Classique hivernale

La rivalité n’a pas d’âge

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Même s’il implique d’anciens joueurs, un match entre le Canadien de Montréal et les Bruins de Boston est toujours disputé avec intensité. On en a eu une autre belle preuve, jeudi après-midi, au Gillette Stadium.

«On y allait tous un peu mollement au début, mais la rivalité a pris le dessus à mesure que la partie avançait, a souligné Mark Recchi, qui portait les couleurs des Bruins pour l’occasion. Ce n’est pas surprenant. Après tout, nous avons joué dans la LNH [Ligue nationale de hockey] d’abord et avant tout parce que nous étions compétitifs.»

D’ailleurs, Recchi fut un rouage important de cette victoire de 5-4 des anciens Bruins en touchant la cible à trois reprises, dont une fois en tirs de barrage. Bien qu’il ait ajouté quelques dizaines de livres à sa charpente, l’ex-ailier gauche n’avait rien perdu de sa touche.

L’athlète de 47 ans est l’un des 110 joueurs de l’histoire de la LNH à avoir porté les deux uniformes. Il est donc l’un des rares à avoir eu la chance de vivre les deux côtés de la rivalité.

«Ce sont deux organisations prestigieuses et très spéciales. Ce qu’il y a de particulier, c’est que même lorsqu’une des deux formations en arrachait, la rivalité était toujours bien vivante», a-t-il raconté.

«J’ai passé cinq merveilleuses saisons avec le Canadien. J’ai eu l’occasion de jouer au vieux Forum avant que nous déménagions dans le Centre Molson [aujourd’hui le Centre Bell]», a-t-il ajouté.

C’était peu de temps après que les Bruins soient parvenus à renverser la malédiction qui semblait leur coller à la peau chaque fois qu’ils affrontaient le Canadien en séries éliminatoires. Une léthargie de 45 ans à laquelle ils avaient mis fin en 1988.

«Je suis arrivé avec les Bruins en 1979. Nous n’avons jamais obtenu véritablement de succès jusqu’en 1988, s’est rappelé Raymond Bourque. Ce printemps-là, nous avions enfin réussi à vaincre le Canadien. Comme je retournais à Montréal tous les étés, je peux vous dire que celui de 1988 fut magnifique.»

Cependant, la satisfaction n’avait pu être entière puisque les Bruins s’étaient inclinés en grande finale contre les Oilers d’Edmonton et Wayne Gretzky. Un scénario qui allait se répéter deux ans plus tard.

«Nous avions connu deux excellents parcours. Particulièrement en 1990. On avait une bonne équipe. Puis Mario Lemieux et les Penguins [de Pittsburgh] ont été sacrés champions en 1991 et 1992 en affrontant les Blackhawks de Chicago et les North Stars du Minnesota, a raconté Bourque. Je ne veux rien enlever à ses équipes, mais disons que j’aurais préféré les affronter plutôt que d’avoir à me mesurer à la puissance qu’étaient les Oilers.»

L’ancien capitaine des Bruins a dû patienter jusqu’en 2001, à sa dernière saison dans la LNH, pour soulever la précieuse coupe Stanley... dans l’uniforme de l’Avalanche du Colorado.