Tampa Bay - Pittsburgh

Rutherford a encore la touche

Publié | Mis à jour

Qui a dit qu’il était impossible de faire des transactions dans la Ligue nationale de hockey d’aujourd’hui?

Pendant qu’à Montréal, Marc Bergevin nous rebat les oreilles avec cette rengaine déjà usée, chez les Penguins de Pittsburgh, Jim Rutherford ne semble pas avoir de difficulté à trouver des partenaires d’affaires.

Pas moins de 10 joueurs de la formation régulière des Penguins, qui s’apprête à affronter le Lightning de Tampa Bay en finale de l’Association de l’Est, portaient un autre uniforme du circuit Bettman lorsque le vénérable directeur général s’est amené à la barre de cette organisation le 6 juin 2014.

Dix joueurs! La moitié de l’équipe! De ce nombre, sept ont été acquis par voie de transaction, alors que les trois autres ont été ajoutés via le marché des joueurs autonomes.

«C’est vrai que ce n’est pas évident dans cette ère du plafond salarial, a reconnu Rutherford. Mais avec un peu de créativité, on y arrive.»

«Prenez par exemple notre transaction avec Chicago. Nous avons dû retenir une partie du salaire de Rob Scuderi [échangé en retour de Trevor Daley] pour qu’elle soit conclue», a raconté le directeur général de Penguins.

L’homme de 67 ans a également admis que la malchance de Pascal Dupuis avait fini par profiter aux Penguins.

«Si ce malheur n’avait pas frappé Dupper, nous n’aurions pas pu retirer son salaire de notre masse salariale. Alors, j’aurais eu beaucoup moins de latitude pour faire ces acquisitions.»

Profondeur et leadership

Et on ne parle pas d’acquisitions mineures. Les trois membres du trio de l’heure des Penguins, celui de Nick Bonino, Carl Hagelin et Phil Kessel, appartiennent tous à cette concession depuis moins d’un an.

Idem pour les joueurs de soutien Matt Cullen et Eric Fehr, ainsi que pour le défenseur Trevor Daley.

Même Patric Hornqvist et Conor Sheary, les deux compagnons d’armes de Sidney Crosby, n’ont pas grandi dans le système des Penguins.

«Je trouvais important d’avoir un équilibre au sein de notre formation. Je souhaitais également ajouter une bonne dose de caractère. Sid est un excellent meneur, mais plus tu as de leaders au sein d’une équipe, plus il est facile de surmonter des épreuves», a indiqué Rutherford à propos de tous ces mouvements de personnel.

Deux journées désastreuses

Si on s’est gratté la tête en se demandant si l’ancien DG des Whalers et des Hurricanes n’avait pas perdu la touche lorsqu’il a envoyé Simon Després à Anaheim en retour de Ben Lovejoy, en mars 2015, on ne peut qu’admettre qu’il a su prouver le contraire.

«La date limite des transactions et le 1er juillet sont deux journées vouées au désastre. J’ai appris ma leçon en voulant sacrifier de l’avenir pour du présent», a indiqué Rutherford, en parlant de la transaction impliquant Després.

Voilà au moins un point sur lequel Bergevin et lui sont en accord.