Hockey

Renney à la défense des entraîneurs

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Scott Salmond devait livrer ses explications et dresser le bilan désastreux de l’équipe canadienne junior, dimanche. C’est plutôt le président de Hockey Canada qui s’est présenté devant les médias.

En ce lendemain de veille pénible et devant cette décevante sixième place, le pire résultat de l’unifolié au Championnat du monde depuis 1998, il fallait la présence de Tom Renney et non celle du vice-président de l’organisme pour expliquer la débâcle.

Les Salmond, Ryan Jankowski (recruteur-chef) et Ryan Speltz (membre du programme d’excellence canadien) brillaient par leur absence. Flanqué de ses adjoints, l’entraîneur-chef Dave Lowry était dans le hall d’entrée de l’hôtel où le Canada était débarqué l’instant du tournoi, mais il n’a pas rencontré les médias.

Bombardé de questions quant aux décisions douteuses prises par son pilote au fil du match menant à la défaite en quart de finale face à la Finlande, samedi, Renney a gardé son calme et s’est montré prudent dans ses propos. Il ne l’a surtout pas traîné dans la boue et tiré sous les roues du camion.

«Je respecte les décisions de notre personnel d’entraîneurs, a-t-il répété à de nombreuses reprises. Il faut attribuer les responsabilités aux bonnes personnes. Je prends une partie de ces responsabilités. Nous ne sommes pas contents du résultat, c’est évident.»

Préoccupations

Ayant dirigé la formation nationale en 1999 et l’ayant menée à la médaille d’argent à Winnipeg, il en connaît très bien les rouages. Il n’a pas pour autant dérogé de son discours d’appui à son personnel qui, selon lui, a «mis la meilleure équipe possible sur la glace».

«Il n’y a pas eu de décisions faciles. Parfois, tu dois faire confiance à ton instinct et réfléchir à chacune des situations, a-t-il expliqué à propos des nombreuses questions concernant les trios et les gardiens. Il y a des moments où il faut suivre son intuition, même si ça ne fait pas l’affaire de tout le monde.»

«Il faut réagir avec instinct et vivre avec les conséquences, qu’elles soient positives ou négatives», a ajouté le président, qui s’est dit préoccupé par le manque de discipline et de maturité de l’équipe.

Entre les lignes, doit-on déceler que Lowry devra vivre avec les conséquences de ses actes ou son incapacité à prendre les bonnes décisions au moment opportun? Durant les cinq matchs disputés par Équipe Canada Junior, l’instructeur ne s’est jamais démarqué par son grand leadership. Les erreurs ont été nombreuses et répétées. Les leçons n’ont jamais été retenues.

Sa formation a obtenu ses deux victoires contre des adversaires nettement plus faibles – le Danemark et la Suisse -, a sombré dans l’indiscipline en doutant du travail des officiels et a présenté le pire dossier en infériorité numérique.

Les constants remaniements de trio et la mauvaise tenue des gardiens expliquent aussi en grande partie les déboires de cette équipe nationale 2015. Bref, tout allait mal.

Analyse à venir

«Nous n’avons pas à tout analyser maintenant, parce que nous n’avons pas eu le bon résultat, a invoqué Renney calmement. Ce n’est pas facile, ce n’est pas plaisant et on ne s’apitoiera pas sur notre sort. Nous analyserons le tout quand la poussière sera retombée.»

Du même coup, il a assuré que la sélection nationale avait mis les pieds en Finlande pour défendre son titre avec succès.

S’ils n’ont pas appris de leurs erreurs sur la patinoire, apprendront-ils de cet échec en vue de la présentation 2017 du championnat qui sera de retour à Montréal et Toronto?

Neuf joueurs seront encore admissibles à enfiler l’uniforme de la feuille d’érable l’an prochain.

«Il y a une façon d’apprendre de ces moments difficiles. Ils ont vécu une expérience qu’ils ne voudront certainement pas revivre», a conclu Renney.