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St. Louis - San Jose

Upshall n’a pas oublié Fort McMurray, ni Québec

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Participant à la finale de l’Association de l’Ouest avec les Blues de St. Louis, Scottie Upshall n’a pas la tête seulement au hockey.

Les feux de forêt ravageant sa ville natale de Fort McMurray ont failli emporter une pièce importante de ses souvenirs: la bannière commémorant le titre de son équipe au tournoi pee-wee de Québec.

Dans un texte diffusé mercredi sur le site «The Player’s Tribune», l’attaquant a évoqué les moments angoissants vécus au moment où le désastre touchant sa communauté a pris de l’ampleur. Upshall a aussi relaté l’une de ses pires craintes, à savoir la destruction de l’aréna où il patinait durant sa jeunesse.

L’édifice contient la bannière du championnat que la formation de Fort McMurray avait décroché au Colisée en 1997. Heureusement pour le hockeyeur, le feu a épargné la bâtisse.

«Je n’oublierai jamais les voyages passés dans le camion de mon père en rêvant de jouer devant des milliers de personnes à Québec, au même tournoi où les (Wayne) Gretzky et (Mario) Lemieux détiennent toujours des records, a-t-il admis. Nous allions probablement être annihilés dès le premier match, mais ça importait peu. Nous devions nous diriger dans la Mecque du hockey.»

Partir de loin

Aux dires d’Upshall, la formation pee-wee de Fort McMurray est partie de loin à l’époque.

«L’automne précédent (le tournoi), tous les jeunes avaient écrit des lettres aux organisateurs pour les convaincre d’accepter notre petite équipe située au milieu de nulle part en Alberta. (...) Nous avions écrit en français; ce n’était pas un français fameux, mais on se disait que c’est l’intention qui comptait», a-t-il spécifié.

«Le problème, c’est qu’il fallait 41 heures de route pour se rendre là. Envoyer tout le monde dans un avion et réserver des hôtels, c’était excessivement cher. (...) Pour obtenir des fonds, on a vendu des bouteilles vides, a-t-il poursuivi. Les jeunes faisaient du porte-à-porte en demandant aux résidents leurs bouteilles. (...) Parfois, on amassait environ 2000 $ par jour.»

Pour ce qui est de la compétition, elle s’est mieux déroulée que prévu.

«On se disait qu’on allait probablement se faire démolir par une équipe de Montréal ou de Russie avant de s’en retourner chez nous. Mais, nous n’avons pas perdu notre premier match, ni notre deuxième. On a fini par gagner sept fois d’affilée et ramener le titre à la maison, a-t-il émis. En finale, on a affronté l’une des grosses formations locales. Il y avait 16 000 partisans dans le Colisée et chacun d’eux, à part les membres de nos familles, était contre nous.»

«En troisième période, on tirait de l’arrière 3-1. Pour plusieurs, ceci aurait été sans espoir, mais pas pour nous. Ne comptez jamais ma ville pour battue», a-t-il résumé, faisant l’analogie avec le combat que doivent livrer les citoyens de Fort McMurray.