Devant le filet

Rinne vise le sommet

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Si Carey Price représente la colonne vertébrale du Canadien de Montréal, c’est la même histoire pour Pekka Rinne avec les Predators de Nashville. Au pays du country, le Finlandais n’attire toutefois pas autant l’attention.

Pour illustrer l’impact de Rinne, il faut reculer de deux ans. Opéré à une hanche au mois d’octobre 2013, il avait passé plusieurs mois à l’infirmerie, manquant 51 rencontres.

Sans leur gardien numéro un, les Predators avaient chuté au classement en terminant au 10e rang dans l’Ouest. Barry Trotz avait payé la note pour cette descente en perdant son emploi à la fin de la saison.

«Pekka est clairement un des meilleurs de la LNH, a dit le capitaine des Predators, Shea Weber. À Montréal, vous savez la valeur d’un très bon gardien avec Price. C’est la même situation pour nous à Nashville avec Rinne. Quand il n’est pas là, nous ne formons pas une équipe aussi puissante. Il faut parfois une période d’absence pour réaliser à quel point notre gardien est bon.»

Trois fois finalistes

À 33 ans et à sa huitième saison complète à Nashville, Rinne a terminé trois fois parmi les trois finalistes pour le Vézina. Mais, il n’a toujours pas gravé son nom sur ce trophée. Tim Thomas (2011), Henrik Lundqvist (2012) et Price (2015) l’ont privé de cet honneur.

«Je mentirais si je disais que tu ne penses jamais aux honneurs individuels, a raconté Rinne au Journal. Oui, j’aimerais le remporter. Je veux être un gardien d’élite dans la LNH et j’ai comme objectif de rester au sommet. Il y a tellement de compétition et de bons gardiens que c’est difficile d’obtenir ce titre.»

«L’an dernier, je considérais que c’était un bel honneur pour moi de me retrouver comme candidat, a-t-il poursuivi. Mais, Carey avait connu une saison tellement incroyable. Il méritait amplement de gagner le Vézina, mais aussi le Hart. J’étais heureux de voir un gardien écrire son nom sur le Hart.»

Coéquipier de Rinne depuis 2005 lors de son court passage dans la Ligue américaine à Milwaukee, Weber croit que le jour où il raflera ce titre n’est pas loin.

«Je crois vraiment en ses chances de le gagner, a-t-il dit. De très bons gardiens ont gagné le Vézina au cours des dernières saisons, mais Pekka appartient à ce groupe élite.»

Un choix lointain

Les Predators ont frappé un circuit au repêchage de 2004 en sortant le nom de Rinne avec le 258e choix au total lors du huitième tour.

«Je n’avais jamais pensé une seconde à me présenter à ce repêchage, lance-t-il en souriant. À cette époque, je n’attirais pas l’attention, mais j’imagine que les Predators ont vu un talent brut en moi. Je savais qu’il pouvait y avoir de l’intérêt puisqu’ils étaient venus me voir en Finlande.»

Rinne avait 21 ans quand il a été repêché.

«Je n’ai pas suivi le parcours traditionnel, explique-t-il. Je viens d’une ville éloignée de la Finlande et je jouais pour une petite équipe jusqu’à l’âge de 16 ou 17 ans. Il n’y avait pas de recruteurs ou pratiquement pas. J’ai finalement déménagé à Karpat où j’ai joué trois ans pour l’équipe junior et deux ans comme professionnel. Mais, j’étais le deuxième gardien derrière Niklas Backstrom. Je n’obtenais pas beaucoup de départs.»

Le grand gardien de 6 pi 5 po a finalement fait son chemin vers la LNH et il aura connu une carrière encore plus belle que Backstrom qui porte toujours les couleurs du Wild du Minnesota, mais dans un rôle de troisième gardien.

En 28 matchs cette saison, Rinne présente un dossier de 13-9-6 avec une moyenne de 2,38 et un taux d’efficacité de ,908.