Sports d'hiver

Québec ne sera pas candidate pour les Jeux de 2026

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La flamme olympique ne brûlera pas à Québec en 2026. Loin d’être convaincu que la Ville avait des chances réelles d’être sélectionnée, Régis Labeaume a mis fin au suspense en annonçant que Québec ne sera pas candidate.

Après avoir ravivé le rêve olympique chez certains, à la fin mars, le maire l’a enterré une fois pour toutes, au terme d’une réflexion de quelques semaines. Il a transmis une lettre au président du CIO, Thomas Bach, jeudi matin, pour l'informer de sa décision.

Incapable d’avoir la certitude que la Ville de Québec aurait d’«excellentes chances» de l’emporter, une condition essentielle à ses yeux, le maire a préféré tirer un trait sur le projet. «On ferme ce dossier-là», a-t-il dit en conférence de presse jeudi après-midi.

«Je ne suis pas capable de dire aux citoyens de Québec qu’on a d’excellentes chances de gagner, a-t-il ajouté. On ne va pas là en loser. Si je ne suis pas capable de répondre oui, on ne mettra pas d’argent là-dedans.»

Perdu d’avance contre la Suisse?

L’appui de plusieurs membres influents du CIO pour une candidature suisse en 2026 a motivé son forfait. Les présidents Gian-Franco Kasper (Fédération internationale de ski) et René Fasel (Fédération internationale de hockey sur glace) font notamment partie d’une «task force» mobilisée pour la Suisse, a-t-il exposé.

Même si le président du CIO, Thomas Bach, qu’il a rencontré à Lausanne en avril dernier, l’a assuré de la «neutralité» du processus, le maire dit conserver certains doutes à la lumière des discussions qu’il a eues avec divers acteurs des milieux sportifs lors de sa mission en Suisse.

Malgré la bonne volonté de M. Bach, qui veut réformer le CIO pour la tenue de jeux modestes, il faudra du temps pour changer les traditions et la dynamique avec les fédérations sportives, a fait valoir le maire. Il a comparé l’exercice aux réformes du pape François que les cardinaux «ne suivent pas».

«L’analyse, c’est qu’il y a du bruit sur la ligne et que dans ces circonstances-là, on n’a pas d’excellentes chances de gagner», a réitéré le maire, assurant que la décision n’avait rien à voir avec les critiques de la population sur les risques financiers d’un tel projet. La candidature de Québec, affirme-t-il, aurait été «révolutionnaire au niveau du contenu, mais surtout du coût».

Le chef de l’opposition Paul Shoiry s’est réjoui de l’abandon du projet olympique. «La population va être contente. On doit oublier les Olympiques», a-t-il réagi dans les minutes suivant le point de presse du maire Labeaume, à l’hôtel de ville.

Avec la collaboration de Taïeb Moalla et Marc-André Gagnon

CE QU'ILS ONT DIT

«Nous soutenons sa décision à 100 %.»
- Philippe Couillard, premier ministre du Québec

«On a appuyé M. Labeaume dans sa démarche et on l’appuie aussi dans sa conclusion.»
François Blais, ministre responsable de la Capitale-Nationale

«Le maire de Québec prend la seule décision plausible pour les intérêts de la Ville. Il n’y avait pas d’appétit à Québec pour ça. Les gens, à raison, craignaient beaucoup plus les coûts et les fiascos financiers que les retombées positives. L’histoire récente tend à leur donner raison.»
- Éric Caire, porte-parole de la CAQ pour la Capitale-Nationale