pour se qualifier aux Jeux malgré le précieux temps perdu, c’est Yannik Morin, l’entraîneur qui a supervisé le travail de Barrette pendant huit ans jusqu’au printemps dernier. Mais encore, même à ses yeux, ce retour à la compétition l’a impressionné.

La relation professionnelle entre Barrette et Morin est née lorsque la Fédération québécoise des sports cyclistes a mis sur pied un programme de mentorat qui jumelait des athlètes de niveau international avec ceux de la relève.

Sprinteur de l’équipe nationale à l’époque, Morin avait alors été associé à Barrette.

«J’ai assisté à quelques-unes de ses courses et je lui ai donné des conseils. Quelques mois plus tard, il m’a demandé de commencer à l’entraîner et nous avons fait du travail à distance pendant toutes ces années.»

Catastrophe

À Cali, Barrette a fait une sortie de piste à près de 80 km/h et il a sectionné une barrière de métal pour aller s’écraser tête première dans les estrades.

«Je ne sais pas comment ça s’est passé. J’ai été extrêmement chanceux et ç’aurait bien pu être la fin. Je me souviens de quelques moments, mais après avoir été anesthésié pour une opération, je ne me rappelle plus vraiment de rien, ce qui n’est peut-être pas une mauvaise chose», avait mentionné l’athlète à Sportcom quelques jours après l’accident.

Morin, qui a participé aux Jeux olympiques de Salt Lake City en bobsleigh, s’est dit impressionné de la façon dont Barrette a surmonté cette épreuve.

«Physiologiquement, il avait peu de petits bobos et ce qui le propulse sur le vélo n’avait pas été touché. Ça aussi, en quelque part, c’est une chance. Oui, l’accident était une scène d’horreur, mais une fois que les cicatrices étaient refermées et que son cou bougeait un peu plus, il était de retour en Coupe du monde et a très bien performé. Je pense que cela lui a donné confiance en ses capacités. Il a su tourner tout cela en un élément positif.»

Morin n’entraîne plus Barrette depuis le printemps. Le vélodrome de Milton construit pour les Jeux panaméricains de Toronto accueille désormais l’équipe nationale et il n’avait pas l’intention de déménager en Ontario. Il assure que la passation des pouvoirs s’est bien faite avec l’entraîneur national Erin Hartwell.

«Nous avions une formule gagnante : j’ai recueilli beaucoup de données pour préparer les plans d’entraînement et c’est Hugo qui a fait la transition. Il (Hartwell) a appris à connaître le protocole que j’avais mis en place et il a su utiliser le meilleur de ce que je connaissais. On va connaître la suite bientôt.»

Le difficile jeu des prédictions

Le Québécois aura beau être au sommet de sa forme physique, cela ne se traduira pas automatiquement en un podium olympique. L’épreuve du Keirin est un sprint lancé après quelques tours de chauffe réalisés à accélération contrôlée par une moto de tête. Les cyclistes sont laissés à eux-mêmes dans les derniers tours et le positionnement est stratégique dans le peloton.

« C’est le keirin, tout est possible et on peut se permettre de rêver. Hugo doit arriver là avec une confiance en ses habiletés de performance», a soutenu Morin, qui croit que Barrette fait partie des prétendants au podium.

L’accélération en position assise exceptionnelle du Québécois pourrait être un atout important à cette épreuve.

«Ça lui permet d’accélérer sans avoir l’air menaçant pour les coureurs qui sont devant et ça crée un effet de surprise.»