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Crédit : AFP

Brésil 2016

De Grasse aimerait imiter Bailey et Surin

Publié | Mis à jour

Après les succès des Canadiennes à la piscine, l’attention sera maintenant tournée vers les épreuves d’athlétisme au Stade olympique. Le Canada doit être pris au sérieux, ayant remporté huit médailles aux championnats du monde 2015 à Pékin.

«Le pays n’a jamais été représenté par une équipe aussi talentueuse en athlétisme aux Jeux olympiques», a affirmé l’entraîneur Peter Eriksson, qui refuse cependant d’entrevoir davantage que trois médailles, ce qui serait deux de plus que la récolte précédente à Londres.

Les attentes seront élevées à l’endroit du sprinteur ontarien Andre De Grasse.

L’athlète de 21 ans ne cache pas qu’il vise à remporter trois médailles à ses premiers Jeux, soit dans les épreuves de 100 et de 200 mètres, ainsi qu’au relais 4 x 100 mètres.

Le dernier sprinteur canadien à être monté sur le podium olympique fut Donovan Bailey, qui avait gagné le 100 m aux Jeux de 1996 à Atlanta, avant d’ajouter l’or au relais 4 x 100 m en compagnie de Bruny Surin, de Glenroy Gilbert et de Robert Esmie.

Surin est devenu un fan du jeune De Grasse et il le croit capable de causer des surprises en finale du 100 m dimanche soir à Rio, même si Usain Bolt sera le grand favori. Le Jamaicain tentera de réaliser le triplé de médailles d’or pour la troisième fois d’affilée aux Jeux.

Respect mutuel

De Grasse apprécie les bons mots de Surin.

«Je ne l’ai pas vu courir en 1996 puisque je n’avais que 2 ans, mais je sais que Donovan et lui ont marqué l’athlétisme canadien, a raconté l’athlète de Markham. Je veux être dans la même classe qu’eux. Bruny croit en moi. Je le respecte beaucoup.»

Sans être arrogant, De Grasse ne souffre d’aucun complexe. Il se croit capable de devancer Bolt et les autres grands noms comme Justin Gatlin et Yohan Blake, s’il est dans son meilleur jour.

Les rondes préliminaires du 100 mètres auront lieu vendredi.

«Il y a quatre ans, je regardais Bolt triompher aux Jeux de Londres sur mon téléviseur. Jamais je n’aurais cru à l’époque que j’allais avoir la chance de me mesurer à lui aux Jeux de Rio.»

De Grasse a connu une ascension qu’on peut qualifier de météorique depuis un an et demi.

Médaillé d’or aux 100 et 200 mètres l’été dernier aux Jeux panaméricains, il a ensuite obtenu la médaille de bronze aux championnats du monde à Pékin en établissant un record personnel de 9,92 secondes.

Il est le premier sprinteur canadien à courir sous les 10 secondes depuis l’époque Bailey-Surin.

Contrat sans précédent

Ses succès lui ont permis de décrocher, l’hiver dernier, un contrat de 11,25 millions de dollars américains du commanditaire Puma. Un contrat sans précédent pour un athlète qui faisait encore partie des rangs universitaires à ce moment-là.

Le manufacturier d’espadrilles a choisi de miser sur lui pour remplacer Bolt, qui en sera à ses derniers Jeux olympiques. De Grasse a aussi conclu une riche entente avec la compagnie Gillette.

Son agent Paul Doyle veille à ce que le jeune homme se montre prudent avec la gestion de cet argent déjà placé à la banque. De Grasse reçoit une allocation mensuelle et il ne fait pas de dépenses folles. Sa plus importante a été l’achat d’une Honda Accord!

Pression partagée

De Grasse aura donc beaucoup de pression sur ses épaules à sa première participation aux Jeux. Il a connu des hauts et des bas cette saison, étant ennuyé par des blessures. Il se sent cependant fin prêt à attaquer les Jeux.

«Je suis heureux que la pression ne repose pas juste sur moi dans le camp canadien, a-t-il dit. Derek Drouin et Shawn Barber sont champions du monde en titre. Brianne Theisen-Eaton est la favorite pour remporter l’heptathlon.

«Damian Warner visera lui aussi une médaille au décathlon, tout comme Melissa Bishop au 800 mètres. Le Canada mise sur une très forte équipe et j’entends bien être à la hauteur des attentes», a conclu De Grasse.

Hyacinthe blessée

Tel qu’annoncé dans le «Journal de Montréal» jeudi, la sprinteuse québécoise Kimberly Hyacinthe est forcée de rater les Jeux de Rio en raison d’une déchirure du quadriceps gauche subie le mois dernier.

«J’espérais être rétablie pour aller à Rio, mais je n’ai pas été en mesure de réaliser les temps exigés par l’équipe lors d’une évaluation subie mercredi à Toronto, a-t-elle expliqué. Le résultat aurait pu être différent, selon moi, si j’avais passé le test plus tard cette semaine. Cette blessure ne pouvait survenir à un pire moment. C’est une amère déception puisque j’avais aussi été forcée de rater les Jeux de Londres en raison d’un autre type de blessure.»