Canadiens de Montréal

Le jeu des dominos

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L’entraîneur Michel Therrien n’avait pas touché à un seul morceau de son casse-tête à la ligne avant la blessure au bas du corps d’Alexeï Emelin, subie le 11 novembre contre les Penguins à Pittsburgh. Pour les 17 premiers matchs de la saison, le Canadien de Montréal avait misé sur les mêmes duos de défenseurs.

Cette rare stabilité a pris fin depuis maintenant quatre rencontres. Le malheur des uns fait le bonheur des autres. Dans le cas du Tricolore, il faudrait changer ce proverbe pour écrire que le malheur d’Emelin fait le bonheur de Nathan Beaulieu et de Greg Pateryn.

Beaulieu a reçu un nouveau mandat à ses quatre derniers matchs en patinant à la gauche de Jeff Petry, alors que Pateryn a finalement revêtu l’uniforme des siens après une très longue attente dans les gradins.

En l’absence d’Emelin, Beaulieu et Pateryn ont chacun gagné des points.

À la veille d’un autre duel contre les Islanders de New York, Therrien a louangé le travail de ses deux jeunes défenseurs. Il a même dérogé de ses réponses habituelles en confirmant qu’il pourrait songer à garder intact le duo Beaulieu-Petry au retour d’Emelin.

«Ça pourrait représenter une possibilité, a noté Therrien. On aime beaucoup ce qu’on voit de ce duo, mais on prendra nos décisions en temps et lieu. Pour l’instant, je n’ai pas encore à trancher. Emelin ne jouera pas contre les Islanders.»

Pour une première fois en 10 jours, le Russe a recommencé à patiner. Il s’est délié les jambes avant l’entraînement en gymnase de ses coéquipiers.

Beaulieu reste calme

Au premier jour du camp, Beaulieu n’avait pas caché son désir de jouer un rôle plus grand avec le CH. À 22 ans et à sa quatrième saison chez les professionnels, le choix de premier tour de l’équipe en 2011 se sentait prêt pour des missions plus importantes.

Beaulieu pourrait grandir rapidement en restant aux côtés de Petry. Lors du dernier match contre les Islanders, l’Ontarien a fort possiblement connu sa meilleure sortie de la saison avec un but et une aide, un dossier de +3 et un temps de jeu de 20 min 24 s.

«C’est hors de mon contrôle, a rappelé Beaulieu. Le Canadien veut simplement que je m’améliore constamment. J’ai le sentiment que je suis sur le bon chemin. Je me réjouis de mes succès avec Petry, mais je ne me soucie pas trop des duos à venir au retour d’Alexeï.»

«Il y a toujours des moments dans une carrière où tu peux profiter d’une situation précise, a renchéri Beaulieu. Quand tu as la chance de jouer plus souvent, tu veux en profiter. Jeff patine tellement bien qu’il me facilite la vie. J’ai beaucoup de confiance en lui et je peux me porter un peu plus à l’attaque. C’est la même chose pour lui, puisque je suis aussi un bon patineur.»

La patience de Pateryn

Si Tinordi attend toujours son tour, Pateryn a finalement obtenu sa chance. L’Américain n’a pas déçu depuis son insertion dans la formation en compagnie de Tom Gilbert. Il est maintenant récompensé pour sa patience, lui qui a regardé les 17 premières rencontres de la passerelle de presse.

«Plus je joue, plus je me sens bien, a-t-il dit. J’ai le sentiment que j’ai trouvé mon synchronisme. C’était difficile mentalement au début de la saison, mais je refusais de me décourager. Je comprenais la situation.»

À ses quatre premiers matchs, l’arrière de 25 ans a maintenu un différentiel de +1, mais il a surtout réussi 14 mises en échec.

«Au retour d’Emelin, je veux compliquer la décision des entraîneurs, a affirmé le droitier de 6 pi et 2 po et 223 lb. J’aimerais ne pas sortir de la formation. Je ne dois toutefois pas trop penser à cela.»

Le jeu de Pateryn ne passe pas sous le silence.

«Il est solide, a reconnu Therrien. Il prend de bonnes décisions. On a parfois de la difficulté à rentrer un jeune dans une formation. Dans le cas de Pateryn, ce n’était pas parce qu’on n’était pas satisfait de lui; c’était plutôt une question de circonstances. Il profite maintenant de cette occasion pour bien s’intégrer au groupe.»