Pittsburgh - San Jose

De mal-aimé à candidat pour le Conn-Smythe

Agence QMI / Jean-François Chaumont

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Sidney Crosby a une bonne mémoire. Il se souvient de sa première conversation avec Phil Kessel, peu de temps après son départ des Maple Leafs pour les Penguins de Pittsburgh.

À Toronto, on racontait que les Leafs ne gagneraient jamais avec Kessel. C’était la même histoire à ses premières années dans la Ligue nationale de hockey avec les Bruins.

Il n’avait pas le caractère pour transporter une équipe sur ses épaules. Les murmures avaient fait le tour de la LNH depuis longtemps.

«J’ai parlé à Phil après la transaction, a rappelé Crosby à la veille du cinquième match au CONSOL Energy, mercredi. Nous savions sa situation à Toronto. Il avait besoin d’un nouveau départ. À son arrivée à Pittsburgh, Phil a perdu une tonne de pression sur ses épaules. Nous étions excités à l’idée de le voir aboutir à Pittsburgh et je sais qu’il ressentait la même chose.»

Près d’un an après la transaction, Kessel ressemble à un homme libéré. Dans l’ombre de Crosby, Evgeni Malkin et Kristopher Letang, l’Américain se fond plus facilement dans le décor. Il n’a pas à jouer le rôle principal.

Le même joueur

À l’aile droite de l’un des meilleurs trios depuis le début des séries avec Nick Bonino et Carl Hagelin, le mal-aimé des partisans des Maple Leafs domine les Penguins pour les buts (10) et les points (21). Encore plus important, il est à une seule victoire seulement de graver son nom pour une première fois sur la coupe Stanley.

«Je ne pense pas que je suis un joueur différent de l’an dernier, a dit Kessel après un entraînement au UPMC Lemieux Complex à Cranberry, en banlieue de Pittsburgh. Je joue encore de la même façon. J’ai toujours joué de cette façon. Je cherche juste à aider mon équipe.»

S’il n’a rien d’une personnalité flamboyante devant les micros, le numéro 81 a admis qu’il vivait des jours heureux dernièrement.

«C’est incroyable comme expérience, a-t-il souligné. C’est un gros changement pour moi, je n’avais pas connu un aussi long parcours en séries depuis mes débuts dans la LNH. C’est spécial pour moi.»

Avant d’aboutir à Pittsburgh, Kessel n’avait participé aux séries qu’à trois reprises, deux fois avec les Bruins (2008 et 2009) et une fois avec les Leafs (2013). À sa première danse printanière avec les Penguins, il pourrait en ressortir avec la Coupe et le trophée Conn-Smythe.

«Je ne pense pas à ça, a-t-il répliqué rapidement. Je veux juste gagner et nous avons encore un petit chemin à parcourir.»

Le grand coup

Le 1er juillet dernier, date de l’échange entre Toronto et Pittsburgh, Crosby et Letang savaient que Jim Rutherford ajoutait un ailier de valeur à l’équipe, mais ils n’avaient pas encore pleinement conscience de son impact.

«Je ne veux pas prétendre que je savais que Phil représentait le morceau manquant pour notre attaque, a expliqué Crosby. Quand tu regardes son jeu en séries, tu peux simplement en conclure qu’il est un morceau très important de notre casse-tête. Jim a fait plusieurs transactions pour améliorer l’équipe. C’était l’une de ses priorités l’été dernier d’acquérir Kessel. Je suis persuadé que plusieurs équipes cognaient à la porte des Maple Leafs pour obtenir ses services.»

«Quand tu regardes à travers dans la LNH, il y a plusieurs transactions et souvent ça ne fonctionne pas, a renchéri Letang. Quand je jouais contre Toronto, je me méfiais toujours de Kessel. J’avais toujours peur de sa vitesse et de son tir. Il ne perdra pas sa touche de marqueur. Je ne suis pas surpris de le voir connaître autant de succès en séries. Il veut autant gagner que tout le monde.»

D’ici les prochains jours, Kessel risque de boire du champagne dans le gros saladier. Et à Toronto, les fidèles des Leafs rappelleront que leur équipe payera 1,2 million $ de son salaire annuel de 8 millions $ jusqu’à la fin de la saison 2021-2022.