En route vers le Super Bowl

Manning supplante Brady

Agence QMI / Stéphane Cadorette 

Publié | Mis à jour

Pour la huitième fois dans leur histoire, les Broncos de Denver représenteront l’Association américaine au Super Bowl, grâce à une victoire dramatique de 20-18 face aux Patriots de la Nouvelle-Angleterre, lors de laquelle Peyton Manning a fait tout juste le nécessaire, appuyé à merveille par un effort défensif mémorable.

Manning, qui a complété 17 de ses 32 passes pour des gains modestes de 176 verges, mais aussi deux passes de touché, est ainsi devenu le premier quart-arrière dans l’histoire à guider deux équipes différentes à deux reprises chacune au match ultime.

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Aux abords d’un vestiaire où la joie explosait littéralement à Denver, les joueurs ont défilé un à un, distribuant les accolades et multipliant les sourires.

Manning, vétéran de 39 ans qui en sera à son quatrième Super Bowl, arborait plutôt le visage d’un homme d’affaires en mission. «C’est une victoire très satisfaisante», a-t-il noté, ajoutant toutefois que ce n’était pas le moment pour «réfléchir sur ma carrière.»

«On va savourer cette victoire, mais il reste encore deux semaines à la saison», a dit celui qui remportait un sixième duel sur les 17 de la rivalité avec Tom Brady.

Daniels s’illustre

Les Broncos se sont rapidement dotés d’une avance de 14-6 au début du deuxième quart grâce à deux passes de touchés de Manning à son ailier rapproché, Owen Daniels. Ce dernier a inscrit son deuxième touché après une interception de Von Miller aux dépens de Brady, qui a en commis deux.

Pour le reste de la partie, l’attaque a toutefois dû se contenter de deux bottés de placement et les Patriots sont revenus à la charge.

Deux bottés de placement de Stephen Gostkowski ont porté la marque à 20-12 en faveur des Broncos. Toutefois, sur le premier touché des siens, le botteur a raté la transformation, un point qui s’est avéré critique sur le résultat final.

La défensive résiste

Au quatrième quart, les Broncos, avec seulement 55 verges de gains, ont littéralement mis le match entre les mains de leur défensive, qui a stoppé les Patriots à deux reprises sur des quatrièmes essais à l’intérieur de la ligne de 20.

Lors d’un autre quatrième essai avec 10 verges à franchir, Brady a finalement rejoint Rob Gronkowski sur 40 verges, avant de renouer avec lui dans la zone des buts sur quatre verges pour réduire l’écart à 20-18.

Les Patriots ont tenté une passe sur un converti de deux points qui aurait nivelé la marque, mais la tentative a avorté.

«Nous avons joué ce match avec énergie et attitude. Nous savions que si nous faisions notre travail, cette partie-là était terminée», a réagi Von Miller, auteur de trois sacs.

L'erreur fatale de Gostkowski - TVA Sports

Finale enlevante

Le 17e chapitre de la rivalité entre Manning et Brady aura donc été le neuvième à se terminer par un écart d’un touché ou moins.

«C’est un moment spécial. Toute la semaine, notre entraineur nous a demandé d’apprécier le moment et d’en profiter, On ne doit jamais rien prendre pour acquis», s’est réjoui Manning.

Un vétéran qui inspire les troupes

À la veille d’affronter les Patriots de la Nouvelle-Angleterre, les joueurs des Broncos se sont rassemblés dans leur hôtel de Denver et ce n’est ni l’entraîneur-chef, ni le vénérable Peyton Manning, qui s’est chargé du grand discours. Cet honneur est revenu au vétéran défensif DeMarcus Ware.

L’ancien des Cowboys de Dallas, qui en est à sa deuxième saison avec les Broncos, participera au Super Bowl pour une première fois à sa 11e campagne. Il a joué un rôle instrumental dans la victoire des Broncos malgré des statistiques modestes en appliquant maintes fois la pression sur Tom Brady.

«Hier soir (samedi), j’ai dit aux gars que les Patriots s’en venaient dans notre maison pour tenter de détruire ce qu’on avait construit.»

«J’ai ouvert une boîte et j’ai sorti le premier trophée du Super Bowl remporté par la franchise. Il y a eu un grand silence dans la pièce. J’ai vu tout de suite dans les yeux des gars comment ils se sentaient. Il fallait finir ce qu’on avait commencé. C’était une soirée très émotive et on a tous transporté cette émotion avec nous dans le match», a raconté le numéro 94.

Une équipe «en colère»

Certains joueurs des Broncos se sont dits étonnés que plusieurs observateurs leur aient manqué de respect avant le duel face aux Patriots.

«Nous étions définitivement en colère. Tout le monde disait qu’on ne serait pas capable de couvrir leurs receveurs, donc il fallait prouver notre valeur. Je suis tellement fier de cette équipe. Nous sommes restés soudés toute l’année malgré les blessures et les embuches», a noté le demi de coin Chris Harris fils.

Derrière Manning

À l’attaque, après un impressionnant départ, Manning a de nouveau paru très limité plus le match progressait. «Notre défensive a été extraordinaire contre une grande équipe de football. Mon rôle a certainement changé cette saison dans ce contexte, mais je me sens reconnaissant de pouvoir contribuer d’une autre manière. C’est toujours un honneur d’accéder au Super Bowl», a indiqué le quart-arrière.

«Il a très bien joué et il a vécu beaucoup d’épreuves cette saison, a pour sa part noté le receveur Demaryius Thomas au sujet de Manning. On veut gagner le prochain match pour lui, pour DeMarcus Ware et pour tout le monde.»

Quant au grand patron, John Elway, Manning demeure un rouage important des Broncos.

«La résilience dont il a fait preuve en a fait un grand compétiteur. Il comprend bien où il en est et ce qu’on tente d’établir offensivement.»

«C’est difficile de finir ainsi» - Brady

Brady devra patienter pour obtenir de nouveau une chance de récolter une cinquième bague du Super Bowl.

«Ils ont un excellent front défensif et de bons joueurs en couverture de passe. C’était difficile pour nous d’établir le rythme. Nous avons finalement réussi à marquer quelques points en fin de match, mais c’est difficile de finir ainsi, quand ta saison dépend d’un converti de deux points», a expliqué le quart-arrière.

Évidemment, les Patriots auraient pu se retrouver dans une situation différente si le botteur Stephen Gostkowski, sur un jeu banal, avait réussi sa transformation après le touché au premier quart. Ce dernier s’en voulait d’ailleurs désespérément.

«Je me sens terriblement mal. Ces gars-là mettent leur corps et leur vie en danger sur le terrain et c’est un cauchemar pour moi de rater un botté. Je me sens très mal, mais je ne m’attends pas à ce que les gens se sentent mal pour moi», a-t-il débité.
Zone rouge

Les Patriots ont surtout creusé leur tombe en ne saisissant que très peu d’opportunités dans la zone rouge.

«C’est le football. Ce n’est pas comme si on jouait contre une bande d’inconnus en défensive de l’autre côté. Ils misent sur de bons joueurs et ont réalisé les gros jeux, ce que nous n’avons pas su faire», a déploré l’ailier rapproché Rob Gronkowski.