Pittsburgh - San Jose

Burns: l’homme derrière la barbe

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Un homme des cavernes. Le Chewbacca du hockey. Brent Burns détonne dans un monde parfois trop conservateur avec son immense barbe, ses nombreux tatouages et son amour pour les serpents. Mais il est bien plus qu’un excentrique.

«J’ai répondu des dizaines de fois à des questions sur mon apparence physique depuis plusieurs mois, mais je vis bien avec moi-même, a dit le défenseur des Sharks de San Jose en se frottant la barbe et en montrant son sourire édenté. Je trouve que ça ne sert à rien de faire réparer mes dents. Je le ferai à me retraite. Et pour la barbe, je ne pouvais pas en avoir une quand j’étais plus jeune. Je me rattrape aujourd’hui.»

Marc-Édouard Vlasic, Joel Ward, Paul Martin et Dainius Zubrus ont cherché à démystifier le personnage. Si le mot «unique» revenait souvent, ils ont tour à tour décrit Burns comme un remarquable coéquipier et un immense morceau du casse-tête des Sharks.

«Il est très gentil, mais c’est comme si personne n’avait déjà vu une barbe dans sa vie, a affirmé Vlasic avec le sourire. Tout d’un coup, il passe pour un extraterrestre, puisqu’il a une immense barbe. Tout le monde ici à des barbes, mais Burns attire plus l’attention.»

Vlasic refuse de lui coller l’étiquette d’un personnage étrange.

«Non, il n’est pas bizarre, a-t-il répliqué. Il a des serpents, mais plusieurs personnes ont des serpents chez eux. Il a des tatouages, mais il y a plusieurs personnes avec des tatouages. Il a une barbe, mais il y a plusieurs personnes avec des barbes. Lui, il a les trois ingrédients ensemble. Pour cette raison, on croit qu’il est étrange.»

Un immense compétiteur

À sa première saison à San Jose, Ward a renoué avec un vieux coéquipier en Burns. À sa saison initiale dans la Ligue nationale (LNH), en 2006-2007, Ward avait joué 11 matchs en compagnie de l’Ontarien avec le Wild du Minnesota.

«Il n’avait pas encore développé son personnage à cette époque, s’est rappelé l’ailier droit des Sharks. Aujourd’hui, je peux dire qu’il est un oiseau rare. Mais sur le plan hockey, j’ai rarement vu un compétiteur comme lui. Tu peux être assis sur un divan et jouer au Xbox contre lui et il cherchera absolument à te battre, peu importe le jeu.»

«Sa barbe, ses tatouages, ses dents manquantes et ses cheveux font de lui un drôle de spécimen, a-t-il enchaîné. Il a aussi des complets plus bizarres que les miens. Mais c’est Brent Burns. Il est une bonne personne.»

Un candidat au Norris

Partenaire de Burns à la ligne bleue, Martin a appris à connaître l’homme derrière la barbe.

«Il est l’un des plus excentriques, mais il pense toujours en fonction de l’équipe, a raconté l’ancien des Penguins de Pittsburgh. Il veut gagner à tout prix, c’est ce que j’aime de lui. Il a enfin reçu la reconnaissance qu’il mérite cette saison avec sa sélection au sein d’Équipe Canada, mais surtout sa place comme finaliste pour le trophée Norris.»

Au sommet

Étant dans la LNH depuis la saison 1996-1997, à sa 19e campagne et à sa sixième équipe, Zubrus a partagé des vestiaires avec une multitude de joueurs.

«En près de 20 ans, j’ai croisé plusieurs coéquipiers étranges, a-t-il lancé. Je peux dire sans me tromper que Brent fait partie de mon top 3. Pour l’aspect unique, il est au sommet de ma liste. Ce n’est toutefois pas négatif.»

«J’ai découvert son immense talent cette année. Il a des qualités athlétiques remarquables. Il joue à San Jose depuis longtemps et je me retrouvais dans l’Est depuis plusieurs saisons. Je n’avais pas la chance de le voir régulièrement. Quand les Sharks jouaient, je dormais. Depuis que je le vois sur une base quotidienne, je suis renversé par son talent.»

Zubrus a rappelé un fait important.

«Il n’y a pas si longtemps, il se faisait encore déplacer d’un poste d’ailier à un poste de défenseur. Cette saison, il est candidat pour le Norris. Tu ne vois pas cela souvent.»

Burns, Drew Doughty et Erik Karlsson sont les trois finalistes pour le Norris.

En 82 matchs cette saison, le colosse de 6 pi et 5 po et 230 lb a amassé 75 points (27 buts, 48 aides), mais il a maintenu un dossier de -5. Depuis le début des séries, il trône au sommet des marqueurs chez les défenseurs avec 22 points, dont six buts, en 19 rencontres.