Ski et planche

Harvey retrouve l’hiver québécois

Publié | Mis à jour

Les usagers du centre de ski de fond du mont Sainte-Anne se sont fait surprendre par une Formule 1 sur deux skis, vendredi, en ce beau matin de février. Oui, c’était bel et bien lui: Alex Harvey.

Le Canadien le plus en vue dans ce sport s’est adonné à ce qu’il ne fait jamais depuis la fin de son adolescence, soit skier dans sa cour arrière et, surtout, au coeur de l’hiver. En préparation pour le Tour de ski du Canada, une série de huit épreuves qui s’ébranlera mardi à Gatineau, l’athlète de Saint-Ferréol-les-Neiges semblait se vautrer comme un moustique dans une banque de sang. Enfin, de la vraie neige!

«J’espère que la FIS (Fédération internationale de ski) va voir qu’on a de la vraie neige ici. On n’a pas besoin de trop en produire. C’est un vrai hiver qu’on a partout au Canada et c’est un bon endroit pour avoir des courses de ski de fond», a déclaré le fondeur de 27 ans, à quelques mètres du parcours «La Harvey» nommé pour souligner son empreinte et celle de son père Pierre dans l’histoire de ce sport.

Une dernière occasion?

Rompu aux longues saisons qui s’étirent de novembre à la fin mars en Europe, Harvey venait de s’exprimer sur la possibilité que cette finale de la Coupe du monde devienne la dernière occasion de se produire chez-lui. Cet hiver sans Jeux olympiques ni Championnats du monde permet pour la première fois de déménager le cirque blanc au Canada à cette période-ci. Or, la prochaine fenêtre du genre pourrait s’ouvrir seulement en 2020 et Harvey pourrait alors avoir rangé ses skis pour de bon, même s’il n’y a encore jamais fait allusion.

«Ça se pourrait, a-t-il dit en évoquant cette possible dernière fois. Ça va dépendre des résultats financiers de ce Tour. Donc, il ne faut rien prendre pour acquis et c’est toujours un privilège et un cadeau pour nous que de skier au Canada.»

Adrénaline et fierté

Le quadruple médaillé des Championnats du monde a déjà goûté à l’ivresse de s’élancer sur le sol où se trouvent ses racines. C’était les 7 et 8 décembre 2012, pour des sprints individuel et par équipe aux abords du parlement de Québec, où «j’étais tombé parce que j’avais piqué un bâton entre mes jambes, peut-être parce que j’étais un peu trop déconcentré», en rigole-t-il aujourd’hui.

Maintenant plus aguerri sur la scène internationale, et en fin de saison de surcroît pour un niveau de forme optimale, les deux épreuves en style libre qui l’attendent sur Grande-Allée, les 4 et 5 mars, l’amèneront encore à puiser dans ce même orgueil qui accompagne le stress de skier «à la maison».

«Tu as encore plus d’adrénaline et d’excitation le matin, a-t-il mentionné. Je dis toujours que lorsque ça fait vraiment mal mais que tu entends ton nom le long de la piste, ça te permet de pousser encore plus loin dans la douleur.»

Alex Harvey veut dissiper les doutes - TVA Sports