Canadiens de Montréal

«Je n'ai pas perdu connaissance» - Beaulieu

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Nathan Beaulieu gardait un souvenir de sa bagarre avec Nick Foligno, un œil au beurre noir sous son œil gauche. Même s’il a plié les genoux après les deux percutantes droites du capitaine des Blue Jackets de Columbus, mardi soir, le jeune défenseur de 22 ans dit qu’il n’a jamais perdu ses sens.

Au lendemain de cet incident, c’était la petite routine pour Beaulieu. Il était à son poste à l’entraînement du Canadien de Montréal et il a patiné avec son partenaire des derniers matchs, Jeff Petry. Il a même sauté parmi les premiers sur la glace.

«Je me sens bien même si je me suis fait amocher, a dit Beaulieu. Mais heureusement, je suis correct. Je suis bon pour jouer.»

Questionné à savoir s’il a vu des étoiles à la fin de son combat, l’Ontarien a été catégorique.

«Je n’ai pas perdu conscience ou quoi que ce soit, a-t-il répliqué. C’est une bagarre au hockey tout simplement. J’ai été frappé au visage plusieurs fois dans ma vie, j’ai subi des K.-O. par le passé. Quand un dur comme lui te frappe au visage, ça va survenir. Mais, je n’ai pas eu de dommage. Sur le deuxième coup de Foligno, j’ai un peu glissé.»

«Je l’ai bien pincé en premier, mais il m’a frappé encore plus fort après, a-t-il enchaîné. Il est très fort, c’était une bonne bataille. Je peux seulement rebondir de ce combat. Je me sentais bien et je me suis relevé rapidement. L’arbitre [Kelly Suderland] est venu me voir au banc, il m’a remercié de ne pas avoir pris une punition d’instigateur et d’avoir engagé un combat loyal.»

Une question d’intégrité

Parole de Beaulieu et de Michel Therrien, le Canadien n’a pas commis de faute dans ce dossier. Après le match, les journalistes ont bombardé de questions l’entraîneur-chef pour savoir pourquoi il avait choisi de garder son joueur au banc des punitions au lieu de l’envoyer immédiatement dans la chambre de repos.

S’il avait perdu patience la veille en disant qu’il n’y avait aucune différence entre le banc des punitions et une chaise berçante dans la chambre noire, Therrien a cherché à calmer la tempête.

«Il y a beaucoup d’ampleur sur plusieurs sujets et il se dit beaucoup de choses, a-t-il dit. On a vu la situation sur la bagarre de Nathan Beaulieu. Le club de hockey du Canadien a suivi le protocole à la lettre. On est une famille. La plupart de nos partisans et des médias le comprennent. Mais en tant qu’entraîneur, ça vient me chercher un peu. On peut débattre sur des changements de trios, des échanges, ça fait partie du folklore québécois. Ça fait de bonnes discussions autour d’une table ou dans un salon, ça fait de bons “shows” de télé et radio. C’est parfait, ça démontre de la passion.»

Mieux armé pour parler de ce délicat sujet, il a poursuivi sa longue réponse.

«Ce que je trouve plus difficile, c’est quand tu mets en doute l’intégrité de notre personnel. J’ai beaucoup de difficulté avec ça. On remet en doute les décisions prises sur la sécurité de nos joueurs.»

«La santé de nos joueurs, c’est crucial pour nous. Les joueurs le savent. C’est une tangente qui a changé depuis quelques années, les joueurs dans la LNH [Ligue nationale de hockey] savent comment on traite les joueurs ici. On a eu des exemples de joueurs qui auraient pu aller ailleurs et ils sont restés ici.»

Le bon choix

De son propre aveu, Beaulieu a pris la bonne décision en venant à la défense de Tomas Fleischmann. Et ce même si son équipe se débrouillait avec seulement cinq défenseurs en raison de l’expulsion d’Alexeï Emelin en fin de première période.

«Cette idée a traversé mon esprit, ce n’était peut-être pas le meilleur “timing” en raison de ça, mais dans le feu de l’action, je croyais que je devais le faire, a-t-il répliqué. Je suis fait ainsi, j’ai été élevé de cette manière. Le “coach” parle d’être un bon coéquipier avant chaque match.

«Je n’ai pas nécessairement aimé ce qui est arrivé et je trouvais que c’était la bonne chose à faire. Ç’aurait été bien de gagner le combat, mais ce n’est pas toujours le résultat qui compte, mais l’action. Je sais que les gars ont bien réagi par la suite.»

«Ça ne va pas changer ma façon de jouer, je vais encore me battre durant ma carrière. Je sais que ça va se reproduire. Je n’ai pas peur de le faire et je ne serai pas nerveux de me battre de nouveau. J’ai été frappé encore plus fort auparavant et ça arrivera encore.»