LNH

Roy : un drôle de timing

TVA Sports / Guillaume Theroux

Publié | Mis à jour

Un des aspects les plus surprenants du départ de Patrick Roy, un événement déconcertant en soi, est le timing de l’annonce du désormais ex-entraîneur-chef et vice-président des opérations hockey de l'Avalanche du Colorado.

Des bouleversements aussi marquants ne surviennent pas nécessairement au mois d’août sur la planète du hockey; du moins, pas derrière le banc.

Voyez le reportage d’Alexandre Régimbald sur le passage de Patrick Roy derrière le banc de l’Avalanche, dans la vidéo ci-dessus. 

Qu’a-t-il donc pu survenir pour provoquer une divergence entre la vision de Roy et celle de l’organisation, citée par l’ancien gardien de but de l’Avalanche et des Canadiens de Montréal pour expliquer l’abandon de ses fonctions?

À l’été 2014, Roy remportait le trophée Jack-Adams après la première campagne de sa carrière comme pilote de l’Avalanche; deux ans plus tard, il quitte le navire après deux saisons décevantes, mais pas nécessairement catastrophiques. L'Avalanche est d'ailleurs demeurée dans la course aux séries jusqu'aux dernières rencontres de la dernière campagne.

Roy a refusé d’élaborer davantage, mais un recensement des faits saillants de la fin de la campagne 2015-2016 et de la saison morte de l’Avalanche pourrait aider à élucider le mystère.

La célébration de la discorde

Le 3 avril dernier, l’Avalanche n’était pas encore exclue en vue des séries, mais venait d’encaisser un lourd revers de 5-1 aux mains des Blues de St. Louis au Pepsi Center. Le seul but des hôtes avait été l’œuvre de la vedette offensive Matt Duchene, pour réduire l’écart à 4-1 en troisième période.

Or, la célébration abusive de Duchene n’avait pas plus du tout à Roy et ce dernier l’avait laissé savoir, en plus d’écorcher son noyau de joueurs au passage.

«J’ai de la misère avec la réaction de Duchene après son but. C’est 4-0. Grosse célébration. Tu me niaises? Qu’est-ce que c’est que ça?

«Nous avons un bon leadership, mais pas assez en provenance de notre noyau. Ces joueurs n’ont pas prouvé qu’ils ont le leadership pour amener cette équipe à un niveau supérieur. Il faut l’admettre. J’aime mes gars, mais je pense que notre capitaine Gabriel Landeskog est pas mal tout seul.»

L'Avalanche allait subséquemment perdre les trois dernières parties de son calendrier régulier et dire adieu à une participation aux éliminatoires.

«Tu me niaises?!» - Roy - TVA Sports


La ligne bleue

Aux yeux de la plupart des experts, la brigade défensive de l’Avalanche avait besoin d’acquérir un gros défenseur sur le marché des joueurs autonomes le 1er juillet dernier ou essayer, à tout le moins.

Or, le directeur général Joe Sakic a annoncé avant même l’ouverture du marché qu’il ne procéderait pas à une signature majeure. Les gestes principaux posés par la haute direction de l’Avalanche : des prolongations de contrat pour le jeune attaquant vedette Nathan MacKinnon (7 ans, 44,1 millions $), qui n’aura donc pas eu à se contenter d’un ce ces fameux «contrats de transition» parfois accordés à des jeunes en développement, et le défenseur Tyson Barrie (4 ans, 22 millions $).

Roy aurait-il préféré garder une part de ces sommes comme argent de poche et le décerner à un joueur disponible sur le marché? C’est la supposition du Denver Post.

L’incertitude entourant Duchene

En date de la fin du mois de juillet, Duchene n’avait «aucune idée» s’il allait endosser l’uniforme de l’Avalanche au début de la saison 2016-2017 de la LNH.

En additionnant les rumeurs de transaction qui ont circulé au sujet du franc-tireur en novembre et la sortie de Roy contre son attaquant, on peut spéculer sur le potentiel de mésentente à propos de la place du numéro 9 dans l’organisation entre l’entraîneur-chef et la direction de l’Avalanche, qui ne s’est finalement jamais départie de Duchene.

Radulov à Montréal

Le nom de l’Avalanche du Colorado a fait surface quand est venu le temps de lister les équipes intéressées aux services de l’attaquant Alexander Radulov, qui avait annoncé son retour dans la LNH. C’est finalement les Canadiens qui ont mis la main sur l’attaquant russe.

Roy avait dirigé le controversé joueur russe chez les Remparts de Québec à l’époque où il dirigeait le club de la LHJMQ. Le tandem a tout cassé, remportant la Coupe Memorial ensemble en 2006.

Roy s’attendait-il à une méthode plus agressive de la part de l’Avalanche pour ramener Radulov dans son entourage? C’est ce qu’a cru comprendre l’expert de la chaîne TVA Sports Yvon Pedneault lors d’une discussion avec le principal intéressé.

Radulov : au centre du désaccord entre Roy et l’Avalanche? - TVA Sports


Du bruit autour de Landeskog

Landeskog est probablement l’un des joueurs les plus fiables de l’Avalanche. Roy a louangé son leadership. Pourtant, à la fin juin, le nom du jeune capitaine suédois faisait surface dans une rumeur propagée par le réseau TSN, qui rapportait que l’Avalanche et les Ducks d’Anaheim avaient entretenu des discussions au sujet de l’attaquant de 23 ans.