Canadiens de Montréal

«J’aimerais ça porter le chandail des Canadiens»

Agence QMI / Jean-François Chaumont

Publié | Mis à jour

Pierre-Luc Dubois n’oubliera jamais la date du 24 juin 2016. Ce soir-là, il fêtera ses 18 ans, mais il grimpera aussi sur l’estrade du First Niagara Center pour endosser l’uniforme de l’équipe qui le réclamera très rapidement au premier tour.

À la veille du repêchage de la LNH à Buffalo, Dubois dissimulait bien sa nervosité.

«Je ne pense pas avoir de la difficulté à dormir ce soir [jeudi], a raconté le colosse attaquant de 6 pi 3 po et 205 lb. Mais je me disais la même chose avant le repêchage de la LHJMQ et je n’avais pratiquement pas fermé les yeux de la nuit.»

À l’encan de 2014 de la LHJMQ, Dubois avait entendu son nom au cinquième rang par les Screaming Eagles du Cap-Breton. Deux ans plus tard, mais sur une bien plus grande scène, il devrait connaître sa prochaine destination vers le même rang.

Dubois ne patientera pas longtemps dans les gradins après les sélections du trio de tête, Auston Matthews, Patrik Laine et Jesse Puljujarvi.

Des recruteurs sondés par «Le Journal de Montréal», le Québécois sera réclamé entre le quatrième et le septième choix.

«Je n’en fais pas une obsession à sortir quatrième, sixième, septième ou dixième, a répliqué Dubois. Je veux plus tomber au sein de la bonne organisation. Ça ne dictera pas la carrière que je connaîtrai dans la LNH. Ce sera à moi de faire mon chemin.»

Dans la mire du CH

Ce n’est plus un secret. Marc Bergevin et Trevor Timmins cogneront à la porte des Oilers d’Edmonton (4e), des Canucks de Vancouver (5e) ou des Flames de Calgary (6e) afin d’améliorer leur choix au premier tour. En théorie, le CH parlera au neuvième rang.

Il n’y a pas juste en coulisses qu’on raconte le désir du Tricolore de frapper un grand coup au repêchage. Signe qu’il ne vit pas dans un monde parallèle, Dubois a aussi entendu parler des tractations à son sujet.

«Tout est possible, a-t-il affirmé. Il y a des rumeurs un peu partout. Mais moi, je ne me fais pas trop de scénarios dans ma tête. Il arrivera ce qui arrivera.»

«Oui, je trouve ça flatteur de savoir que le Canadien me surveille attentivement, mais mon but c’est de jouer dans la LNH et de connaître une longue carrière, peu importe où je me retrouverai.»

S’il a offert une réponse des plus classiques, le numéro 18 des Screaming Eagles a offert un beau sourire lorsqu’on lui a demandé s’il trouverait ça encore plus magique de vivre sa prochaine aventure à Montréal.

«J’aimerais ça porter le chandail du Canadien, a-t-il dit. Ils ont une très bonne organisation et des partisans incroyables. Il s’agirait d’un grand honneur.»

La question de la pression

Répertorié comme le plus bel espoir en Amérique du Nord, Dubois a rencontré 23 des 30 équipes pour des entrevues individuelles. Après les examens physiques au début du mois de juin à Buffalo, il a aussi pris l’avion pour Columbus et Calgary afin de discuter avec les dirigeants des Blue Jackets (3e) et des Flames (5e).

Des différentes rencontres, Dubois a gardé un bon souvenir de celle avec le CH.

«C’était une de mes bonnes entrevues avec le Canadien. Nous avons parlé de plusieurs sujets. Ils m’ont posé des questions sur la pression que je pourrais vivre si je me faisais repêcher par eux. Je n’hésitais pas à répondre, j’avais confiance. C’était fluide, ça sortait vite.»

Né dans un environnement de hockey avec son père Eric, un ancien choix de quatrième tour des Nordiques de Québec en 1989 et maintenant entraîneur adjoint avec l’Océanic de Rimouski, Dubois ne craindrait pas de faire ses débuts dans la LNH dans un marché bouillant comme celui de Montréal.

«J’ai un bon entourage et je suis fait fort mentalement. Je sais qu’il y aurait de la pression, mais il y en aura partout de la pression. Si tu veux devenir un très bon joueur dans la LNH et si tu veux soulever un jour la Coupe Stanley, tu devras apprendre un jour à jouer sous la pression. À Montréal, c’est une bonne place pour apprendre vite!»

Centre ou ailier?

À sa deuxième saison au Cap-Breton, Dubois a récolté 99 points (42 buts, 57 passes) en 62 matchs en plus de maintenir un différentiel de +40. Il a joué autant au centre qu’à l’aile gauche.

«J’ai joué comme un ailier pratiquement toute ma vie. Je suis un peu plus habitué à cette position. Mais j’ai aimé mes expériences au centre avec les Screaming Eagles. Je peux me développer pour devenir un bon centre dans la LNH.»

Un joueur de centre de 6 pi 3 po ou un ailier de 6 pi 3 po, ça ferait le bonheur des fidèles du Canadien. Mais, ce sera à Bergevin d’être imaginatif pour que ce scénario se concrétise.