Canadiens

Toujours le même noyau

Publié | Mis à jour

Pour une centaine de rumeurs, il y a pratiquement juste une transaction. S’il y avait beaucoup de bruit à quelques jours de la date limite des échanges dans la Ligue nationale, le directeur général du Canadien de Montréal, Marc Bergevin, n’a pas beaucoup changé l’image de son équipe.

Oui, P.K. Subban, Max Pacioretty, Lars Eller, Alex Galchenyuk, Andrei Markov et Alexeï Emelin porteront encore les couleurs du Tricolore. Le noyau de cette équipe restera le même.

«Je crois encore à mon noyau fort, a rappelé Bergevin dans un chic hôtel de San Jose, lundi. Je fais mon possible pour améliorer cette équipe tous les jours. Je l’ai dit, tu n’as rien de gratuit. Moi, je viens de Chicago et nous avions acquis nos joueurs-clés par le repêchage. C’est la meilleure façon pour obtenir des gars d’impact.»

À l’image de cette journée limite pour les échanges dans la LNH, il n’y a pas eu de coup d’éclat chez le CH. Le directeur général à la barbe hirsute a conclu une transaction avec les Devils du New Jersey en faisant l’acquisition de Stefan Matteau pour Devante Smith-Pelly. Puis, il a embauché un joueur des Sharks de San Jose par le biais du ballottage en Mike Brown.

Bergevin avait réalisé son plus gros coup vendredi soir en envoyant Dale Weise et Tomas Fleischmann aux Blackhawks de Chicago pour le joueur de centre Phillip Danault et un choix de deuxième tour au repêchage de 2018.

Le pari Matteau

En moins de 72 heures, le Tricolore a ouvert ses portes à deux anciens choix de premier tour. Après Danault, nommé au 26e rang du repêchage de 2011 par les Hawks, le Canadien a mis la main sur Matteau, le 29e joueur réclamé à l’encan de 2012 par les Devils.

Il s’agit aussi de deux attaquants qui parlent la langue de Molière, un phénomène assez rare depuis plusieurs années à Montréal.

Auteur de seulement un but en 20 matchs avec les Devils, Matteau est décrit comme un projet intriguant par Bergevin.

«Matteau est un jeune qui n’a pas encore réussi à se développer à sa capacité, a-t-il dit. C’est pour cette raison qu’il se retrouvait sur le marché. Il aura sa chance à Montréal, mais ce sera à lui de faire une différence. C’est un gars avec un bon gabarit et un bon coup de patin.

«C’est un joueur que nous aimions l’année de son repêchage. Il est encore jeune, il a du temps pour se développer. J’espère qu’il passera à une autre étape à Montréal, puisque ça n’a pas fonctionné pour lui au New Jersey.»

Bergevin montrait encore plus ses dents derrière cette immense barbe pour décrire le potentiel de Danault.

«Phillip ressemble souvent à un chien enragé, il est toujours sur la rondelle, a-t-il répliqué. Il est bon aussi au cercle des mises en jeu. Il continuera à s’améliorer, il est encore jeune, mais il est prêt pour le niveau de la LNH. Il a appris dans une très bonne organisation. Je suis très fier de l’avoir à Montréal.»

Donner pour recevoir

S’il a réitéré sa confiance, du moins à court terme, pour son noyau fort, Bergevin n’a pas caché sa déception de voir son équipe dégringoler au classement depuis le 1er décembre.

«Comme nos partisans, je suis très déçu de notre saison, a-t-il expliqué. Les 20 prochaines rencontres seront importantes pour mon évaluation des joueurs. Nous ferons le bilan à la fin de l’année.»

«Expérience et évaluation, il s’agit des deux choses que nous regarderons, a-t-il continué. Ça ne veut pas dire que nous faisons une croix sur les séries. Nous jouons bien dernièrement. Nous voulons gagner chacun de nos matchs. Les gars gardent la même mentalité.

«Quand je dis les 20 prochains matchs, j’espère qu’il ne s’agira pas des 20 dernières rencontres. J’aimerais encore voir mon équipe en séries, mais je sais que ce sera difficile.»

Questionné sur son désir d’ajouter un attaquant de renom, Bergevin a répété ce qu’il dit depuis déjà plusieurs mois, sans toutefois faire d’analogie avec une réalité différente de celle sur une console PlayStation.

«Il n’y a rien de gratuit, a-t-il répondu. Pour ajouter un gros morceau, tu dois en sacrifier un gros. C’est une décision que nous devrons prendre si nous croyons qu’il s’agit de la solution. La situation idéale est de faire une place à un jeune pour boucher un trou.

«Tu ne peux pas obtenir un attaquant pour les deux premiers trios en donnant un attaquant de tes deux derniers trios. Ça ne marche pas de cette manière. La meilleure façon, c’est avec le repêchage.»