Hunter

Crédit : Mike Hensen/The London Free Pres

Coupe Memorial 2016

Le courrier agricole des entraîneurs en chef

Publié | Mis à jour

Pour quelques minutes, jeudi, le hockey a cédé sa place à l’agriculture! Rien de surprenant puisque trois des entraîneurs-chef actifs au tournoi de la Coupe Memorial ont grandi à la ferme pendant que le quatrième, Kelly McCrimmon dirige les rois du blé!

Dale Hunter et ses frères ont pris le relais de leur père sur la ferme familiale maraîchère et céréalière.

Brent Sutter et ses frangins sont des éleveurs bovins alors que le père de Gilles Bouchard, Maurice, maintenant âgé de 90 ans, a autrefois été propriétaire d’une exploitation laitière à Normandin.

«Mercredi soir, nous en avons profité pour parler de soya, de canola et de blé», a mentionné Brent Sutter, l’hôte impromptu d’une fête privée avec ses homologues au terme de la conférence de presse des entraîneurs.

«Nous partageons le même vécu familial même si nos exploitations sont différentes. Chez nous, on sème au printemps, on récolte à l’automne et pendant l’hiver, on peut se concentrer sur le hockey. Chez les Sutter, les animaux doivent manger et ils font aussi d’autres choses, douze mois par année! Les éleveurs de bétail n’ont pas de temps morts et ils travaillent sûrement beaucoup fort que nous», a précisé Dale Hunter.

«Qu’importe le champ d’activités, les agriculteurs travaillent tous forts et ils ne reçoivent pas toujours le crédit qui leur revient. N’oublions pas que nous mettons de la nourriture sur la table des Canadiens», a plaidé Sutter.

Sur le tracteur à six ans

Bouchard se souvient fort bien que les moments de loisirs passaient après les tâches essentielles au bon fonctionnement de la ferme.

«J’ai commencé à travailler très tôt durant mon enfance et je crois que j’ai eu le droit de conduire le tracteur quand j’avais six ans.

C’était la mentalité (rurale) de l’époque. Y’en avait pas de trouble! On te faisait confiance et tu apprenais à te débrouiller», assure le pilote des Huskies.

«Sur une ferme laitière, tu accomplis toutes sortes de tâches. C’est exigeant mais je suis content d’avoir vécu ça. Mon père a vendu la ferme quelques années plus tard et j’ai ensuite travaillé pour les voisins.»

En jetant un regard sur les pâturages bordant Red Deer, Bouchard se sent presque chez lui.

«Je suis en région partout où je vais. À Rouyn-Noranda, certains disent que c’est loin. Pas moi, j’ai été élevé à la campagne! Je comprends qu’il y aurait une certaine adaptation pour un gars de la ville qui viendrait coacher les Huskies, mais moi, j’ai été très à l’aise dès le départ (il y a trois ans).»

Des bras en masse

Les familles Sutter et Hunter comptaient sur plusieurs garçons pour mettre l’épaule à la roue.

«Durant notre jeunesse, nous jouions au hockey mais nous avions beaucoup d’autres besognes à accomplir. Les tâches à la ferme forgent l’éthique de travail. Ça aide d’avoir plusieurs frères», assure Hunter.

«Les familles Hunter et Sutter ont beaucoup de points en commun», confirme Sutter.

Quelques combats

Au fil de leur longue carrière dans la LNH, Hunter a disputé 1593 matchs durant deux décennies à Québec, Washington et au Colorado.

Brent Sutter a revêtu l’uniforme 1255 fois chez les Islanders et les Blackhawks. Ces deux joueurs de centre ont parfois eu des arguments corsés sur la patinoire et les gants sont tombés à quelques reprises entre ces fougueux athlètes.

«Des Sutter, il y en avait beaucoup dans la Ligue nationale! Ces événements ont été causés par l’incompréhension et le manque de communication. Nous sommes tous de fiers compétiteurs!», a badiné Dale Hunter qui a passé près de 4300 minutes en carrière au cachot.

«Dale n’était pas seulement un joueur fougueux ("tough customer"). On s’est affronté souvent dans le cercle de mises en jeu. Il avait le feu dans les yeux mais c’était un excellent joueur.

De l’espionnage familial

Dave Hunter vit en Alberta depuis la fin de sa carrière et il a servi de dépisteur aux Knights ce printemps.

«Dale vit toujours à Edmonton où il possède une entreprise. Il a surveillé quelques matchs de la WHL pour nous ce printemps. Les Rebels ont fait de même car j’ai aperçu Richie (Sutter) durant quelques-uns de nos matchs éliminatoires», a mentionné Dale Hunter.

À propos d’espionnage, Kelly McCrimmon a été aperçu dans les gradins du Enmax Centrium durant la séance d’entrainement des Huskies. «Je l’ai vu mais nous, on s’occupe de nos bebelles!», a dit Bouchard.