Pittsburgh - San Jose

La dernière chance de Zubrus

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Au mois d’octobre, Dainius Zubrus croyait qu’il avait possiblement joué son dernier match dans la Ligue nationale de hockey (LNH).

Huit mois plus tard, le Lituanien de 37 ans participe à sa troisième finale de la Coupe Stanley, une première dans l’uniforme des Sharks de San Jose.

Il y a près de 20 ans, Zubrus avait expérimenté sa première finale. C’était à sa saison recrue dans la LNH en 1997 avec les Flyers de Philadelphie, l’équipe d’Eric Lindros, John Leclair, Mikael Rendberg, Rod Brind’Amour et Eric Desjardins.

«Je n’en garde pas un trop bon souvenir, les Red Wings nous avaient balayé en quatre matchs, a affirmé le grand ailier de 6 pi 5 po et 225 lb. Nous n’avions jamais passé proches de boire du champagne dans la coupe.»

Zubrus préfère se remémorer de la victoire des Flyers en cinq matchs cette année-là au premier tour des séries contre les Penguins de Pittsburgh.

«C’était contre Mario Lemieux avant sa première retraite, a-t-il rappelé. Ça fait très longtemps, mais je n’ai pas le sentiment que ça fait déjà presque 20 ans. Je m’aperçois que je deviens vieux quand je regarde mes enfants. Mon garçon est pratiquement aussi grand que moi.»

«Quand je dis aux plus jeunes dans l’équipe que je me souviens de mes matchs contre Mario Lemieux, ils répliquent souvent qu’ils avaient seulement deux ans à cette époque, a-t-il continué. Je trouve ça plus difficile.»

Quinze ans plus tard

En 2012, soit 15 ans après sa première visite en finale, Zubrus a ressenti une autre fois la douleur de la défaite. Les Devils du New Jersey avaient perdu en six matchs contre les Kings de Los Angeles.

«Quand tu vois les autres joueurs célébrés, ça te brise toujours le cœur, a lancé l’ancien ailier du Canadien. Avec les Devils, nous étions à deux victoires de gagner la Coupe Stanley.»

L’appel de Brodeur

À 37 ans, Zubrus n’a plus le même impact qu’à ses premières saisons dans la LNH. Avec les Sharks, il joue un rôle limité au sein du quatrième trio. Il a participé à 13 des 23 matchs des siens depuis le début des séries. Il n’a pas joué une seule rencontre au premier tour des séries contre les Kings. Une blessure à Matt Nieto lui a ouvert une porte.

En finale, la perte de Tomas Hertl lui a permis de réintégrer la formation après avoir regardé le deuxième match des gradins.

Mais Zubrus ne se plaint pas de son sort.

«Je joue encore au hockey, c’est parfait ainsi», a-t-il répliqué.

S’il roule encore sa bosse à San Jose, Zubrus le doit en grande partie à deux personnes : Martin Brodeur et Peter DeBoer.

«En début de saison, le téléphone ne sonnait pas, a-t-il souligné. Je pensais que c’était la fin pour moi. J’ai finalement reçu un appel de Martin Brodeur. Il m’a demandé si je voulais venir à St. Louis pour un essai professionnel puisque les Blues avaient plusieurs blessés.»

«Martin m’a permis de revenir sur la carte. Les gens ont compris que je voulais toujours jouer. Je n’ai pas réussi à jouer un match avec les Blues, mais j’ai possiblement ouvert les yeux d’une autre équipe, les Sharks.»

Avec les Sharks, Zubrus a renoué avec son ancien entraîneur en chef chez les Devils.

«Peter me connaît par cœur, a-t-il mentionné. Il est la principale raison de mon retour. J’ai accepté une invitation au départ et j’ai fini par signer un contrat quelques jours plus tard. J’ai toujours eu une bonne relation avec lui au New Jersey.»

Après avoir paraphé un contrat d’un an à la fin du mois de novembre, Zubrus a joué 50 matchs avec les Sharks, récoltant 7 points (3 buts, 4 passes).

Au lendemain d’une victoire de 4-2 lors du cinquième match, les Sharks vivent toujours d’espoir contre les Penguins malgré un retard de 3-2 dans la série.

«Il n’y a rien d’impossible», avait lancé le sympathique ailier à quelques heures du cinquième match.