Pittsburgh - San Jose

Thornton s'apprécie à sa juste valeur

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Joe Thornton et Patrick Marleau partagent plusieurs points en commun. Ils ont chacun gagné la médaille d’or aux Jeux olympiques avec Équipe Canada, ils ont chacun joué plus de 1300 matchs et obtenu plus de 1000 points dans la Ligue nationale de hockey (LNH). Mais ils n’ont jamais gravé leur nom sur le plus précieux des trophées, la Coupe Stanley.

Thornton et Marleau ont longtemps trainé la réputation de perdant. Ils servaient de bouc émissaire pour les insuccès des Sharks en séries. En coulisses, on racontait que cette équipe ne gagnerait jamais avec eux.

Au sein même de l’organisation, ils en ont aussi subi des conséquences. Capitaine de 2004 à 2009, Marleau a perdu sa lettre au profit de Rob Blake pour la saison 2009-2010.

Capitaine de 2010 à 2014, Thornton s’est fait dépouiller de son titre l’an dernier. Après une saison de transition avec uniquement des adjoints en 2014-2015, Joe Pavelski a maintenant le «C» sur son chandail.

D’ici les prochains jours, Thornton et Marleau auront l’occasion de corriger cette réputation.

«Sans la Coupe Stanley, ils sont déjà des gagnants, a affirmé le défenseur Marc-Édouard Vlasic au sujet de ses deux coéquipiers. Ils ont remporté des titres à plusieurs niveaux. J’ai toujours trouvé ça injuste les critiques contre eux. Les gens ont une fausse perception de leur valeur.»

De glace face aux attaques

En cette journée consacrée aux médias au CONSOL Energy de Pittsburgh, Thornton a parlé pendant plusieurs minutes. Détendu et souriant, il caressait souvent son immense barbe, signe d’un long parcours en séries.

Celui qu’on surnomme «Jumbo Joe» ne perd pas le sommeil avec les critiques.

«Les gens qui me connaissent savent que ça ne m’affecte pas, a-t-il répliqué calmement. Je sais que je suis un grand joueur. Nous misons sur une bonne équipe. La réalité c’est que ça prend 20 joueurs pour gagner, pas seulement deux ou trois. Nous en sommes une belle preuve cette année.»

Malgré ses 36 ans, Thornton a encore l’étoffe d’un grand joueur. En 82 matchs cette saison, il a récolté 82 points (19 buts, 63 passes) et il a maintenu le même rythme en séries avec 18 points (3 buts, 15 passes) en 18 rencontres.

Questionné à savoir s’il a déjà vu la Coupe Stanley de près, le centre de 6 pi 4 po et 220 lb a offert la réponse suivante.

«Oui, elle est magnifique. Je suis allé souvent au Temple de La Renommée. C’est le trophée le plus difficile à gagner et c’est le plus beau.»

18 ans plus tard

Les Sharks ont patienté 25 ans avant de participer pour une première fois à la finale. Pour Marleau, l’attente aura été de 18 ans.

«Je rêve à ce jour depuis plus de 18 ans, j’y rêve depuis que je suis un enfant, a rappelé Marleau avec un grand sourire. Ce serait vraiment spécial de la soulever après un aussi long chemin. C’est long 18 ans dans la LNH et 18 ans à San Jose, mais je ne changerais rien à mon parcours.»

Une coïncidence

Au repêchage de 1997, les Bruins de Boston avaient fait de Thornton le premier de classe. Marleau avait immédiatement suivi en endossant l’uniforme des Sharks.

«Je me souviens parfaitement de ce jour et je trouve qu’il s’agit d’une belle coïncidence puisque le repêchage avait eu lieu à Pittsburgh, a mentionné Marleau. J’espère revivre de grandes émotions dans cette ville.»

Voyez les commentaires de Thornton dans la vidéo ci-dessus.