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Une triste fin pour Lecavalier

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Avec Craig Berube ou Dave Hakstol derrière le banc, Vincent Lecavalier n’a toujours pas regagné sa place avec les Flyers de Philadelphie. Pour lui, c’est scène 1, prise 2 : il ne fait tout simplement pas partie des plans du directeur général Ron Hextall.

Techniquement, Lecavalier est blessé au dos depuis le 8 décembre. Il n’a pas porté l’uniforme orange et noir depuis le 12 novembre. Il n’a joué que sept des 37 matchs de son équipe cette saison, récolant une maigre mention d’aide.

«Je me retrouve dans le même bateau que celui de l’an dernier, a affirmé Lecavalier après un entraînement au complexe des Flyers à Voorhees. Il n’y a pas eu de transaction cet été. À mon arrivée ici, je me sentais d’attaque, mais je n’ai pas joué les huit premières rencontres de la saison. C’était difficile mentalement.»

«Je dirais même que je n’ai pratiquement pas joué cette saison, point à la ligne, a-t-il poursuivi. Les matchs où j’étais en uniforme, je n’avais presque pas de temps de glace (moyenne de 9 min 28 s). Ils n’ont pas besoin de me parler et je n’ai pas besoin de me faire dire quoi que ce soit, je peux reconnaître la situation.»

Pour ce qui est de son dos, l’ancien capitaine du Lightning de Tampa Bay n’a pas peur de dire qu’il s’agit d’une blessure-fantôme.

«Ça n’a pas rapport, a-t-il répliqué. Je me sens bien, je fais tous les entraînements, alors je ne dois pas être trop blessé. Je ne peux pas dire que je retrouverais en claquant des doigts la condition d’un match, puisque je ne joue pas. J’aurais besoin de temps pour regagner le synchronisme. Dans les entraînements, je tente de faire des simulations de match.»

Aucune lumière

À l’entraînement des Flyers à la veille de la visite du Canadien à Philadelphie, Lecavalier portait un chandail vert, la même couleur que les membres du trio de Pierre-Édouard Bellemare, Chris VandeVelde et Ryan White.

Le grand numéro 40 s’efforçait de garder le sourire et d’encourager ses coéquipiers même s’il était une fois de plus l’homme en trop.

«L’an dernier, j’ai vraiment trouvé ça difficile pour le moral, a-t-il dit. Quand les Flyers m’ont placé dans les gradins une première fois, j’ai encaissé péniblement le choc. Après un certain temps, tu passes à une autre étape. Je ne peux pas me présenter ici et être fâché tous les jours. Je veux rester un bon coéquipier. J’espère juste obtenir une autre chance. J’ai confiance en mes moyens. Ce n’est pas moi qui décide qui sautera sur la glace.»

«Je ne veux pas être un cancer pour l’équipe, a-t-il continué. Oui, je voudrais jouer et recevoir de bonnes minutes, mais ce n’est pas le cas.»

White, un ancien du CH, a bien résumé la situation de son coéquipier.

«C’est difficile pour Vinny de se présenter tous les matins à l’entraînement quand il n’y a pas de lumière pour lui au bout du tunnel, a affirmé le Manitobain. Il se comporte comme un vrai professionnel.»

«Je revois un peu dans cette situation celle de Scott Gomez à ses derniers jours à Montréal. Il n’y a rien qui fonctionnait pour Scott avec le CH et les partisans étaient sur son dos. Quand Scott a finalement été racheté par le Tricolore, il a réussi à étirer sa carrière de quelques saisons et il a fait du bon travail.»

Une triste fin

À 35 ans et à sa 17e campagne dans la Ligue nationale (LNH), Lecavalier aimerait bien repartir sur de nouvelles bases.

«Je travaille fort lors des entraînements, a répété le Québécois. Si j’ai une chance ici ou ailleurs, je veux être le plus prêt possible.»

Cette chance n’arrivera visiblement pas à Philadelphie. Ayant encore deux autres saisons à son contrat avec les Flyers et un salaire de 4,5 millions $ sur le plafond salarial, Lecavalier devient également très difficile à échanger.

Embourbé avec les Flyers, le gagnant de la Coupe Stanley en 2004 et du trophée Maurice-Richard en 2007 avec le Lightning pourrait-il songer à la retraite?

«Je n’y pense pas encore, ça ne me traverse pas l’esprit pour l’instant», a-t-il répliqué calmement.

Ayant vu son contrat racheté par le Lightning en juillet 2013, Lecavalier pourrait devenir le premier joueur à subir ce sort à deux reprises. Les Flyers n’auraient toutefois pas l’intention de le faire, puisqu’ils payent encore Ilya Bryzgalov et Daniel Brière, ainsi qu’Andrew MacDonald et Sam Gagner, deux salariés de la LNH dans la Ligue américaine.