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Un témoignage porteur d’espoir

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On dit souvent que le repêchage est une science inexacte. Chaque séance annuelle de la Ligue nationale de hockey compte son lot de surprises et de déceptions.

En 2005, les Thrashers d'Atlanta pensaient bien avoir réalisé un grand coup en repêchant le Québécois Alex Bourret au premier tour (16e sélection au total).

«J’étais classé 10e ou quelque chose comme ça (sur les listes de recrutement). J’étais déçu de sortir 16e», a-t-il admis en entrevue à TVA Sports 10 ans plus tard.

Or, si son talent offensif était indéniable, c'est son niveau d'engagement qui inquiétait. On a douté de sa condition physique à son arrivée au camp d’entraînement.

L’entraîneur-chef Bob Hartley a alors été forcé d’employer les grands moyens.

«J’étais assez en forme pour suivre, mais pas assez à leur goût. Les joueurs étaient divisés en trois groupes. Moi, je me suis entraîné avec les trois groupes durant toute la semaine.

«J’ai perdu une vingtaine de livres, mais ce n’était pas les bonnes livres que je perdais. Je suis tombé malade, je vomissais. Je ne me suis pas bien senti pendant une semaine.»

Ce traitement-choc a affecté considérablement la confiance du jeune homme alors âgé de 18 ans.

«Après, quand je me présentais à un camp, je devenais stressé, ce qui ne m’était jamais arrivé avant. Cela a vraiment joué sur mon stress et dans ma tête. La confiance n’était plus là. Ça m’a vraiment déstabilisé.»

La drogue a gâché sa carrière

C'est alors que ses problèmes ont commencé. Au fil du temps, il a développé des habitudes de consommation de cocaïne. 

«Cela a vraiment gâché ma carrière. C’est important d’en parler.»

Et c'est exactement ce qu'il a fait au bout de trois saisons infructueuses dans la Ligue américaine.

«Encore aujourd’hui, je ne suis pas quelqu’un qui parle beaucoup. Mais un jour ou l’autre, il fallait que j’en parle. J’ai rencontré des psychologues.

«Aujourd’hui, j’ai beaucoup d’anxiété et de stress pour aucune raison. Je pense que c’est le hockey qui m’a rendu comme ça.»

Après des passages dans des destinations aussi obscures que la Corée du Sud et le Kazakhstan, Bourret est rentré au Québec, là où il partage actuellement son temps entre son rôle d'honnête travailleur et celui de défenseur pour le Marquis de Jonquière.

«J’ai plus de fun que j’avais. On change en vieillissant. J’ai changé, je ne suis plus la même personne. Je suis dur d’approche, mais je suis une bonne personne, je suis calme et à mon affaire.»

Même si le terme «espoir» ne s'applique plus au joueur de hockey qu'il est devenu, son témoignage en est certainement porteur.

(D’après un reportage de Jean-Philippe Bertrand)