Classique hivernale

Le grand cœur de Demers

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Natif de Boston, Chris Nilan a porté l’uniforme du Canadien de Montréal et des Bruins de Boston lors de sa carrière de près de 700 matchs dans la Ligue nationale de hockey. Dans son cœur, il restera toutefois toujours un Bleu-Blanc-Rouge.

Toujours soucieux des petits détails et de nature immensément généreuse, Jacques Demers a posé un geste symbolique lors de la séance de tirs de barrage, jeudi, au Gillette Stadium. On se souviendra plus de l’échappée de Nilan contre Andrew Raycroft que de la victoire de 5-4 des Bruins sur le Tricolore dans cette rencontre des anciens, jeudi.

Demers, le dernier entraîneur gagnant d’une coupe Stanley avec le CH en 1993, a misé sur Nilan en fusillade. Il n’a pas posé ce geste dans le but de sortir du stade des Patriots de la Nouvelle-Angleterre avec la victoire, mais bien plus pour offrir une tape dans le dos à l’homme.

«On connaît tous l’histoire de Chris, a dit Demers dans un corridor du Gillette Stadium. J’ai beaucoup de respect pour lui, il revient de loin, il a vaincu ses démons et il méritait de se retrouver sur la glace. C’est un petit gars de Boston en plus.»

Nilan a grandement apprécié cette délicatesse de son entraîneur pour ce Match des anciens Molson Canadian.

«Je remercie Jacques Demers de m’avoir donné cette opportunité, a affirmé l’ancien numéro 30. J’aurais tellement aimé marquer, comme je le faisais si souvent à ma belle époque!»

«Je n’ai pas réussi à lever la rondelle, a-t-il continué. C’était vraiment une belle expérience. Ma famille était ici. Je me réjouissais aussi pour mes petits-enfants, Nolan et Colin. Ils ont eu la chance de voir leur grand-père sur la glace.»

Reconnu pour ses talents de pugiliste, Nilan a été au cœur de cette rivalité Montréal-Boston dans les années 1980.

«Ça ne m’aurait jamais traversé l’esprit de me battre aujourd’hui [jeudi], a-t-il souligné. J’étais juste heureux de revoir mes anciens adversaires.»

Un brin émotif, Nilan a terminé sa conversation avec les journalistes avec cette petite phrase.

«Je viens de Boston, mais mon cœur sera toujours à Montréal où j’ai le bonheur de vivre depuis quelques années, a-t-il dit. Je m’ennuie de ma famille, vraiment beaucoup, mais Montréal, c’est ma ville.»

Un pur plaisir

Guy Carbonneau avait le sourire d’un gamin à sa sortie du vestiaire.

«C’était extraordinaire comme expérience, je n’avais jamais vu le stade de football à Boston, a affirmé l’ancien capitaine. La température était aussi très clémente. J’ai joué souvent dehors, mais il faisait pas mal plus froid habituellement.»

«Nous sommes tous compétitifs et nous voulons tous gagner, mais c’est encore plus plaisant de revoir d’anciens coéquipiers et rivaux, a-t-il enchaîné. Mercredi soir, j’ai revu Ken Linseman et Lyndon Byers. Je n’avais pas eu la chance de les voir depuis 15 ou 20 ans. Ce n’était pas l’amour à l’époque entre nous, mais c’était le fun de leur parler.»

Carbonneau a aussi salué le geste de Demers en fin de rencontre.

«On connaît tous Jacques, il a un grand cœur», a-t-il affirmé.

Mark Recchi, Sergei Samsonov et Marco Sturm ont été les trois principaux acteurs de ce gain des Bruins. Recchi a fait mal à son ancienne équipe avec deux buts et une aide.

«En fin de match, on dirait qu’ils étaient toujours sur la glace, a rappelé Carbonneau. C’est le signe que nous restons compétitifs.»

Raymond Bourque a marqué le but décisif lors des tirs de barrage. Bourque, une légende des Bruins, aura encore une fois trouvé une façon d’hanter l’équipe de son enfance.