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Football universitaire RSEQ

Des moments inoubliables pour Constantin

Richard Boutin / Le Journal de Québec

Publié | Mis à jour

Avec huit titres de la Coupe Vanier à son actif, dont sept comme entraîneur-chef, Glen Constantin ne croyait jamais connaître autant de succès après avoir été couronné champion canadien pour la première fois en 1999 à Toronto.

«C’était David contre Goliath pour les gens qui suivaient le football universitaire au Canada, a illustré l’instructeur-chef du Rouge et Or de l’Université Laval. En demi-finale canadienne en 1999 contre la Saskatchewan, les Huskies étaient considérés comme l’équipe des années 1990. Jeune entraîneur, j’avais des complexes, mais ce n’était pas le cas des joueurs, qui ne savaient pas dans quoi ils étaient embarqués.»

«À l’époque, c’était inimaginable de croire qu’on pourrait remporter sept autres titres nationaux, a poursuivi Constantin, qui agissait comme coordonnateur défensif au moment de la victoire de 14-10 contre les Huskies de St. Mary’s. J’avais beaucoup trop de respect pour ce qui se faisait au Canada pour croire à nos chances de répéter nos succès. Maintenant, gagner la Coupe Vanier fait partie des attentes.»

Les victoires en finale ont toutes une saveur particulière aux yeux de Constantin, mais celle de 1999 revêt un cachet unique.

«La Coupe de 1999 sera toujours spéciale parce que c’est la première. Nous étions une jeune équipe, de jeunes entraîneurs et un jeune programme.»

«Celle de 2003 occupe une place intéressante dans mes souvenirs, a-t-il continué. Ce fut ma première comme entraîneur-chef, après avoir remplacé un bon "coach" en Jacques Chapdelaine. On a battu St. Mary’s [14-7] après avoir perdu en 2001 en demi-finale canadienne à Halifax et une autre fois en 2002, en saison régulière au PEPS contre les Huskies. La victoire de 2004 nous permettait de réussir notre premier doublé.»

Constantin n’est pas prêt d’oublier le triomphe de 2006 dans le froid intense de Saskatoon.

«En raison du climat, ça restera toujours gravé dans ma mémoire. Ce fut une belle victoire du programme. Tout le monde avait contribué, de l’équipe de soutien au président, afin que les joueurs évoluent dans les meilleures conditions possible.»

Revanche

La défaite de 2011 à Vancouver était encore fraîche dans la mémoire de tout le monde quand le Rouge et Or a retrouvé les Marauders de McMaster en 2012 à Toronto.

«C’était sensiblement les mêmes joueurs et deux équipes à leur apogée. Notre revanche n’aurait pas eu la même saveur si leur quart-arrière [Kyle Quinlan] n’avait pas été là.»

Les victoires de 2010 et 2013 à la maison ont comporté aussi leur lot d’émotions.

«Peu importe où tu joues, tu veux gagner, mais c’est spécial de le faire devant ta famille, tes amis et tes partisans.»

Un coup de massue

La défaite en prolongation à la Coupe Vanier 2011 à Vancouver a frappé comme un coup de massue chez le Rouge et Or de l’Université Laval.

«C’est la première fois que j’ai senti le programme ébranlé, a confié l’entraîneur-chef Glen Constantin. S’il y a un moment où il aurait pu sombrer, c’est là. Tout le monde était secoué et cela aurait pu être la fin. Au retour à Québec, j’ai demandé à mon blonde s’il y avait un instant où je pourrais me sentir faible.»

«Le deuil a duré une semaine, a poursuivi Constantin. J’ai eu des discussions avec (le président du Rouge et Or) Jacques Tanguay au retour et le désir de rester au sommet était là. Crédit à l’organisation qui a voulu demeurer au sommet et aux joueurs.

«Après ces moments difficiles, la victoire de 2012 était vraiment, vraiment spéciale. Nous avions vécu une semaine extraordinaire à Toronto et on ne s’était jamais senti en danger pendant le match. McMaster avait réussi une feinte de dégagement en 2011 et je voulais faire la même chose si on les retrouvait, ce que nous avions fait au début du troisième quart pour continuer une poussée qui allait mener à un touché.»

Coupe Dunsmore

La défaite à la Coupe Dunsmore 2014 face aux Carabins de l’Université de Montréal n’a pas été facile à encaisser.

«Ce fut très difficile de perdre contre nos grands rivaux, a reconnu Constantin, mais Montréal avait une très bonne équipe. Ils méritaient la victoire.»

Déçu d’échapper la finale provinciale après 11 titres consécutifs, Constantin est demeuré longtemps sur le terrain afin de féliciter ses adversaires.

«Il faut savoir gagner et perdre avec classe, a-t-il résumé. J’avais eu mes opportunités de gagner dans le passé et je voulais féliciter les Carabins. Pour les avoir recrutés et dirigés avec l’équipe canadienne, je connaissais plusieurs joueurs des Carabins.»