NHL: Stanley Cup Playoffs-New York Islanders at Tampa Bay Lightning

Crédit : USA Today Sports

Tampa Bay - New York Islanders

Jonathan Drouin revient de loin

Publié | Mis à jour

Lorsqu’un athlète passe par un long purgatoire, il est normal qu’il fasse preuve de prudence dans ses propos lorsque les choses vont mieux.

C’est le cas de Jonathan Drouin, qui a récolté huit points en autant de matchs éliminatoires et qui est revenu dans les bonnes grâces de son entraîneur-chef, au point que Jon Cooper parle de lui comme étant «un joueur très plaisant à diriger».

C’est bien la preuve que les choses peuvent changer très vite au hockey!

Drouin part de loin lorsqu’on pense qu’il a passé 52 jours chez lui au cours de l’hiver en se demandant si Steve Yzerman allait l’échanger.

Aujourd’hui, on dit qu’il est le meilleur attaquant dans le camp du Lightning et ses coéquipiers apprécient beaucoup sa présence.

«Le Journal de Montréal» a rencontré le joueur de 21 ans après la séance d’entraînement du Lightning en vue du match de vendredi soir à Brooklyn. Tampa tentera de prendre les devants 3-1 dans la série.

La tête un peu basse

Drouin était étourdissant lors de cet entraînement qui s’est tenu au Prudential Center au New Jersey.

Il patinait à vive allure, y allant de belles feintes et de puissants tirs. Il ne ressentait visiblement aucun effet de la très dure mise en échec qu’il a encaissée lors du dernier match.

Seule une marque rouge au visage pouvait témoigner de l’impact. Thomas Hickey l’a frappé comme un train.

Drouin a souri timidement lorsqu’on lui a lancé qu’ils sont «faits fort», les gars du Nord, lui qui a vu le jour à Sainte-Agathe, dans les Laurentides.

«J’avais la tête un peu basse lorsque j’ai coupé vers le centre de la patinoire, a-t-il confié. Hickey m’a frappé légalement. Il m’a bien venu venir, disons. Dans un sens, c’est comme si j’avais foncé sur lui. Heureusement que je n’ai subi aucune séquelle.»

«Je suis retourné au vestiaire afin de subir tous les examens nécessaires et étant donné que je me sentais bien, les médecins m’ont donné le feu vert pour retourner au jeu en troisième période. Je n’ai jamais ressenti de maux de tête ou d’étourdissements.»

La meilleure décision de Yzerman

Drouin a vite fait sentir sa présence puisqu’il a habilement préparé le but égalisateur de Nikita Kucherov, qui a été inscrit avec 38 secondes à jouer. Brian Boyle a ensuite marqué en prolongation.

Drouin a le mérite de ne s’être jamais découragé l’hiver dernier, même si son avenir avec le Lightning semblait être en péril.

Steve Yzerman a résisté à la tentation de l’échanger à la date limite, le 29 février, et le directeur général du Lightning doit s’en féliciter aujourd’hui.

On peut dire que les pots cassés ont été réparés et on voit mal comment le Lightning pourrait laisser partir un jeune joueur aussi talentueux.

De plus en plus à l’aise

Lorsque Steven Stamkos a dû s’absenter en raison d’un caillot de sang dans l’épaule, Drouin a été rappelé du Crunch de Syracuse et il fait flèche de tout bois depuis ce temps.

«Plus je dispute de matchs dans les séries et plus je me sens à l’aise, a-t-il expliqué. J’ai très peu joué durant les séries l’an passé. C’était difficile pour moi.»

«Cette année, je suis employé de façon régulière, notamment lors des attaques massives, et j’ai beaucoup de plaisir.»

Sujet tabou

Drouin ne tient pas à revenir sur sa décision d’avoir quitté l’équipe-école du Lightning en janvier dernier, ce qui lui a valu une suspension.

«J’ai tourné la page et il est préférable que je me concentre sur mon jeu, car il me reste bien des choses à améliorer, a-t-il dit. Il est certain que ce n’était pas une bonne situation de me retrouver à la maison, loin du hockey. Je suis heureux de la tournure des événements. Disons que je me sens beaucoup mieux dans ma peau aujourd’hui!»

Drouin aura été tenace à l’image du Lightning, une équipe qui n’abandonne jamais la lutte. Il est maintenant adulé à Tampa. Plus personne ne lui reproche d’être un enfant gâté, une tête forte.

Drouin démontre au personnel d’entraîneurs qu’il n’aurait jamais dû être cédé dans la Ligue américaine.

Drouin remercie Paul Gagné, qui a veillé sur son conditionnement physique durant sa longue absence. «C’est mon entraîneur personnel à Montréal depuis plusieurs années et il m’a permis de rester en pleine forme pour effectuer un retour au jeu au mois de mars. Je lui dois beaucoup, tout comme à l’entraîneur Rob Zettler à Syracuse.»