Devant le filet

De pénibles souvenirs pour Dubnyk

Publié | Mis à jour

Avant de graver son nom sur le trophée Bill-Masterton au mois de juin 2015 et avant de reconquérir un poste de gardien numéro un dans la LNH avec le Wild du Minnesota, Devan Dubnyk a fait une longue traversée du désert.

Il n’oubliera jamais la saison 2013-2014. En moins de deux mois, Dubnyk a été impliqué dans deux transactions. Le 15 janvier 2014, les Oilers d’Edmonton abandonnaient le projet avec leur choix de premier tour (14e au total) en 2004 en l’échangeant aux Predators de Nashville pour le robuste ailier Matt Hendricks.

Quelques semaines plus tard, le gardien originaire de Regina en Saskatchewan faisait encore ses valises. Après les Oilers, les Predators lançaient à leur tour la serviette en cédant ses services au Canadien de Montréal pour des considérations futures.

«Je ne pouvais pas tomber plus bas, dit maintenant Dubnyk avec le sourire. À ce jour, je ne sais toujours pas ce qu’était la fameuse considération. Mais j’espère que le Canadien n’avait pas payé un trop gros prix pour obtenir mes services. Aujourd’hui, je fais des blagues avec cet échange. J’imagine que les Predators ont reçu quelques rondelles et quelques bâtons.»

Dans le vestiaire du Bridgestone Arena de Nashville à quelques heures d’un match contre les Predators, samedi, Dubnyk a reparlé de son passage éclair au sein de l’organisation du Tricolore.

«Je ne me souviens pas de beaucoup de choses, je n’ai pas passé trop de temps au sein de cette organisation, a-t-il dit en entrevue au "Journal de Montréal". Je n’ai pas joué un seul match pour le Canadien. Je n’avais pas le sentiment que je faisais partie de l’équipe. Ce n’était pas une grande période dans ma carrière, mais ça faisait partie de mon cheminement.»

«Au départ, j’étais excité à l’idée de me joindre au Canadien. On connaît la grande histoire de cette équipe et j’adore Montréal comme ville. Le CH avait acquis mes services puisque Carey Price se remettait d’une blessure au retour des Jeux olympiques de Sotchi. Je servais de police d’assurance.»

Une confusion

Si Dubnyk n’a pas pris le chemin de Montréal, il aura endossé l’uniforme des Bulldogs de Hamilton, dans la Ligue américaine, pour huit rencontres. Il n’avait pas révolutionné les Bulldogs en remportant seulement deux victoires et en maintenant une moyenne de 3,33 avec un taux d’efficacité de ,893.

À la fin de la saison, le géant de 6 pi 6 po et 210 lb avait refusé de joindre les rangs des «Black Aces» lors du long parcours du CH en séries. En réalité, il avait fait un choix familial, ce que le Tricolore n’avait pas précisé à l’époque.

«J’avais un garçon [Nathaniel] de huit mois à cette époque, a-t-il expliqué. Et je ne l’avais pratiquement pas vu depuis 10 semaines. Je voulais retourner avec ma famille pour aider ma copine. J’avais avisé Marc Bergevin de mon choix. J’avais des choses plus importantes à faire avec ma vie personnelle, soit d’agir comme un bon père, que de patiner avec cinq joueurs chaque matin.

«Je comprenais aussi la situation, a-t-il poursuivi. Je savais que je n’étais pas le troisième gardien de l’organisation. Ticker [Dustin Tokarski] était devant moi. Je n’avais donc logiquement pas de chance de jouer.»

Tokarski avait finalement remplacé Price quand ce dernier s’était blessé en finale de l’Est face aux Rangers de New York.

Le grand retour

La troisième transaction aura été la bonne pour Dubnyk. Chuck Fletcher, le directeur général du Wild, passe maintenant pour un génie puisqu’il a soutiré Dubnyk des Coyotes de l’Arizona pour un choix de troisième tour au repêchage de 2015.

À son arrivée au Minnesota, Dubnyk a immédiatement replacé sa carrière sur le droit chemin. Il a présenté des statistiques ahurissantes avec 27 victoires en seulement 39 matchs, cinq jeux blancs, une moyenne de 1,78 et un taux d’efficacité de ,936. C’était assez pour gagner le titre du joueur ayant fait preuve de la plus grande détermination l’an dernier dans la LNH.

«J’en suis très fier, répond-il. Parfois, je trouve que c’est surréel. Je revenais de loin après la saison 2013-2014. Je me pose encore des questions à savoir comment j’ai pu descendre aussi rapidement. C’est maintenant une belle histoire.»

Et Dubnyk a l’intention de poursuivre ce chapitre joyeux. Avant la visite du CH au Xcel Energy Center, il présentait un dossier de 14-8-2 avec une moyenne de 2,32 et un taux d’efficacité de ,918.

«J’avais la confiance de recréer une saison semblable, a-t-il mentionné. Je ne faisais pas de la magie l’an dernier, je bloquais des rondelles et je me sentais bien mentalement. J’ai gardé la même recette.»