Canadiens de Montréal

Petit, mais courageux

Agence QMI /  Jean-François Chaumont

Publié | Mis à jour

Le 6 octobre dernier, Paul Byron a fait ses valises pour Montréal. Placé au ballottage par les Flames de Calgary, le petit attaquant de 5 pi 7 po recevait une autre chance avec le Canadien. Une chance qu’il ne voulait pas manquer.

«À mon départ de Calgary, j’avais comme objectif de montrer aux Flames qu’ils venaient de commettre une erreur en me plaçant au ballottage, a affirmé Byron à quelques heures du départ de l’équipe pour Raleigh en Caroline du Nord. Il n’y a rien qui arrive par hasard dans la vie. Je n’y pense plus maintenant.»

«Je suis heureux d’être ici avec le Canadien, a-t-il poursuivi. C’était un peu la même histoire quand je n’ai pas été repêché dans la Ligue junior de l’Ontario. Je me suis relevé et j’ai choisi de jouer avec les Olympiques de Gatineau. C’était finalement la bonne chose pour moi.»

Il y a quelques mois, le dossier médical de Byron était assez lourd. Bob Hartley n’avait pas caché que ses nombreuses blessures au cours des derniers mois avaient poussé les Flames à couper les ponts avec lui.
Malgré tout, Byron ne s’y attendait pas.

«C’était un choc de me retrouver au ballottage, a-t-il précisé. Je pensais que j’avais fait ma place avec les Flames. J’avais eu des entrevues très positives à la fin de la saison. Ils m’avaient dit que mon absence avait fait mal à l’équipe en séries. Ils connaissaient mes blessures. J’avais travaillé fort pour revenir en parfaite santé. Je n’avais pas entrepris le camp en même temps que les autres joueurs, alors je partais avec un retard.»

Le poignet, une hernie sportive et un orteil

À sa dernière saison en Alberta, Byron a passé beaucoup de temps l’an dernier à l’infirmerie. Du 16 février jusqu’à l’élimination des Flames au deuxième tour des séries, il a joué seulement deux rencontres.

Une hernie sportive, une déchirure aux ligaments dans son poignet droit et une blessure au gros orteil l’ont contraint à l’inactivité. Des trois, la blessure à son poignet était la plus sérieuse. Il garde d’ailleurs une énorme cicatrice sur sa main.

«Je suis passé sous le bistouri le 28 mai et les médecins ont retiré les vis seulement le 4 septembre. C’était donc une période de 100 jours où je ne pouvais rien faire avec ma main droite. J’ai décoché un premier tir seulement le 9 septembre. Je me souviens de cette journée puisque je trouvais que la rondelle pesait 25 livres. Je me rappelle par cœur de toutes les dates.»

Byron s’était blessé au poignet droit le 16 février dernier après un contact avec le défenseur des Bruins de Boston, Kevan Miller.

«J’avais vraiment mal chuté contre la bande, a-t-il dit. J’avais placé ma main pour absorber le choc, mais mon poignet a craqué. Ce n’était pas un coup déloyal, mais j’ai été malchanceux.»

Un bon environnement

À Montréal, Byron a patienté jusqu’au 11e match de la saison avant de porter l’uniforme de sa nouvelle équipe pour une première fois. Depuis ce temps, il a regardé deux autres rencontres de la passerelle de presse, les 14 et 16 novembre contre l’Avalanche du Colorado et les Canucks de Vancouver.

Avec les blessures à Brendan Gallagher, Torrey Mitchell et Alexander Semin, l’Ontarien joue maintenant un rôle plus important. À son dernier match avec le CH, il a établi une marque personnelle cette saison avec un temps de jeu de 17 min 55 s.

«Oui, j’ai le sentiment que je gagne la confiance des entraîneurs, a-t-il souligné. Quand Michel me place au sein d’un trio avec Plekanec et Fleischmann, je reçois plus de responsabilités. Mais, je dois continuer à travailler fort afin de conserver cette confiance.»

Sur le plan des statistiques, Byron a amassé cinq points (trois buts, deux aides) et un dossier de +5 à ses 15 premiers matchs. «Ti-Paul» comme le surnommait Hartley avec les Flames a fait sa niche avec le CH grâce à son jeu en infériorité numérique. Il mène d’ailleurs les attaquants de l’équipe avec une utilisation moyenne de 2 min 02 s.

«Les gars qui jouent en infériorité numérique passent souvent dans l’ombre, a rappelé Michel Therrien. Un gars comme Byron joue vraiment très bien. Sa plus grande qualité, c’est sa rapidité. Il s’en sert pour déstabiliser l’équipe adverse. Il se sent plus à l’aise dans notre structure.»

«Quand on l’a réclamé, on voyait un bon potentiel pour notre équipe, a-t-il ajouté. C’est un morceau important qu’on a ajouté à notre formation. Je n’ai rien à voir avec ce bon coup, c’est Marc [Bergevin] et nos hommes de hockey qui le surveillaient.»