Canadiens de Montréal

On s’emballe un peu vite

Publié | Mis à jour

Empêtrés depuis un mois, les Canadiens ont profité de la Classique hivernale et du début de la nouvelle année pour disputer l’un des meilleurs matchs de leur saison.

Dans le vestiaire des visiteurs du Gillette Stadium de Foxborough, les joueurs du Tricolore soutenaient même que ce type de performance suffirait peut-être à relancer une campagne dont l’issue devenait de plus en plus inquiétante au fur et à mesure que les 11 défaites de décembre se succédaient.

«On n’a pas eu de difficulté à trouver l’énergie et la motivation, a indiqué Brendan Gallagher, qui a célébré son retour avec un but et une passe. Nous avons utilisé notre vitesse et nous avons donné de la misère aux défenseurs des Bruins.»

Oui, tout a bien été lors de cette Classique hivernale. Comme le veut l’expression consacrée, la rondelle «roulait» pour le Canadien. Incapables de marquer plus de deux buts lors de 13 des 16 matchs précédents, les hommes de Michel Therrien ont trouvé toutes sortes de façons de faire bouger les cordages, même en frappant la rondelle au vol.

Au terme de cette écrasante victoire de 5 à 1, Gallagher et Mike Condon, l’autre héros de la rencontre, ont parlé d’un match parfait, d’une journée parfaite et d’une situation parfaite.

Tout était parfait

De cette énumération, le dernier élément est sans contredit le plus important. Toutes les conditions étaient réunies pour que les Montréalais sortent de leur torpeur: un duel contre les Bruins, leurs éternels rivaux, privés de deux morceaux importants (David Krejci et Brad Marchand), dans le cadre de la Classique hivernale, le match le plus en vue de la saison.

Difficile de demander mieux pour élever le niveau de motivation à son paroxysme. Sans compter que Tuukka Rask, bien qu’il soit l’un des meilleurs gardiens du circuit, a rarement connu du succès contre le Tricolore.
Cela dit, le Canadien est arrivé prêt pour ce match. Le plan de Therrien a été respecté à la lettre. Le Tricolore a effectué des sorties de zone simples et des relances rapides, en plus d’exercer un échec avant soutenu. En déployant autant d’intensité, ils ont forcé les Bruins à jouer sur les talons une bonne partie de l’après-midi.

«On a joué beaucoup de matchs de cette façon au début de la saison. Ce qu’on a vu lors de ce match, c’est notre équipe, c’est notre véritable identité, a fait valoir Paul Byron. On l’avait perdue ces derniers temps.»

Gare aux dangers

Un danger guette maintenant le Canadien. Celui de croire que les problèmes sont bel et bien derrière lui. Therrien devra trouver une façon de transporter ce niveau élevé d’émotion dans les rencontres qui viennent.

À commencer par celle de mardi soir à Philadelphie. Car il n’est pas rare de voir, que ce soit chez le Canadien ou au sein de n’importe quelle formation, le niveau d’émotivité tomber à plat à la suite d’une rencontre comme celle de vendredi.

«On doit commencer par bâtir sur cette victoire», a déclaré Michel Therrien lorsqu’on lui a demandé comment il allait s’y prendre pour éviter ce piège.

La suite de sa réponse laissait plutôt perplexe.

«Il y a eu beaucoup de distraction au cours du dernier mois. Chaque jour, on avait des caméras dans la face. Là, elles seront parties», a souligné l’entraîneur du Canadien.

Reste à voir si c’est là que se trouvait la source de tous les problèmes...

Weise sur la touche, Andrighetto de retour

Par ailleurs, le Canadien est sorti de cette classique avec un soldat en moins. Victime d’un tir frappé de la pointe, Dale Weise a quitté le match au cours de la deuxième période, blessé au haut du corps. Selon TVA Sports, l’attaquant ratera de cinq à dix rencontres en raison d’une blessure au pouce droit.

Pour pallier cette perte, le Canadien a procédé au rappel de Sven Andrighetto. Le renvoi du Suisse dans la Ligue américaine n’aura donc duré que deux jours. En 14 rencontres avec le Tricolore, Andrighetto a récolté quatre buts et ajouté une passe.

Après avoir bénéficié d’une journée de congé hier, le Canadien sera de retour à l’entraînement ce matin à Brossard.