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Brésil 2016

Une nouvelle marque pour Lalonde

Denis Poissant / Le Journal de Montréal

Publié | Mis à jour

C’était une matinée parfaite, un ciel sans nuage et 29 beaux degrés dans l’enceinte du magnifique Stade olympique de Rio déjà presque plein avec Usain Bolt qui allait faire son entrée deux heures plus tard, samedi.

À leur première expérience aux Jeux, certains athlètes auront la trouille devant une scène si grandiose, un enjeu si important.

Pas Geneviève Lalonde. Tout le contraire, en fait.

La coureuse du 3000 mètres haies en a même profité pour battre un record canadien (qui lui appartenait déjà) en avant-midi et mériter une place dans la finale qui aura lieu lundi matin à 10 h 15.

«L’atmosphère est incroyable ici, alors j’ai regardé autour, et je me suis dit : "t’as fait les Olympiques, vas-y!" Moi je m’amuse avec des courses comme ça», a confié la native de Moncton dans son accent acadien, avec un sourire accroché au visage peu de temps après sa belle performance.

Dans les gradins se trouvaient ses parents et son copain, un triathlète qui la voyait courir pour la première fois, car lui aussi se promène un peu partout pour participer à des compétitions.

Elle lui avait acheté des billets pour sa fête.

Un beau cadeau, car la coureuse de 24 ans a terminé quatrième de sa vague avec un excellent chrono de 9 min 30,24 s, presque deux secondes de moins que son meilleur temps en carrière (9:32,17) réalisé le 28 mai dernier à Eugene, en Oregon.

À la fin de sa course, elle ne savait pas encore qu’elle s’était qualifiée pour la finale, puisque seulement les trois premières de chacune des trois vagues y accédaient automatiquement. Son excellent chrono lui a ouvert les portes. Elle ne pouvait être plus heureuse.

«C’est un peu stressant parce qu’on était la troisième vague, donc on pouvait voir à la télé les temps des autres filles avant nous, a-t-elle raconté. On voyait le temps qu’il fallait battre pour se qualifier.»

Un bon départ

Lalonde a commencé en force, collée sur les meneuses pendant la majeure partie de la course.

«C’est ça, le 3000 m haies. Il faut être préparé pour tout. Moi, je suis restée dans le "mix". Je m’étais dit que si je me tenais dans les quatre premières, n’importe quoi pouvait arriver.»

«La course avait un bon rythme, les filles poussaient un peu partout. Dans le dernier 200 m, l’écart s’est agrandi entre moi et les trois premières.»

Puis, elle s’est dit, encore une fois: «je suis aux Olympiques!». Assez pour lui donner des ailes.

L’Éthiopienne Etenesh Diro est celle qui a fait le plus vibrer le stade malgré sa 13e place. Elle a perdu une espadrille à la mi-course et a continué à courir. La foule a apprécié.

«Ça m’est déjà arrivé, a dit Lalonde. C’est décevant, mais il faut bien attacher les souliers!»

«J’ai la chance de courir encore une fois contre les meilleurs du monde», a-t-elle conclu en se dépêchant pour rejoindre les siens. J’ai hâte d’aller les voir!»

Le record de la discipline est de 8:58,81 réalisé en 2008 par la Russe Gulnara Galkina-Samitova.